L’âge, le poids et la santé

Publié le 15 avril 2017
Écrit par Louise Lamontagne

L’âge, le poids et la santé
Vogel #1 FR

Avez-vous déjà vu une centenaire obèse ?  Il doit bien y avoir une leçon à tirer de cette constatation.

Trop souvent, notre mode de vie est responsable d’un embonpoint progressif mais certain. Quelques livres de plus chaque année, et peu à peu on se retrouve en surpoids, et si on n’y prend pas garde, l’obésité s’installe.

Si vous croyez que le poids n’a aucune influence sur la santé, détrompez-vous. En pleine jeunesse, on se croit à l’abri de tout, mais arrivé à l’âge de la retraite, et sûrement bien avant, les nombreux kilos en trop nous rattrapent et sont cause de désagréments.

 

Maladies et obésité

Les médecins sont au premier rang dans l’observation du phénomène. Comme dit si bien Renaud Roussel : « Ils constatent et traitent directement les ravages que peut causer une obésité. ». En surcharge pondérale, on risque davantage le diabète, l’hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol, des problèmes cardiovasculaires et des troubles rénal et hépatique.

Malheureusement, la liste des dommages ne s’arrête pas là. L’arthrose des genoux et celle des hanches sont les localisations articulaires les plus souvent concernées.

Les lombalgies (douleurs dorsales basses) et les sciatiques sont également fréquentes. Un corps trop lourd entraîne une pression considérable sur des articulations non adaptées à porter un surpoids parfois très important. Ces complications osseuses et articulaires s’accélèrent avec l’âge et sont une grande cause de handicap et d’altération de la qualité de vie. L’obésité est aussi à l’origine d’une insuffisance veineuse et lymphatique au niveau des membres inférieurs, et le risque est d’autant plus grand que le poids est plus élevé. Les jambes sont lourdes, sensibles et gonflées, ce qui augmente la fréquence des phlébites et de plus grandes complications.

Et la liste s’allonge encore. On observe une sudation abondante entraînant des ennuis au niveau de la peau. Ainsi, les mycoses (champignons) sont plus fréquentes dans les plis cutanés. Chez les obèses, la cicatrisation est plus lente et plus difficile. Des complications respiratoires apparaissent. La respiration est courte pour se mouvoir, on ne peut plus accélérer le pas, on doit s’arrêter fréquemment si on monte un escalier, et on est à bout de souffle à propos de tout et de rien. Le conjoint se plaint d’un ronflement atteignant les 70 décibels et le risque d’apnée du sommeil est plus fréquent et plus grave ; ces pauses respiratoires entraînent non seulement un sommeil de mauvaise qualité, mais elles fatiguent aussi le cœur.

 

Régimes draconiens : danger !

Lentement mais sûrement. La perte de poids doit obligatoirement s’inscrire dans la durée. Dans ces conditions, mieux vaut donc se fixer des objectifs réalistes mais durables, plutôt que de courir en permanence après un poids de rêve rapide qui conduit, la plupart du temps, à s’en écarter de plus en plus. La plupart des régimes sont déséquilibrés et carencés. Mieux vaut donc s’aiguiller sur les règles du gros bon sens et de la saine alimentation.

 

Nous sommes ce que nous mangeons

Bien manger constitue une assurance santé peu coûteuse à laquelle il n’est jamais trop tard pour souscrire. Chacun doit trouver, à l’intérieur des grands principes de la diététique, sa propre vérité. Il ne peut y avoir de règles standard puisque chacun de nous a ses propres rythmes et sa chimie particulière. Au troisième âge, quand la vie active diminue, les besoins énergétiques sont moindres. Alors, mieux vaut être gourmet que gourmand.

 

Révisez vos habitudes alimentaires

Le meilleur régime est celui qui vous encourage à adopter un mode alimentaire sain pour le restant de vos jours.

  • ÉVITEZ TOUS LES ALIMENTS COLLANTS : le sucre, la confiture, le caramel, la gelée, les bonbons, le chocolat, les sirops, les glaçages, les boissons gazeuses, la crème glacée. On se doute bien que tout ce qui colle aux doigts colle aussi à la taille.
  • COUPEZ DANS LE GRAS : délaissez la viande rouge pour la viande blanche et le poisson. Évitez les charcuteries.
  • AUGMENTEZ VOTRE CONSOMMATION DE FRUITS ET DE LÉGUMES : ils regorgent de fibres alimentaires, de vitamines et de minéraux et contiennent entre 70 et 96 % d’eau. Ils sont pauvres en gras, exception faite des olives et des avocats. En augmentant votre consommation de fibres, vous devez aussi augmenter votre consommation d’eau. L’eau est votre meilleure alliée.
  • ADOPTEZ DES MODES DE CUISSON MINCEUR en faisant pocher ou bouillir, cuire au four ou à la vapeur, ou encore sauter dans un poêlon antiadhésif.
  • NE SAUTEZ PAS DE REPAS : la base d’une bonne nutrition, sur laquelle vous allez vous appuyer, est le petit déjeuner. Il ne doit jamais être négligé, quelle que soit votre recherche diététique. Sauter le petit déjeuner est une attitude préjudiciable qui vous condamne presque irrémédiablement à un grignotage intempestif tout au long de la journée.
  • VARIEZ, VARIEZ, VARIEZ : l’objectif est l’équilibre, et un bon moyen d’y parvenir est la diversité des aliments. Plus l’éventail de votre alimentation est large, plus vous êtes susceptible de disposer d’un grand nombre de nutriments.
  • NE GARDEZ PAS D’ALIMENTS DÉFENDUS À LA MAISON : si possible, évitez d’acheter croustilles, bonbons, chocolat, gâteaux, etc. Vous préviendrez ainsi les tentations.
  • AVANT D’AVALER, MASTIQUEZ : un estomac bien rempli met environ 20 minutes pour envoyer au cerveau le signal de satiété. Alors, mangez lentement.
  • LES PAPILLES GUSTATIVES NE SONT PLUS CE QU’ELLES ÉTAIENT… C’est la raison pour laquelle les gens âgés se plaignent si souvent que la nourriture ne goûte plus rien et que c’était bien meilleur dans leur jeune temps.

 

L’exercice

Une des causes les plus fréquentes de la prise de poids est la diminution de l’activité physique sans compenser par une diminution des apports caloriques habituels.

Augmentez vos activités journalières. Inventez-vous de bonnes excuses pour marcher le plus souvent possible. L’exercice quotidien sert non seulement à brûler des calories, mais il a aussi un impact sur la forme générale, et ses effets antistress ne sont pas à négliger.

 

SAVIEZ VOUS QUE …

  • Pour un poids idéal, la quantité de graisses corporelles dans l’organisme est habituellement de 25 % chez les femmes et de 15 % chez les hommes.
  • Les régimes alimentaires fréquents des parents sont un facteur de risque du développement de troubles de comportement, d’anxiété et de prise de poids chez leurs enfants.
  • Jusqu’à récemment, le diabète de type 2 concernait presque exclusivement les gens âgés de 40 ans et plus, mais on observe de plus en plus de sujets jeunes aux prises avec ce problème, surtout s’ils ont une surcharge pondérale.

Parents et grands-parents, soyez vigilants.

 

RÉFÉRENCES

EN COLLABORATION. Comprendre et Vaincre l’obésité : l’urgence d’agir, Montréal, Décision média, 2006.

ROUSSEL, RENAUD. Surpoids et obésité, suivez le coach, Paris, Désiris, 2009.