Chaîne de bienfaits ? le monde de l’alimentation et de la santé est très stimulant

Publié le 27 mars 2018
Écrit par Sylvie Leblanc, n.d.

Chaîne de bienfaits ? le monde de l’alimentation et de la santé est très stimulant
Natura FR

Les grands penseurs de ce domaine n’ont pas peur de tout remettre en question, afin de valider de « fausses informations » ou d’anciennes théories. Au cours des 30 dernières années, bon nombre de formes de gras ont été prises à partie pour différentes raisons, qui, aujourd’hui, sont désavouées. La période de terrorisme de l’assiette où l’on rejetait tous les types de gras est, je l’espère, bien terminée, et plusieurs gras reprennent leurs lettres de noblesse et une vision plus holistique de leur utilisation. Bien entendu, les gras trans, les fritures et les huiles hydrogénées ou transformées à chaud sont toujours à proscrire.

 

Les gras, ou lipides, qui ont attiré l’attention dans les dernières années sont les triglycérides à chaîne moyenne.

Les triglycérides à chaîne moyenne (TCM) sont des types d’acides gras contenant de 6 à 12 unités de carbone. Ils comprennent l’acide caproïque (C6), l’acide caprylique (C8), l’acide caprique (C10) et l’acide laurique (C12).

 

VOICI LES PRINCIPALES CHAÎNES MOYENNES D’ACIDES GRAS ET LEURS SOURCES ALIMENTAIRES :

C6 : l’acide caproïque, ou acide hexanoïque, est un acide gras surtout présent dans le beurre de chèvre et de vache, l’huile de coco et le lait maternel.

C8 : l’acide caprylique, ou acide octanoïque, est présent naturellement dans la noix de coco, le lait maternel et l’huile de palme non hydrogénée et naturelle (en raison de ses pigments, elle est d’un rouge orangé lorsqu’elle n’est pas traitée et constitue une excellente source de différents caroténoïdes).

C10 : l’acide caprique, ou acide décanoïque, se retrouve dans l’huile de coco et l’huile de palmiste brute non hydrogénée, ainsi que dans le lait de divers mammifères, dont les chèvres, et, dans une moindre mesure, dans la graisse d’autres animaux.

C12 : l’acide laurique, ou acide dodécanoïque, se trouve notamment dans l’huile de coco. Elle est également présente en grande quantité dans l’huile de palmiste non hydrogénée et naturelle. Le lait, particulièrement le lait maternel humain, représente une source plus commune de l’acide laurique. Une autre bonne raison d’aller vers un allaitement maternel, lorsque c’est possible. Mais le lait de vache et le lait de chèvre sont de bonnes options. Selon le docteur Joseph Mercola, le fait que les animaux soient nourris à l’herbe fraîche et bio fait une différence dans les taux de TCM. L’acide laurique représente un peu moins de 3% de la graisse totale dans le lait de vache et un peu plus de 3% de la graisse dans le lait de chèvre. Une tasse de lait entier contient un peu plus de 8 g de gras, soit environ 0,25 g d’acide laurique par tasse.

L’acide laurique, cet acide gras rare qui sert à soutenir la fonction immunitaire, est bien présent dans l’huile de noix de coco. Il y a beaucoup de recherches en cours sur l’huile de noix de coco, et les premiers résultats montrent que l’acide laurique peut augmenter votre taux de bon cholestérol (HDL) et abaisser votre taux de mauvais cholestérol (LDL). Une fois que l’acide laurique est traité dans le corps, il est transformé en monolaurine, qui a des propriétés antivirales, antibactériennes et antifongiques, ainsi que la capacité de renforcer le système immunitaire. Une étude publiée dans le Journal of Medicinal Food par l’urologue Francis D.O. Ogbolu, de Sydney, a montré les propriétés antimicrobiennes de l’acide laurique, particulièrement en ce qui a trait au candida. En convertissant l’acide laurique en monolaurine dans le corps, il tue les bactéries associées aux ulcères d’estomac.

Voici une courte liste d’aliments qui sont les plus riches en triglycérides à chaîne moyenne, représentés selon le pourcentage d’acides gras qui sont des TCM : L’huile de coco : plus de 60 %. L’huile de cœur de palme non hydrogénée, vierge de préférence : plus de 50 %.

Produits laitiers : de 10 à 12 % (principalement le lait maternel).

Certains experts affirment que les C6, C8 et C10, désignés sous le nom d’« acides gras capra », reflètent plus précisément la définition des TCM que le C12 (acide laurique).

 

LES AVANTAGES DES TRIGLYCÉRIDES À CHAÎNE MOYENNE POUR LA DIGESTION ET L’ASSIMILATION

Si vous avez un foie délicat ou un pancréas susceptible, vous serez heureux de savoir que les TCM sont une source d’énergie facilement absorbée et digérée. Ils ont été utilisés pendant des années pour traiter la malnutrition et les troubles qui entravent l’absorption des nutriments.

