Digestion, vieillesse et santé

Publié le 15 septembre 2018
Écrit par Louise Lamontagne

Digestion, vieillesse et santé
Omega Alpha FR (immunité)

Les aliments absorbés chaque jour permettent non seulement à l’organisme de fonctionner, ils influencent directement l’état de santé.

 

Les personnes âgées représentent un groupe à risque quant aux problèmes nutritionnels, car l’âge entraîne plusieurs modifications d’ordre physiologique : tout se met à fonctionner au ralenti. Les gens âgés doivent donc bénéficier d’une nutrition optimale, pour maintenir leur organisme dans un état de fonctionnement maximal.

 

Problèmes les plus fréquents

Le vieillissement de l’organisme a des répercussions certaines sur la digestion et l’assimilation : l’évacuation gastrique est moins rapide, les sécrétions digestives et enzymatiques sont moins performantes, le transit intestinal devient paresseux. Tous ces changements ont une incidence sur l’absorption de certains micronutriments.

Chez une partie non négligeable de gens âgés, on relève des taux sanguins insuffisants en fer, en zinc, en acide folique, en vitamine B12 et en protéines, ce qui entraîne de la fatigue ainsi qu’une moindre résistance aux infections et au stress.

Le statut vitaminique est mis à mal de plusieurs façons. Notamment, l’absence d’exposition au soleil perturbe la synthèse de la vit mine D, absolument nécessaire à l’absorption du calcium. Le tabagisme nécessite d’augmenter la consommation de vitamine C, car une cigarette en fait disparaître 25 mg, alors que l’alcoolisme bouffe littéralement le complexe B. Si votre estomac n’est plus capable de produire une quantité suffisante du facteur intrinsèque nécessaire à l’absorption de la vitamine B12, vous vous exposez à un risque d’anémie pernicieuse.

 

Les fibres et la constipation

La constipation, un problème de santé très désagréable, est fort répandue chez les personnes âgées. Dans un monde idéal, il faudrait une consommation journalière de fibres de l’ordre de 30 à 40 g, alors que nous n’en prenons pas plus de 15 à 20 g. Les fibres facilitent non seulement le transit intestinal, mais elles contribuent à abaisser le cholestérol sanguin et favorisent la pénétration lente des sucres rapides dans le sang. De plus, en se liant dans l’intestin aux acides biliaires, les fibres représentent une défense importante contre le cancer du côlon. Les fibres sont la matière de soutien et de protection qui entoure les parois cellulaires des plantes. Les fibres que nous retrouvons dans les fruits, les légumes et les grains entiers ne sont ni digérées, ni assimilées, ni transformées par le corps. Elles passent directement par le système digestif presque sans changement et sont éliminées. Comme les fibres agissent telles des éponges dans l’intestin, elles gonflent et retiennent l’eau. Si vous augmentez votre consommation de fibres, n’oubliez surtout pas de bien vous hydrater, afin d’aggraver la constipation.

 

À retenir :

Les produits laitiers, les œufs, la viande et les charcuteries ne contiennent pas de fibres. Par contre, en plus des fruits, des légumes et des grains entiers, les légumineuses (ex. : fèves de Lima, haricots rouges, etc.), les noix, les graines (ex. : sésame, citrouille, tournesol), les fruits séchés (ex. : pruneaux, figues, raisins) ainsi que le son de blé ou d’avoine sont de bonnes sources de fibres. Par exemple, pour 1⁄2 tasse de petits haricots blancs (navy beans), vous aurez 7 g de fibres, et pour 1⁄2 tasse de petits pois verts, vous aurez 6 g de fibres.

 

Boire est vital

Avant tout, de l’eau : bien s’hydrater est essentiel, dans le cadre d’une saine alimentation. Sans eau, on ne survit que quelques jours. Pour l’adulte de corpulence moyenne et vivant dans un climat tempéré, les besoins quotidiens sont de 2 à 3 litres. Plus de la moitié de cette quantité est fournie par les fruits et légumes, mais encore faut-il en manger. Comme l’eau est consommée et éliminée en continu par l’organisme, il faut donc se réapprovisionner régulièrement.

Quand on prend de l’âge, la réponse cérébrale à la déshydratation est moins performante. On peut se retrouver déshydraté même sans avoir soif. Alors, n’attendez pas d’avoir envie de boire avant d’avaler quelques gorgées d’eau.

