Cure végétale, pour un nettoyage optimal

Publié le 15 juin 2023
Écrit par Anny Schneider, autrice et herboriste-thérapeute accréditée

Cure végétale, pour un nettoyage optimal
Expo Manger Santé 2 dates

Depuis que l’homme est homme, que la femme est femme, personne, aucune force, aucune cure et aucun régime n’a pu détruire l’aspiration au bonheur.

Martin Gray, Au nom de tous les hommes : Caïn et Abel

Aider notre organisme en l’allégeant de ses fardeaux

Notre corps est une formidable machine qui, dans les meilleures conditions, se nettoie et se régénère naturellement, pour fonctionner à son meilleur, en principe durant près d’un siècle. Mais, depuis une centaine d’années, nous avons fabriqué des milliers de molécules inorganiques, et nous en avalons environ un kilo par année, selon notre poids (par exemple, pour moi, 55 kilos au total). Elles s’accumulent dans nos organes filtrants et font éclore de nouvelles maladies dégénératives, dont la pire est le cancer, évidemment !

Même si notre longévité s’est nettement accrue depuis deux siècles en Occident, grâce à l’hygiène, à un régime alimentaire plus riche et diversifié, et à certains médicaments, de nouvelles maladies sont apparues et nous terrassent parfois prématurément et très rapidement. Pendant des siècles, souvent au printemps, partout sur la planète, nous avons jeûné et fait des cures pour nous nettoyer, essentiellement avec les premières pousses vertes ayant resurgi du sol, parfois même avec des cocktails à la mélasse et au soufre, comme au Québec autrefois.

Par exemple, les soupes vertes aux herbes sauvages et les salades de mâche des vignes, de pissenlit et d’oseille étaient présentes sur toutes les tables de ma vieille Europe champêtre, et ce, dès l’apparition des premières verdures sauvages printanières.

Ma mentore en herboristerie, Danièle Laberge, disait qu’une désintoxication efficace devait se faire lentement, en trois mois idéalement, pour nettoyer correctement les émonctoires : foie, colon, reins, poumons, sang et lymphe inclus !

En naturopathie, on dit avec raison que la toxémie est la première cause de la plupart des maladies.

 

Les aliments qui purifient

Sans vouloir paraphraser les excellentes pistes de ma collègue Chantal Anne Dumas, dans son texte sur les aliments détoxifiants publié dans le Vitalité Québec de mars, dont je vous recommande aussi la lecture, il est évident que plusieurs végétaux, surtout des légumes, vont activer les effets des plantes recommandées.

Outre la nécessité de boire huit verres d’eau pure par jour (filtrée et légèrement acide) entre les repas, il est bon de supprimer de notre assiette les pires irritants. Évitez les charcuteries, les huiles hydrogénées, les féculents raffinés et les sucreries, sans oublier l’alcool et le café, du moins pendant le nettoyage et, idéalement, pendant au moins quelques jours par semaine.

Il est recommandé d’ajouter à notre diète, temporairement sinon définitivement, les légumes certifiés biologiques saisonniers, crus ou peu cuits, surtout les plus verts et colorés ; les céréales complètes sous toutes leurs formes ; et une portion moindre de graines, de noix ou de légumineuses biologiques, riches en protéines, pour compléter les repas principaux.

Pour minimiser les crises de guérison et faire cela en douceur et en profondeur, on procède par étapes, pendant un minimum d’un mois, et, bien sûr, en restant à l’écoute de son corps et en dosant selon les signaux que celui-ci nous envoie.

 

Formes et formules multiples, tant que la qualité y est…

Plantes en décoction, en infusion, en teinture mère, germées, simples ou en composés qui ont fait leurs preuves, selon la disponibilité en nature ou à votre magasin naturel préféré, choisissez celles qui sont les plus accessibles et informez-vous adéquatement.

Pour ma part, je préconise des jus purs, faits maison ou, encore mieux, des lactofermentations de betterave, de carotte, de céleri et de choux, par exemple, qui seront accessibles à longueur d’année.

 

Désintoxiquer quoi et pourquoi ?

La douceur retrouvée au mois de mai est parfaite pour cela, et il ne fait aucun doute qu’une cure saisonnière bien gérée qui durera au minimum de 20 à 30 jours, adaptée à votre mode de vie et à votre terrain personnel, vous fera du bien. Accompagnée d’une diète, elle vous permettra de perdre du poids superflu, de retrouver plus d’énergie, de vitalité et de joie de vivre, en plus d’un meilleur transit intestinal, d’un sommeil plus réparateur et d’un teint plus éclatant. Comme autres bénéfices, cela permet de diminuer les douleurs chroniques de tous types, d’améliorer la digestion et l’élimination, voire d’ajouter quelques années à votre vie, et certainement de la vie à vos années !

« Qui veut voyager loin ménage sa monture », affirme un vieux dicton populaire français, tout à fait applicable à la philosophie naturiste.

Voici nos organes-filtres, ou émonctoires, principaux, à drainer et à purifier selon leur ordre d’importance : les poumons, le foie, les intestins et le colon, les reins et la vessie, la lymphe, le sang et la peau.

