La carence en fer

Publié le 15 avril 2016
Écrit par Louise Lamontagne

La carence en fer
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Beaucoup de gens ont une alimentation carencée en fer et ignorent qu’un tel déficit peut être à l’origine de fatigue, de difficultés de concentration et d’une moindre résistance aux infections

 

CHEZ L’ADULTE, cette carence en fer est connue depuis longtemps. Jadis, l’anémie ferriprive survenait surtout chez les femmes jeunes. On parlait alors de chlorose, à cause de leur teint verdâtre.

Bien souvent, ces anémies étaient attribuables à des troubles d’assimilation dus à la mode des corsets excessivement serrés qui conféraient aux jeunes femmes une élégante « taille de guêpe » et une pâleur « aristocratique ».

 

Le rôle du fer

Le fer joue un rôle essentiel dans de nombreuses fonctions métaboliques. C’est le principal constituant de l’hémoglobine, le transporteur moléculaire qui charge, véhicule et livre l’oxygène dans le sang. Il intervient aussi dans le stockage de l’oxygène au sein des cellules musculaires : c’est le rôle de la myoglobine, que l’on peut qualifier d’« hémoglobine des muscles ». Il participe également au fonctionnement d’un grand nombre d’enzymes et d’éléments du système immunitaire.

Habituellement, notre organisme dispose de réserves de fer. La ferritine, qui est une protéine, aménage des dépôts dans le foie, la rate et la moelle osseuse, mais les réserves sont limitées. Une perte de fer relativement mineure suffit pour déclencher une carence.

 

Les causes d’une carence en fer

L’anémie par manque de fer se rencontre le plus souvent chez les femmes à cause des menstruations et chez les enfants et les adolescents en raison de la période de croissance.

Grossesse, allaitement, règles abondantes, stérilet, kystes ovariens et fibromes sont des conditions gynécologiques qui demandent un apport en fer plus important.

Selon Danièle Starenkyj, la carence en fer est la carence la plus répandue chez les athlètes adolescents et elle affecte définitivement leur performance et leur comportement.

L’anémie ferriprive est plus rare chez les hommes, mais elle peut survenir à la suite de petites hémorragies quotidiennes et répétées (qu’elles passent inaperçues ou non) : hémorragies digestives chroniques dues à des hémorroïdes ou à un abus d’acide acétylsalicylique (base de l’aspirine et de médicaments analogues) provoquant à la longue un ulcère gastrique.

Des diarrhées fréquentes de même qu’une gastrectomie peuvent aboutir à un manque de fer. On ne peut passer sous silence l’admirable générosité des donneurs de sang qui ne compensent pas toujours leur don par une nutrition équilibrée.

 

Les symptômes d’une carence en fer

Sans pour autant nous rendre anémiques, une légère carence en fer peut suffire à saper notre énergie : dans  ce cas-ci, un apport complémentaire de fer par le biais de l’alimentation est généralement bénéfique.

Les symptômes les plus fréquents sont les suivants, et plus la carence en fer est importante, plus ils sont prononcés.

  1. Fatigue physique :
  • Fatigue matinale se prolongeant dans la journée ;
  • Fatigue inexplicable en l’absence d’efforts physiques importants ;
  • Fatigue qui peut se transformer en épuisement permanent ;
  • Nuits longues et pourtant peu réparatrices ;
  • Essoufflement à l’effort même lors d’efforts physiques moyens ;
  1. Fatigue nerveuse :
  • Lassitude de l’esprit toujours obligé de compenser nerveusement la fatigue physique ;
  • Début de dépression – le manque de fer ne sera pas la cause directe d’un état dépressif, mais elle en préparera le terrain ;
  • Troubles de l’attention (quand l’oxygénation du cerveau est moindre, il y a un déficit de sa fonction) ;
  • Hyperactivité.
  1. Troubles digestifs réguliers :

Fragilité des muqueuses digestives, qui peut occasionner inflammations, gastrites, colites, sensibilité au gluten, diarrhées chroniques (ces problèmes sont presque toujours dus à des stress nerveux intériorisés).

  1. Sensibilité aux maladies infectieuses :
  • Rhinites, pharyngites, grippes, bronchites (cette faiblesse immunitaire est particulièrement fréquente chez les jeunes enfants ; lors des poussées de croissance, l’organisme fragilisé par un manque de nutriments suffisants sera particulièrement renforcé par un apport en fer) ;
  • Allergies de toutes sortes.
  1. Problèmes circulatoires :
  • Faiblesse de la circulation périphérique, donc pieds et mains froids ;
  • Troubles de la vision (fatigue oculaire, vieillissement maculaire, etc.). 
  1. Symptômes divers :
  • Douleurs musculaires, crampes ;
  • Chute inhabituelle et prolongée des cheveux ;
  • Ongles mous, striés, cassants ;
  • Pâleur du teint inhabituelle ;
  • Saignements fréquents du nez (notamment chez les enfants) ;
  • Fendillements des commissures des lèvres ;
  • Sécheresse importante de la peau.

Il faut toujours garder à l’esprit qu’une anémie est l’aboutissement d’un phénomène pathologique qui a pu se constituer presque silencieusement pendant de longues périodes et perturber considérablement l’équilibre et la résistance de l’organisme. Le manque de fer existe bien avant que l’anémie soit constituée.

 

L’alimentation

L’aliment est évidemment au cœur du problème de la carence en fer. Le corps se construit, se transforme à partir de la nourriture qu’il ingurgite et assimile. N’attendez pas le déclenchement d’une pathologie pour réagir.

Les carences peuvent être dues à un apport insuffisant ou à un défaut d’assimilation par suite de la consommation de certains aliments incompatibles. Par exemple, ne consommez pas de laitages dans un repas contenant des protéines animales, donc pas de lait, pas de fromage, pas de yogourt, notamment pour une meilleure digestion et une assimilation accéléré du fer : le calcium est porté à freiner cette dernière. De plus, ne buvez pas de thé pendant ou immédiatement après le repas, car les aliments riches en tanins bloquent l’assimilation du fer.

Les meilleures sources de fer sont les produits d’origine animale, car ils fournissent une excellente forme de fer, le fer hémal. L’organisme absorbe le fer hémal à peu près trois fois plus vite qu’il absorbe le fer fourni par les œufs, les graines et les haricots secs, et six fois plus vite que celui fourni par les épinards. La viande, surtout les abats (comme le foie), le poisson – à signaler, la richesse des moules, des palourdes et des huîtres – et la volaille sont de bonnes sources de fer.

En accompagnant un repas de viande ou de céréales complètes (pour les végétariens) d’une source de vitamine C, vous aidez votre organisme à mieux absorber le fer fourni par les aliments. Brocoli, épinards, cantaloup, fraises et orange sont de bons exemples. À ne pas oublier, la mélasse verte, qui pour 100 g contient 16,1 mg de fer.

Pour terminer, un conseil à ne pas négliger : conservez tous les suppléments nutritionnels contenant du fer hors de la portée des petits ; la prise accidentelle de cinq comprimés de fer fortement dosés peut entraîner une intoxication mortelle chez le jeune enfant.

 

RÉFÉRENCES

DREZET, Chrisophe et Valentine FERNANDEZ .

Carence en fer, carence de vie, Paris, éd. Dangles, 2008. En collaboration. Guérir grâce aux vitamines, Montréal, éd. Modus Vivendi, 2005.