Avez-vous deja envisagé de faire une compétition de fitness?

Publié le 15 avril 2016
Écrit par Nicolas Blanchette, B. Sc. kinésiologie, D.O.

Avez-vous deja envisagé de faire une compétition de fitness?
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Lisez attentivement cet article !

Adepte du conditionnement physique depuis un certain temps, vous êtes peut-être à la recherche d’un nouveau défi et vous avez déjà entendu parler de ces divers concours de développement du physique. 

Ouverts autant aux hommes qu’aux femmes, ces concours sont communément appelés « compétitions de physique », « compétitions de fitness » ou encore de « compétition de culturisme ». Le physique des participants et participantes est jugé selon différents critères : volume, développement harmonieux des groupes musculaires, faible pourcentage adipeux, mise en valeur de la présentation, etc. Vous connaissez peut-être même deux ou trois membres de votre gym qui ont déjà participé. Faute d’information, vous êtes cependant encore indécis. Devriez-vous tenter l’expérience ?

Quelles seront exactement les étapes à franchir ? Que doit-on savoir avant de s’embarquer dans le parcours menant à un podium de concours de fitness ?

 

CHOISIR LA BONNE FÉDÉRATION

D’abord, il est impératif que vous fassiez une petite recherche sur la toile concernant les différentes organisations qui offrent la possibilité de compétitionner. Un critère en particulier permet de diviser les organisations en deux groupes distincts : la présence de tests antidopage sur place ou non.  Si vous avez fait le choix judicieux de développer votre physique de manière « propre », de grâce, dirigez-vous vers une fédération adoptant un protocole antidopage rigoureux. Certaines organisations choisissent de tester plusieurs compétiteurs choisis au hasard, et d’autres, simplement les gagnants. D’autres encore préfèrent ne pas se donner cette peine.

Vérifiez soigneusement !

 

CHOISIR LA BONNE CATÉGORIE

Puis, tandis que vous naviguez sur le site des organisations, profitez-en pour vous renseigner sur les différentes catégories possibles. Pour les hommes, c’est en général assez simple : la catégorie « culturisme » est habituellement la seule possible. Le jour de la compétition, on divise ensuite les participants selon leur poids. Cependant, de nouvelles catégories pour hommes font tranquillement leur apparition.

Mesdames, le choix de votre catégorie offre plus de diversité. Pour s’y démêler, je vous suggère fortement de regarder des photos ou de visionner (sur YouTube, par exemple) des vidéos d’anciennes compétitions de ladite catégorie. Dirigez-vous ensuite vers le type de physique qui ressemble le plus à celui que vous souhaiteriez réalistement atteindre. En général, cependant, on retrouve les catégories appelées « figure » (ou « musculaire ») et « modèle » (ou « bikini »). Tandis que l’on retrouve dans le premier groupe des physiques plus développés et plus découpés, l’apparence que l’on recherche dans le second est plutôt une belle silhouette mince pouvant être photographiée pour une publicité athlétique. Ce sont cependant des descriptions très générales et il est fortement recommandé de vous renseigner spécifiquement sur l’allure recherchée par chaque organisation.

Indépendamment du sexe, il existe aussi dans la plupart des organisations des catégories « maîtres » destinées aux compétiteurs et compétitrices plus âgés (35 ans et plus, 45 ans et plus, etc.)

Participer à une compétition coûte généralement autour de 200 dollars. Cela inclut les frais d’inscription de même que la carte de membre de l’organisation, cette dernière étant obligatoire pour s’inscrire à un concours.

 

GARDER LES BONNES VALEURS EN TÊTE

Choisir d’entreprendre un processus de préparation vers une compétition demande un investissement autant physique que mental. Il est très important d’être conscient dès le départ d’un point crucial : la première compétition en est une contre vous-même. Contrairement à bien des sports, vous n’aurez aucun contrôle sur le développement et la performance de vos adversaires. Donc, bien qu’il soit toujours gratifiant de ramener un trophée à la maison, rappelez-vous que ce pourrait ne pas être le cas. Revenir les mains vides ne sera pas nécessairement un signe de votre manque d’efforts. Faites de votre mieux tout au long des semaines vous menant vers le concours et vous en apprendrez beaucoup sur vous-même.

 

LA PRINCIPALE DIFFICULTÉ

Si vous songez à participer à une compétition, c’est que, logiquement, vous aimez le conditionnement physique. Pousser de la fonte, ça vous connaît ! Là où ça se complique pour tous les compétiteurs, et la raison pour laquelle plusieurs décrochent avant la fin de la préparation, ce sont les sacrifices que vous devrez faire à la cuisine. Afin d’atteindre un pourcentage de gras corporel très réduit, la plupart des gens doivent bannir certains de leurs aliments favoris de leur alimentation pour quelques mois. Lorsque vous vous engagez pour votre première compétition, vous devez accepter pleinement ce fait et affûter votre autodiscipline. C’est ce qui déterminera en grande partie la magnitude de votre transformation !