 

1. Pour commencer, assainir les poumons, les filtres les plus vitaux.

Dans les poumons, 300 millions d’alvéoles purifient nos 20 milliards de globules rouges, qui irriguent inlassablement notre sang et nos cellules sur une surface équivalente à 100 mètres carrés, la moitié d’un terrain de tennis ! Choisir, en dose proportionnelle au poids et à l’âge, plusieurs parmi ces plantes pectorales reconnues : la molène, le sapin, le pin, le thym. Sinon, opter pour ces charmantes fleurettes printanières, parfois avec leurs feuilles : le lierre terrestre, le tussilage, la pulmonaire (!), la primevère et la violette, toutes de retour au bois ou au jardin au renouveau. Dans les conditions sévères (asthme ou emphysème), ajouter parfois de la lobélie, à la goutte, sinon de l’aunée ou de l’hysope.

Prenez-les en tisane composée, en décoction, en teinture mère ou en sirop. En faire une cure d’une semaine à un mois, selon l’état de vos poumons et de vos sinus.

 

2. Ah! le foie, ce cher foie !

Pesant à peine 1 kg, le foie filtre 1,5 litre de sang chaque minute, le débarrassant des toxines : alcool, médicaments, mauvais gras, pesticides, etc. Il remplit à lui seul 500 fonctions vitales (!) de stockage d’énergie, de purification, et même de production de bon cholestérol, d’hormones, d’enzymes et d’anticorps, sans oublier celle de plusieurs vitamines et minéraux.

La menthe, le pissenlit, le romarin et, bien sûr, le citron sont des amis du foie. En cas de transit rapide ou d’un antécédent de lithiase biliaire, réserver celles-ci, plus drastiques, pour la deuxième semaine de traitement : artichaut, boldo, radis noir.

Il existe des dizaines voire des centaines de formules pour nettoyer le foie. Informez-vous et usez de votre bon jugement et de celui d’un expert pour choisir les meilleurs composés cholagogues et cholérétiques.

Ne pas oublier nos braves intestins…

Quand on nettoie le foie et la vésicule, il faut aussi assainir et protéger les intestins et le colon, qui doivent éliminer constamment les déchets dégagés. L’aloès : en jus, pour activer l’intestin grêle, ou son gel, pour adoucir tout le tube digestif, pris l’estomac vide, est un bon laxatif. Il est opportun d’activer, de nettoyer et de protéger en douceur les intestins, petit et gros, avec des graines de lin, de la poudre d’orme ou du psyllium.

Des plantes plus drastiques, mais parfois nécessaires, sont les racines de rhubarbe, l’écorce de cascara ou de nerprun, et les gousses et les feuilles de séné.

Après les cures, toujours prendre des probiotiques, au moins 20 milliards et de plusieurs souches différentes, pour aider à refaire la microflore.

 

3. Les reins et la vessie, pas moins importants.

Les reins, quant à eux, contrôlent la pression sanguine et purifient inlassablement le sang et la lymphe, et éliminent toutes les protéines dégradées, l’excès de sucre et de minéraux, grâce à leurs millions de petits néphrons filtrants, minces comme des cheveux. Les reins sont les organes les plus faciles à endommager, les plus sollicités par nos excès et les plus demandés pour les transplantations : ménagez vos rognons en buvant au moins deux litres d’eau pure chaque jour et évitez le contact avec le froid, surtout au niveau lombaire et aux pieds, mais aussi les boissons glacées.

Et n’oublions pas les surrénales qui les chapeautent, productrices d’adrénaline, de cortisol et même d’hormones sexuelles !

Le chiendent, les feuilles de bouleau, la barbe de maïs, les pétioles ou l’écorce de cerisier, la prêle, les fleurs de sureau et de reine-des-prés sont de bons diurétiques reconnus.

 

4. La lymphe, le sang et la peau.

En dernier, pour éviter les crises de guérison, la diarrhée aigüe ou les éruptions cutanées, on nettoie le sang et la peau en même temps, avec des dépuratifs indéniables comme les algues, la bardane (racine), le cresson, le trèfle rouge, le thym, la luzerne, ou encore les feuilles d’ortie et de pissenlit.

En plus concentré, on peut prendre du jus ou de la poudre d’herbe de blé, de la chlorophylle liquide, ou encore des cristaux de betterave, ou leur jus. On peut aussi manger ces dernières entières et cuites, évidemment !

Les draineurs lymphatiques les plus accessibles sont les feuilles de frêne et de bouleau, les fleurs de reine-des-prés ou de sureau, le romarin et le thym.

 

Une cure complète, pour faciliter le tout?

Pour les gens pressés, trop occupés ou au palais délicat, il existe des cures complètes de désintoxication toutes faites, dans toutes les marques fabriquant des extraits à base de plantes.

Ceci constitue une liste de conseils généraux sur des produits de qualité, basés sur mon expérience de 40 ans comme conseillère dans les magasins naturels. Si vous souffrez d’un problème de santé chronique ou aigu sévère, consultez un professionnel de la santé reconnu, un herboriste ou un naturopathe d’expérience et de bonne renommée !