Le chi-kung comment ça marche ?

Publié le 27 mai 2018
Écrit par André Jolicoeur

Le chi-kung comment ça marche ?
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Cet article ne mentionne que le Chi-kung, mais il concerne aussi le taï-chi, qui est une forme de Chi-kung martial.

 

Le Chi-kung diffère substantiellement des autres types d’entraînements. Bien qu’il implique un peu d’activité musculaire, il n’est pas axé sur cet aspect comme les sports, la course ou le conditionnement physique.

Les activités physiques suivent le schéma suivant : le mental envoie des ordres, le système nerveux les transmet et les muscles dépensent de l’énergie pour exécuter les actions.

L’entraînement physique est généralement connu pour ses effets bénéfiques. Cependant, contrairement à l’opinion populaire selon laquelle « ça fait du bien de dépenser son énergie », les enseignements du Chi-kung nous indiquent que les bienfaits de l’effort physique sont liés au fait d’activer et de faire circuler l’énergie, et non de la dépenser. Malheureusement, avec le travail physique, ces deux aspects sont indissociables.

 

Avec le Chi-kung, le schéma est différent. Le mental envoie des ordres, le système nerveux les transmet, l’énergie nerveuse (chi) circule et fait bouger le corps. On réduit au minimum l’effort musculaire pour deux raisons : éviter la dépense d’énergie et laisser un libre passage à sa circulation. Dépenser l’énergie n’est pas un objectif. On considère que l’énergie est très précieuse, car elle est raffinée à partir de l’air et des aliments. Ce procédé produit des déchets que le corps doit éliminer, et petit à petit, cela nous fait vieillir. On ne dépense donc l’énergie que lorsque cela est vraiment nécessaire.

En Chi-kung, on fait circuler l’énergie de façon très libre et presque sans effort physique, ce qui permet de s’entraîner jusqu’à plusieurs heures par jour sans se fatiguer. On peut même constater un accroissement du capital d’énergie à mesure qu’on s’entraîne. La seule raison de s’arrêter de temps en temps est de se détendre complètement, parce que l’activation de l’énergie nerveuse peut finir par causer une certaine tension. Plus on est expérimenté, mieux on contrôle cette tension et plus longtemps on peut s’entraîner en restant souple et détendu.

 

Le Chi-kung présente donc d’énormes avantages par rapport aux entraînements physiques. Il convient parfaitement aux personnes qui ont peu d’énergie à cause de leur âge, de la maladie ou d’une blessure. Il est idéal aussi pour les gens en bonne santé qui veulent augmenter leurs capacités. Parce que les exercices sont physiquement doux, on ne risque pas de se blesser ni d’user ses articulations. Le Chi-kung est constructif à 100 %.

Malgré ces énormes avantages, le Chi-kung présente un inconvénient : il est plus difficile à comprendre et à pratiquer correctement. Quand vous soulevez un poids ou quand vous courez du point A au point B, vous n’avez pas à vous soucier de savoir si vous vous entraînez vraiment. Tant que l’action extérieure se produit, vous savez que vous avez fourni l’effort.

En Chi-kung, par contre, il n’y a pas d’action extérieure. Il est possible d’exécuter des mouvements très jolis, mais complètement inefficaces… Et la différence sera indétectable pour une personne qui ne s’y connaît pas. Alors, comment fait-on pour être sûr de vraiment faire circuler l’énergie ?

 

Deux choses déplacent notre énergie : notre force mentale et notre respiration. En Chi-kung, les mouvements du corps DOIVENT être accompagnés d’une intention mentale forte et claire, et d’une respiration dirigée de façon adéquate. Sans intention forte et sans respiration correcte, les mouvements de Chi-kung ne seraient que des étirements doux. C’est mieux que rien, mais c’est bien peu par rapport à leur vrai potentiel !

Vous comprenez maintenant pourquoi certaines personnes sont peu impressionnées par le Chi-kung, malgré l’avoir pratiqué pendant des années. D’autres, au contraire, y sont totalement « accro », s’entraînent des heures par jour et obtiennent des capacités étonnantes. Tout dépend de la façon dont le Chi-kung est pratiqué, et cela dépend de la compréhension des principes de base. Le Chi-kung est physiquement facile, mais il exige beaucoup de concentration.

Un mouvement de Chi-kung se pratique avec une intention mentale très forte (par exemple, pousser les mains vers le ciel), mais en gardant le corps détendu. C’est comme si on se préparait à exercer une très grande force, sans jamais le faire. On inspire en rapprochant les membres du corps, on expire en les éloignant. On inspire en soulevant, on expire en poussant vers le bas. Imaginer une grande force tout en restant détendu est une chose difficile pour les débutants, mais on s’y habitue et on y gagne de grandes récompenses.

 

Les mouvements du corps sont la partie visible du Chi-kung, mais les mouvements du mental et du souffle en sont l’essence vitale.