Le cyclisme et les vélos électriques, de plus en plus populaires

Publié le 15 juillet 2017
Écrit par Gabriel Parent-Leblanc. B. Sc., M. Env.

Le cyclisme et les vélos électriques, de plus en plus populaires
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Avez-vous l’impression de voir de plus en plus de cyclistes depuis quelques années ?

Vos yeux ne vous mentent pas, le cyclisme est bel et bien en effervescence au Québec ! Comme pour n’importe quel domaine, dès que la demande augmente, il y a une diversification de l’offre. C’est ainsi que nous avons maintenant le choix entre des vélos de route, de montagne, pliants, les fat bikes (avec leurs roues géantes adaptées à tous les terrains difficiles), et finalement les vélos à assistance électrique.

Ces derniers ont énormément évolué depuis une décennie et sont devenus une option de plus en plus intéressante pour les cyclistes tant débutants qu’intermédiaires. Effectivement, le moteur électrique installé sur ces appareils permet une assistance au moment opportun (vent, forte pente, etc.), si bien que leurs utilisateurs peuvent se permettre de rouler plus longtemps et plus loin. Plusieurs modèles et technologies existent, mais ce qui est important de retenir, c’est que le moteur intervient seulement quand le cycliste le demande ou en a besoin. La promesse d’avoir de l’assistance lorsqu’on en a besoin motive les personnes peut-être un peu moins en forme à considérer le vélo plutôt qu’un scooter ou une voiture. Après tout, parcourir de 80 à 150 km grâce à une charge électrique ne coûtant que quelques sous, en plus de se mettre en forme, est une option assez dure à battre (Bicycles Quilicot, 2016) !

 

LE VÉLO AU QUÉBEC

Depuis 1995, l’organisme sans but lucratif Vélo Québec recense les données sur le cyclisme au Québec tous les 5 ans pour en faire un portrait global. Le dernier rapport, datant de 2015, est catégorique : « il y a plus de Québécois qui pédalent en 2015 qu’il y a vingt ans. En ville, à la campagne ou dans les sentiers, on compte aujourd’hui 4,2 millions de cyclistes au Québec, soit 600 000 de plus qu’en 1995 » (Vélo Québec, 2016). Cette augmentation est tout à fait remarquable, car la population du Québec est vieillissante. Effectivement, toujours entre ces 2 dates, « l’âge médian de la population du Québec s’est accru de six ans, passant de 36 ans à 42 ans. La pratique du vélo est donc épargnée par la baisse du niveau d’activité physique qui accompagne le vieillissement démographique » (Vélo Québec, 2016).

En considérant la population actuelle (8,26 millions de Québécois, en 2015), 52 % de la population adulte a fait du vélo, toujours pour la même année. Pour compléter ce tableau, 23 % de la population songeait à s’y remettre, alors que 18 % ne pensaient pas en refaire. À noter que les 7 % restants n’ont jamais fait de vélo (Vélo Québec, 2016).

 

POURQUOI UNE TELLE HAUSSE ?

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse marquée du cyclisme au Québec.

Tout d’abord, « en 1995, le gouvernement adoptait sa première politique sur le vélo, favorisant ainsi le développement d’une culture du vélo au Québec. Il a ensuite mis en œuvre une série de mesures visant à promouvoir le vélo comme loisir puis, de plus en plus, comme mode de transport, et à contribuer au développement durable du Québec ».

Contrairement à bien des domaines où les actions ne suivent pas les politiques (je ne nommerai pas de noms), des efforts ont bel et bien été adoptés pour le cyclisme, notons entre autres l’augmentation de 30 % des voies cyclables entre 2010 et 2015 seulement (Vélo Québec, 2016).

En plus de la quantité impressionnante de voies cyclables, nous sommes de plus en plus sensibilisés vis-à-vis l’importance de l’activité physique dans nos vies. Je ne vous apprends effectivement rien en affirmant qu’il serait difficile pour un individu de rester en santé sans activité physique ou une saine alimentation. Depuis quelques années, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) propose un outil nommé HEAT (Health Economic Assessment Tool) pour analyser les bienfaits du vélo et de la marche sur la santé. En considérant que le cycliste québécois moyen pédale en moyenne 3,3 heures par semaine, voici les conclusions de l’outil :

« La pratique actuelle du vélo au Québec aiderait à prévenir 390 décès par année, se traduisant annuellement en une valeur économique de 2,6 milliards de dollars. » (Vélo Québec, 2016)

De même, l’utilisation du vélo n’a pas seulement des répercussions sur notre santé, mais aussi sur l’environnement. Encore ici, je ne vais pas vous étonner en affirmant qu’un déplacement en vélo est beaucoup plus écologique qu’un déplacement en automobile, surtout individuel ! Vélo Québec, toujours dans son rapport de 2016, estime que « les 43 kilomètres hebdomadaires roulés par les cyclistes québécois de mai à septembre généreraient, s’ils étaient faits en voiture, 900 000 tonnes de gaz à effet de serre dans l’environnement ». C’est substantiel !