 

Les médicaments

Les personnes de 70 ans et plus souffrent généralement de plusieurs troubles chroniques, elles consultent souvent un médecin et consomment parfois d’importantes quantités de médicaments. Et que dire de la prise de médicaments en vente libre qui s’ajoutent à ceux déjà prescrits. On n’a qu’à penser aux laxatifs, si populaires chez les gens âgés, aux antiacides, aux analgésiques et aux somnifères légers. Ainsi, un grand nombre de nutriments essentiels peuvent être perdus dans le tube digestif.

 

L’alcool : avec parcimonie s.v.p.

L’alcoolisme peut avoir des répercussions profondes sur la situation nutritionnelle des gens âgés. L’impact de l’alcool sur le foie et le pancréas risque de perturber l’aptitude à utiliser toutes les vitamines liposolubles (A, D, E et K). De plus, il inhibe le passage de l’acide folique, de la B1, de la B5 et de la B12 dans le sang. Ses calories vides se substituent à des sources d’énergie plus riches en nutriments. Malheureusement, l’alcoolisme est un problème assez répandu : c’est un fléau qui touche à peu près 10% des 55 ans et plus et 4 fois plus d’hommes que de femmes. Les facteurs déclencheurs en sont bien souvent les changements entraînés par la retraite, la solitude et l’apparition de nouveaux problèmes de santé.

 

Les papilles gustatives

Malgré le grand nombre de saveurs que nous croyons percevoir, il n’existe que quatre saveurs fondamentales : le salé, le sucré, l’amer et l’acide. Tous les autres « goûts » sont une combinaison de ces quatre saveurs ; par exemple, on pense au café, au chocolat ou au poivre.

Il n’y a pas que le rhume ou une allergie qui peut diminuer la sensibilité gustative, l’âge le peut aussi, mais l’ampleur du déclin gustatif est très variable d’une personne à l’autre. Habituellement, les personnes de 75 ans n’ont plus que la moitié du nombre de papilles gustatives d’une personne de 30 ans. J’ai en tête 2 tantes de 80 ans passés, l’une qui couvrait sa soupe de sel comme si une tempête de neige venait de s’abattre dans son assiette, et l’autre qui répétait sans cesse que la nourriture d’aujourd’hui ne goûtait rien en comparaison de celle d’autrefois.

 

Les dents

Les dents constituent un outil précieux pour bien mastiquer, et donc bien digérer. Prenez-en soin.

Beaucoup de personnes âgées portent un appareil dentaire amovible, mais ces prothèses sont parfois difficiles à ajuster en raison de la perte de consistance des os. De plus, parmi les gens qui portent un dentier complet, 10 % n’en sont pas satisfaits. Si la capacité de mastiquer est réduite, les choix alimentaires en seront affectés. Ainsi, les fruits frais, les légumes crus et la viande seront mis de côté.

 

Les habitudes alimentaires sont déterminantes, pour maintenir un équilibre nutritionnel. Elles font l’objet d’un intérêt croissant, car leur influence sur la santé et la longévité n’est plus à démontrer. Dans le fond, l’important n’est pas de vivre vieux, mais surtout de vivre bien. Un meilleur mode de vie permet de gagner sur les deux tableaux : vivre plus longtemps, et mieux.

 

Saviez-vous que…

  • L’aptitude moindre des personnes âgées à apprécier la saveur des aliments est due non seulement à une baisse du sens du goût, mais aussi au déclin du sens de l’odorat.
  • Si vous éprouvez de la difficulté à manger des noix entières, broyez-les à l’aide d’un moulin à café avant de les ajouter à vos céréales, yogourts ou desserts.
  • Une portion de viande équivaut à la grosseur de la paume de votre main ou d’un jeu de cartes.
  • Aucun système ne manifeste davantage nos états d’âme que notre tube digestif. Il est le champ de bataille de nos contradictions intimes, un des lieux de fixation de nos angoisses, grandes ou petites, et de nos joies.

 

RÉFÉRENCES

ALLARD, Dr Claude, md. Manger sain, vivre mieux, Paris, éd. Hachette, 2010.

DUPONT, Éric, Ph. D., et coll. La vie intégrale, Montréal, éd. Édito, 2017.

FERLAND, Guylaine. Alimentation et vieillissement, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2003.