Est-ce que le chi existe vraiment ?

Publié le 27 octobre 2018
Écrit par André Jolicoeur

Est-ce que le chi existe vraiment ?
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On l’écrit Qi ou Chi (même prononciation : « tchi »), en chinois, ki, en japonais.

 

Définition classique : « force universelle », « énergie ».

Cette définition est très large et concerne autant l’énergie d’un être vivant, comme l’humain (force vitale), que celle d’entités plus grandes, comme la Terre, le Ciel, le Cosmos, le vent, l’eau, le Soleil, la Lune, etc.

 

Définition moderne: «bioélectricité» (concernant le Chi d’un être vivant)

Définition pratique : En Tai Chi et en Chi-Kung, le Chi réfère à l’activité énergétique, la dimension de la personne qui est la charnière entre le corps physique et le corps mental.

Le Chi est ressenti, mais n’est pas directement visible ou palpable. Il suit la forme approximative du corps physique, mais ne s’y limite pas rigidement. Un exemple simple : la main fait partie du corps physique. La chaleur dégagée par la main et sa capacité sensorielle font partie du Chi.

Elles peuvent agir à une certaine distance de la main, donc elles ne se limitent pas strictement à son enveloppe physique.

La science matérielle (moderne) est très avancée dans la connaissance de la structure du corps physique. La science du Chi, pour sa part, a atteint une grande profondeur dans la compréhension de l’énergie qui y circule. Depuis les années 60, plusieurs expériences matérielles ont démontré que certains aspects du Chi sont mesurables par des appareils. Il y a donc un lien entre ces deux sciences, et la recherche actuelle le développe rapidement.

 

Il reste pourtant de très grandes différences entre ces deux systèmes de science.

La science matérielle considère l’intellect, ou la capacité à former des concepts, comme étant l’outil le plus approprié pour connaître le monde. Elle est basée sur une suite d’hypothèses ou de théories, des modèles, des images abstraites et figées de la réalité physique, construites à partir d’observations et de conclusions qui comportent une part de suppositions. Il faut donc faire toujours plus d’expériences pour valider les hypothèses, ce qui nous permet de tirer d’autres conclusions, etc. Le procédé se poursuit sans cesse et entraîne une révision fréquente des théories. Cette sorte de science nous apporte de nombreuses commodités matérielles, mais aussi beaucoup de conséquences nuisibles aux humains et à leur environnement.

La science traditionnelle du Chi, qui est parfois considérée comme une science spirituelle, fonctionne très différemment. D’abord, contrairement à la science matérielle, on n’y recherche pas l’objectivité. Surprenant, non? L’objectivité consiste à mener les expériences de façon à protéger les observations de toute influence causée par l’expérimentateur. Cette séparation entre l’observateur et l’expérience, considérée comme essentielle dans la science matérielle, est malheureusement aussi la cause de la nature toujours incomplète des informations que l’on en retire.

Dans la science spirituelle, au contraire, l’observateur tente de se fondre dans la réalité qu’il veut connaître. L’état de l’observateur influence donc les observations qu’il fait, et à leur tour ses observations le transforment. Il se contente donc de décrire ses observations, sans prétendre à l’objectivité. Les bons auteurs nous rappellent d’ailleurs que les phénomènes physiologiques qui peuvent être ressentis pendant les exercices varient beaucoup selon l’individu.

Les termes utilisés en Tai Chi et en Chi- Kung (ex. : « Verser l’énergie du Ciel dans le sommet de la tête », « Pousser des racines dans la Terre ») décrivent des observations telles qu’elles sont ressenties par les pratiquants depuis des millénaires. Ce ne sont pas des modèles abstraits de la réalité. Dans ce système, on considère que « ressentir, c’est comprendre » et correspond au plus haut niveau de compréhension possible, de loin supérieure aux théories intellectuelles. C’est pour cette raison que les écrits les plus anciens portant sur le Chi-Kung conservent toute leur valeur aujourd’hui. Depuis 4500 ans il y a eu de nombreux développements quant aux méthodes et aux applications de la science du Chi, mais on n’a jamais eu besoin de réviser le « modèle » scientifique puisqu’il n’y en a pas.

Sans objectivité, quelle valeur peut avoir la science spirituelle ? N’est-ce pas une « vraie science » ? Si, c’en est une. Les observations sont vérifiables, avec des variations inhérentes à chaque personne. Sur plusieurs millénaires, de nombreux pratiquants de Chi-Kung ont relaté des observations très similaires sans pour autant être identiques.

 

Qui se laisserait convaincre par des observations subjectives?

Eh bien justement, dans la science spirituelle, il ne s’agit PAS de convaincre autrui ! Un bon guide spirituel est heureux et comblé par le vécu de ses expériences, et il partage son vécu pour donner des pistes à d’autres gens. Ils emprunteront ces pistes autant qu’ils le désirent pour faciliter leurs propres expériences, faire leurs propres observations, se convaincre eux-mêmes et laisser des pistes à leur tour.

Un bon guide ne dit pas « La réalité est comme cela ». Il vous dit : « Je suis allé voir là-bas, j’y ai trouvé des choses intéressantes ». À vous d’y aller, de voir et d’en penser ce que vous voulez.

La science spirituelle ne permet pas d’atteindre la gloire ou la richesse en prenant crédit pour avoir « découvert » quelque chose, ni même de prouver ses observations. Son but est bien plus élevé. Quand on tente de prouver quelque chose à autrui, on n’est pas dans le chemin de la science spirituelle.

Les exercices qui développent le Chi nous permettent de connaître une merveilleuse dimension de nous-même et de nous approprier un grand trésor. Il n’est pas nécessaire d’y croire d’avance pour que ça fonctionne ! Il suffit de persévérer un peu et de garder l’esprit ouvert. Quand on se sent de plus en plus heureux et qu’on a une santé de fer, on se désintéresse de vouloir prouver quoi que ce soit. On préfère partager là où on sent une ouverture.

La science du Chi n’est pas la réalité, elle n’est qu’une façon de regarder la réalité. Mais ce point de vue mérite qu’on s’y intéresse, car depuis 4500 ans, il a permis à de nombreuses personnes de se découvrir des capacités remarquables et d’en récolter de grands bienfaits.