 

LE NOMBRE DE SEMAINES À PRÉVOIR

Une fois l’organisation choisie, calculez le nombre de semaines qui vous séparent du concours auquel vous souhaitez participer. L’intervalle de temps idéale séparant un compétiteur d’un concours pour arriver dans la meilleure forme possible varie considérablement d’une personne à l’autre et dépend de plusieurs facteurs, tels que le degré de développement musculaire et le pourcentage de masse grasse avant d’entreprendre le processus, ainsi que la planification de l’entraînement et du plan alimentaire. En général, la plupart des compétiteurs déjà en forme raisonnable se préparent pendant 12 semaines (3 mois). Certains préfèrent se préparer plus graduellement sur une plus longue période. C’est ce que je recommande à ceux qui se dirigent vers leur première compétition.

En ajoutant quelques semaines, vous aurez la chance de mieux connaître la réponse de votre corps au processus de transformation. Il est toujours préférable de disposer d’un peu plus de temps de préparation que d’en manquer !

 

RECOURIR À UN ŒIL EXTERNE

S’engager dans le processus menant vers une première compétition sans entraîneur est un travail très ardu. Il est difficile de demeurer objectif sur sa progression lorsqu’on est au cœur de l’action. N’hésitez pas à choisir soigneusement la personne appropriée pour superviser votre cheminement. Considérez ces quelques points lors de la sélection de votre entraîneur (le masculin a été choisi pour la simplicité, mais nul besoin de spécifier qu’il y a aussi des femmes très douées dans le domaine) :

  • Quelles sont ses qualifications ?
  • A-t-il déjà mené d’autres athlètes vers une compétition ? Quels sont les commentaires de la part de ces personnes sur son travail ?
  • Est-il suffisamment disponible pour répondre à vos questions et assurer votre suivi pendant plusieurs semaines ?
  • Documente-t-il les progrès des gens qu’il supervise avec des moyens concrets ? (photos, prise de mesures, etc.) ?
  • Son tarif est-il raisonnable ?

 

DÉVELOPPER SON PHYSIQUE… MAIS AUSSI APPRENDRE À LE METTRE EN VALEUR

Pour bien réussir dans une compétition, il faut non seulement avoir développé un physique à la hauteur, mais aussi savoir comment le présenter devant les juges. Faites-vous un point d’honneur d’apprendre à mettre en valeur ce que vous avez construit au fil de vos mois de labeur ! Trop de participants ne peaufinent pas leur présentation et cela les désavantage sur la scène. Renseignez-vous sur ce que recommande votre organisation, regardez des vidéos en ligne et discutez avec d’anciens compétiteurs ou compétitrices. Procurez-vous les produits nécessaires pour la peau. Tous ces moyens sont bons, mais il suffit avant tout de vous exercer, encore et encore !

 

ÉVITEZ LES PROTOCOLES DE DERNIÈRE MINUTE

Même si vous êtes nouveau dans le domaine des concours de physique, vous avez sûrement déjà entendu parler des fameux protocoles des dernières semaines précédant une compétition. Ces derniers sont aussi variés qu’originaux, mais comprennent généralement une période de déshydratation plus ou moins sévère ainsi qu’une phase de modification rapide de l’alimentation, incluant une période de consommation élevée de sucre pendant quelques jours.

Mise en garde : j’observe des compétitions de physique depuis une dizaine d’années, et j’ai vu ces fameux protocoles de dernière minute détruire plus de beaux physiques qu’ils en ont aidés ! En effet, votre physique devrait être présentable sur scène dès les deux dernières semaines précédant votre compétition. S’il ne l’est pas, aucune modification draconienne ne permettra qu’il le soit. Vous pourriez ruiner les progrès que vous avez faits assez rapidement. Soyez donc très prudent. Je vous conseille de modérer vos envies d’essayer de tels raccourcis. Au moins, tentez ce protocole plusieurs semaines AVANT le concours ! Peu de compétiteurs le font ; pourtant, cela vous assure que votre plan ne vous explosera pas au visage lors de la journée cruciale.

 

ATTEINDRE LES SOMMETS… ET REDESCENDRE EN DOUCEUR

Finalement, n’oubliez pas de prévoir que tout ce qui monte doit redescendre un jour. Vous devez déjà vous préparer aux effets psychologiques qui suivront la compétition. En effet, le jour du concours, votre physique atteindra un point culminant. Après votre concours, pour vous reposer de tous ces efforts, vous reviendrez progressivement à votre état normal, ou du moins, tout près de votre état normal précédent votre compétition. Il vous faut l’accepter avant toute chose et être prêt à vivre l’expérience en toute connaissance de cause !

Dernière chose : n’oubliez pas de prévoir une séance photo lorsque vous serez dans la « shape » de votre vie. Vous voudrez des souvenirs de ce beau défi que vous avez surmonté.

Alors, prêt à tenter l’expérience ?