Dans les faits, les triglycérides à chaîne moyenne, ne nécessitant pas de lipase pancréatique ni de bile pour être digérés, sont utilisés de manière thérapeutique, pour les personnes souffrant de problèmes de malabsorption tels que l’insuffisance pancréatique exocrine. Les patients subissant une chirurgie de l’intestin ou de l’estomac peuvent également en bénéficier.

De plus, les triglycérides à chaîne moyenne sont plus digestes en présence de différents problèmes de santé qui peuvent entraîner la diarrhée, la stéatorrhée (indigestion des lipides) ou une maladie du foie.

Et, un petit détail pouvant s’avérer important pour certains, comme les TCM sont absorbés et utilisés plus rapidement que les TCL (triglycérides à chaîne longue), ils sont moins susceptibles d’être stockés sous forme de graisse corporelle.

 

LES BÉNÉFICES DES TCM POUR VOTRE CERVEAU

Une importante étude a révélé que les triglycérides à chaîne moyenne amélioraient les capacités d’apprentissage, la mémoire et le traitement du cerveau chez les personnes modérément atteintes de la maladie d’Alzheimer. Notez que l’efficacité était principalement remarquée chez les personnes ayant un gène particulier, soit l’ApoE4.

 

UNE MEILLEURE UTILISATION DE L’ÉNERGIE CHEZ LES SPORTIFS ET LES ATHLÈTES

Plusieurs sportifs affirment que les TCM améliorent leurs performances. Comme il s’agit d’une source d’énergie complémentaire, cela épargne ainsi les réserves de glycogènes et apporte à plus ou moins long terme une certaine endurance. C’est surtout intéressant chez les athlètes ayant un régime alimentaire à faible teneur en glucide.

Puis, il y a les triglycérides à chaîne longue (14 atomes de carbone et plus), dont les omégas 3 et 6. On les trouve principalement dans les poissons gras et les nombreuses huiles végétales sur le marché. Ces acides gras ont des propriétés extraordinaires ; il est très important d’en consommer de façon équilibrée et, surtout, de choisir une qualité irréprochable, car ils sont plus fragiles que les TCM.

Les huiles que plusieurs décriaient comme étant à éviter sont aujourd’hui considérées comme une avancée formidable dans la prévention et la récupération de différents problèmes de santé neurologiques (p. ex. Alzheimer et SLAP) et métaboliques (p. ex. cardiovasculaire, diabète, surplus de poids), entre autres.

Bien entendu, il est préférable de consommer des huiles biologiques (sans OGM) et non transformées. Il existe aussi sur le marché des huiles désodorisées pour ce qui est de l’huile de coco, mais aussi des concentrés et des mélanges de triglycérides à chaîne moyenne sous forme de suppléments alimentaires ; si vous souffrez de certains problèmes de santé, mieux vaut consulter.

En fait, il existe peu de désagréments ou d’effets secondaires, si vous consommez dans votre alimentation les TCM, si ce n’est, chez certaines personnes, des selles plus molles ou graisseuses et des nausées. Ces réactions sont souvent présentes chez des gens qui entreprennent la prise de TCM de façon trop intensive. Débutez avec de petites quantités, par exemple ½ c. à thé d’huile de coco biologique non traitée, puis augmentez selon vos besoins ou incorporez l’huile à des boules d’énergie, des barres tendres faites maison, des beurres composés de beurre clarifié (ghee) et d’huile de coco (moitié-moitié). Vous pouvez aussi ajouter au mélange des épices ou des herbes pour agrémenter vos légumes cuits à la vapeur ou ajouter dans des sautés rapides de légumes ! Le point de fumée de l’huile de coco est intéressant, en cuisson.

Surtout, ne tombez pas dans les « faux concepts » de bannir les gras et les huiles à cause des calories ou des prétendus « mauvais » gras. Comme il n’y a pas de « mauvaises herbes », il faut savoir les utiliser judicieusement, selon leurs vertus. Comme tout dans la vie, il s’agit de varier et d’avoir la sagesse de personnaliser les besoins. Je peux vous affirmer, grâce à mes expériences professionnelles et personnelles, que la consommation de différents gras à chaîne moyenne et longue est, dans certaines situations graves, un atout accessible qui apporte des bienfaits salvateurs réels. Alors, sans que vos assiettes « baignent dans l’huile », une consommation quotidienne de différents gras de qualité est essentielle à la prévention et au bien-être général.

 

RÉFÉRENCE

MERCOLA, Joseph Dr. Fat for fuel, Hay House, États-Unis, mai 2017, 339 p.