Écolo jusqu’au bout !

Publié le 27 janvier 2018
Écrit par Carmen Marois

Écolo jusqu’au bout !
Vogel #1 FR

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous soucier de l’empreinte carbone que nous laissons.

 

Nous voulons vivre en causant le moins de dommages possible à la planète qui nous accueille. C’est pourquoi nous sommes plusieurs à privilégier l’achat d’aliments biologiques, produits localement. Des études ont démontré que ces aliments contiennent moins de pesticides et que l’agriculture biologique n’entraîne aucune conséquence néfaste pour l’environnement.

Plus conscients des dommages irréversibles causés à l’environnement par l’élevage industriel (surconsommation d’eau, de céréales, de terres, pollution, etc.), beaucoup de consommateurs s’en détournent.

Nous priorisons maintenant l’achat local. Manger des fruits et des légumes qui ont poussé au Québec minimise les coûts écologiques du transport sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres : les fraises du Chili, les framboises de Californie, les pamplemousses d’Afrique du Sud, les kiwis de Nouvelle-Zélande font pratiquement le tour du globe avant de parvenir dans nos épiceries. Nous savons maintenant que ces produits mûrissent en chemin…

Consommateurs avertis et responsables, nous devons aussi nous interroger sur notre fin : qu’en sera-t-il de nos obsèques ? Il est dit : « Tu es poussière et tu retourneras poussière. » Sauf que ce n’est pas tout à fait vrai, car la mort pollue. Le formaldéhyde utilisé pour embaumer les corps s’avère extrêmement toxique pour le sol et les nappes phréatiques. Les vis, les clous, les pièces métalliques ornant les cercueils ne sont pas biodégradables. Les vernis et les peintures sont toxiques pour les sols.

Conscients de ce problème, les grandes maisons funéraires québécoises s’en préoccupent. Selon la Corporation des thanatologues du Québec, elles sont même en avance sur la demande du public. Elles sont donc de plus en plus nombreuses à offrir des funérailles aux répercussions environnementales minimales. Quand on visite les sites corporatifs des grandes maisons, on constate qu’elles parlent maintenant de « funérailles écologiques », de « développement durable », de « conscience écologique », de « respect de la nature », de « bilan environnemental », etc. À tel point qu’on peut affirmer qu’elles ont pris un virage vert !

Plusieurs maisons garantissent que leurs funérailles sont toutes certifiées Green burial. J’ai voulu en apprendre plus sur ce label. Les enterrements certifiés verts garantissent qu’ils ont une incidence minimale sur l’environnement. Pour obtenir ce label, le thanatologue doit garantir l’utilisation de matériaux non toxiques et biodégradables. En Amérique du Nord, le nombre de maisons certifiées est passé de 1, en 2006, à 300, en 2016 !

Comme consommateur, c’est un changement qu’il faut encourager. Nous sommes actuellement sept milliards d’individus vivant sur Terre. Nous serons probablement neuf milliards en 2030. Nous devons donc nous préoccuper dès à présent de la qualité de l’espace que nous occuperons après notre décès. Notre devoir est de nous informer et de nous renseigner afin de connaître les nouvelles avenues proposées.

J’ai appris que le plus important manufacturier de cercueils en bois du Canada est Québécois : c’est Le Groupe Victoriaville. Ce dernier fabrique désormais des cercueils certifiés écologiques. Quatre-vingt-quinze pour cent du bois utilisé provient de fournisseurs adhérant à un programme de reforestation. Ils recyclent 2300 millions de tonnes de résidus de bois par année, ce qui permet de produire 11,5 millions de kilowattheures d’énergie propre.

Il faut savoir que les cercueils certifiés biologiques sont faits de matériaux naturels et équitables : intérieur en coton, laques et finis à base d’eau. De plus, ces cercueils biodégradables comportent peu ou pas du tout de pièces métalliques. Les urnes écologiques sont quant à elles fabriquées avec des matériaux écologiques tels le sable, le coton, le bois ou la céramique ; ils ne contiennent aucune teinture. Les grandes maisons québécoises favorisent aussi l’achat local, ce qui est à saluer. Certaines disposent même de voitures hybrides pour le transport des cendres !

Certains thanatologues utilisent des produits d’embaumement biologiques, beaucoup moins toxiques pour l’environnement. Il est aussi possible aujourd’hui d’exposer un corps sans embaumement, tout en respectant les lois en vigueur. Des recherches sont faites pour réduire la quantité d’énergie consommée pour les crémations et les répercussions sur l’environnement. Certaines maisons sont en mesure de vous aider à calculer l’empreinte carbone de vos funérailles.

Les grandes maisons funéraires du Québec offrent aussi la possibilité de mettre en terre des urnes biodégradables contenant des graines d’arbres. D’autres ont créé des jardins des mémoires pour offrir la dispersion des cendres en pleine nature. Selon notre choix, nos êtres chers pourront reposer à l’ombre des érables japonais, des amélanchiers, des érables colonnaires, des lilas, des pins ou des ginkgos.

Comme nous pouvons le constater, certains entrepreneurs funéraires ont pris un véritable tournant vert. Comme consommateur, nous devons encourager ces initiatives écologiques qui incitent au plus grand respect de notre environnement. Ainsi vivrons-nous écolos jusqu’au bout !

 

RÉFÉRENCES

Corporation des thanatologues du Québec : http://www.domainefuneraire.com/

Green Burial Council : www.greenburialcouncil.org