Entre mai et septembre, le cycliste québécois moyen parcourt 43 kilomètres en 3,3 heures chaque semaine ! (Vélo Québec, 2016)

 

LES VÉLOS À ASSISTANCE ÉLECTRIQUE (VAE)

Le concept du VAE, qui assiste les cyclistes grâce à un moteur électrique et une batterie de puissance variée, n’est pas nouveau. Effectivement, les premiers vélos du genre dateraient des années 1930. Ce n’est cependant qu’au début des années 2000 que ces vélos ont commencé à être populaires, et le tout a pris de l’ampleur depuis quelques années en raison de l’utilisation de batteries plus puissantes et de moteurs plus silencieux (Écolo Cycle, s.d.).

 

De prime abord, il existe deux types de vélo électrique.

Avec un système d’assistance électrique à capteur de pression (« pedelec », en anglais)

Un torsiomètre (appareil qui mesure la déformation de la chaîne) analyse la force transmise aux pédales par le cycliste et ajuste constamment le niveau de contribution du moteur électrique en conséquence. Cela entraîne une assistance au pédalage fluide, graduelle et qu’il est facile d’oublier. La majorité des modèles ont plusieurs niveaux d’assistance au pédalage, et le cycliste peut choisir à quel point il veut être aidé par le moteur électrique (Bicycles Quilicot, 2016).

 

Avec un système de propulsion sur demande.

Avec cette technologie, le vélo peut être contrôlé à la manière d’un scooter électrique, c’est-à-dire qu’une commande d’accélération est présente sur le guidon. L’utilisateur, si les conditions sont difficiles ou s’il est fatigué, peut choisir de ne plus pédaler et de laisser le moteur prendre la relève entièrement. À noter que malgré ce mode de fonctionnement, le moteur d’un vélo électrique ne peut être plus puissant que 500 Wh et sa vitesse est limitée à 32 km/h. On ne peut donc pas remplacer un scooter par un vélo, mais le système de propulsion sur demande est une bonne solution médiane.

Il est également possible de transformer un vélo classique en vélo électrique à l’aide d’une trousse de conversion : « moins dispendieuse que l’achat d’un vélo électrique, l’option de la conversion ne permet cependant pas d’atteindre leur performance ni leur fiabilité » (Bicycles Quilicot, 2016).

 

ÇA COÛTE COMBIEN, UN VAE ?

Selon le propriétaire de la boutique Bicycles Quilicot, « pour un VAE de qualité, il faut s’attendre à payer un minimum de 2000 $ [, et pour] un bon kit de conversion, on parle de 1900 à 2600 $ ». De même, le spécialiste du vélo conseille de « se tenir loin des modèles bon marché, parfois en vente dans certaines grandes surfaces ou encore sur des sites Internet à l’étranger, qui utilisent encore de vieilles technologies de batterie » (Bicycles Quilicot, 2016). Les nouveaux modèles de batterie sont au lithiumion, alors que les modèles bas de gamme utilisent encore la technologie basée sur le plomb.

Quand on considère que la batterie est l’élément qui coûte le plus cher dans la fabrication du vélo (la remplacer peut coûter de 1000 à 1500 $), choisir un vélo de qualité fait tout son sens.

Bref, le vélo est de plus en plus populaire au Québec pour des raisons de santé et d’environnement. Les vélos à assistance électrique, qui assistent les cyclistes au besoin lors des moments difficiles (vent, pentes, etc.), aident les néophytes à s’y mettre et les autres à effectuer encore plus de kilométrage ! Le prix de base de ces appareils est encore assez élevé, mais considérant le faible coût d’une recharge de batterie et la distance que celle-ci permet de parcourir, je crois que ça vaut vraiment la peine. Profitez bien du beau temps, les cyclistes, et ayez du plaisir !

 

Une réglementation simple

Le vélo électrique n’a pas besoin d’être immatriculé ou assuré. Dépendamment de votre tranche d’âge, voici la réglementation à respecter pour conduire un tel engin.

Moins de 14 ans : Interdit.

De 14 à 17 ans : Obtention d’un permis de la classe 6D autorisant la conduite d’un cyclomoteur et le port d’un casque protecteur conforme.

> 18 ans : Seulement le port d’un casque protecteur conforme.

(Société de l’assurance automobile du Québec, s.d.)

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