Le régime hypotoxique et les maladies inflammatoires

Publié le 9 septembre 2017
Écrit par Sylvie Rousseau, nd.a.

Le régime hypotoxique et les maladies inflammatoires
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Les deux principales raisons des consultations en Amérique du Nord sont la douleur et l’inflammation chronique, qui infligent un nombre croissant de gens dans la population. Ce problème est présent dans tellement de maladies qu’il est difficile de déterminer une cause unique à ce phénomène.

 

Les maladies associées prennent de nombreuses formes en fonction des prédispositions génétiques. Parfois, il s’agit d’arthrite ou d’arthrose, tandis que pour d’autres, ce sera des douleurs musculaires chroniques ou de la fibromyalgie. Ces troubles peuvent aussi se manifester en maladies intestinales telles que la maladie de Crohn ou encore la maladie cœliaque.

 

LA PHYSIOLOGIE DE L’INFLAMMATION

Le processus inflammatoire est, à la base, une réponse à toute substance dangereuse entrant dans l’organisme, tandis que l’œdème et la douleur produite au site d’infection sont les tentatives du système à mobiliser les cellules du système immunitaire pour attaquer et détruire les substances toxiques à cet endroit. C’est ce qu’on appelle la cascade inflammatoire. C’est donc une simple tentative du corps pour se guérir.

C’est lorsque l’inflammation devient chronique que cela commence à faire des dommages aux organes et qu’un cercle vicieux peut s’installer. Par exemple, l’activation prolongée du système immunitaire peut être responsable des allergies, des hypersensibilités et des troubles arthritiques. Et à l’origine de tout cela se trouve l’exposition continuelle aux substances toxiques. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ces substances peuvent être produites par une détoxication déficiente du foie, mais aussi par un intestin non fonctionnel. Ce dernier devient donc une porte d’entrée pour les toxines environnementales.

 

QUE SE PASSE-T-IL AVEC L’INTESTIN ?

Selon le Dr Jean Seignalet, médecin français et directeur du laboratoire d’histocompatibilité à l’hôpital de Montpellier, l’intestin grêle est un organe clé, car il sert de barrière entre le milieu intérieur de l’organisme humain et l’environnement extérieur. Il mentionne que cette barrière peut, pour plusieurs raisons, mal jouer son rôle et laisser passer des molécules trop grosses dans le système. La muqueuse de l’intestin grêle est un immense filtre dont la surface atteint 100 mètres carrés, mais dont l’épaisseur n’est que d’un quarantième de millimètre. Cette mince paroi est la seule barrière qui sépare notre milieu intérieur de certains agents nocifs de l’environnement, dont les parasites, virus, bactéries, toxines ou aliments incomplètement digérés.

 

L’INTESTIN NOUS PROTÈGE-T-IL ENTIÈREMENT ?

Dans les milieux scientifiques, on pensait, il y a une dizaine d’années, que l’absorption de l’intestin grêle était parfaitement efficace et ne laissait passer que les nutriments essentiels, soit l’eau, les ions, les vitamines, les sucres et les graisses simples, ainsi que les acides aminés. Mais on sait aujourd’hui que même chez un sujet sain, l’étanchéité de l’intestin grêle est imparfaite. En effet, deux chercheurs, Walker et Isselbaker, ont découvert qu’environ un millième des protéines intactes parviennent ainsi dans le sang.

Mais ce qui est plus grave, c’est qu’on a détecté un problème de perméabilité intestinale exagérée dans de nombreuses maladies. En effet, quand l’intestin devient poreux, des molécules trop grosses passent alors dans le sang. Celles-ci peuvent déclencher la réaction immunitaire parce que ces molécules sont perçues comme des substances étrangères.

 

L’ALIMENTATION MODERNE EN CAUSE

Savons-nous jusqu’à quel point notre alimentation a changé et quelles en sont les conséquences sur notre santé intestinale ? Plusieurs chercheurs se sont penchés sur cette question, dont Guy-Claude Burger et Catherine Kousmine, qui ont eu une influence certaine dans le domaine de la nutrition.

Également, le Dr Jean Seignalet, chercheur spécialisé en immunologie, rhumatologie et nutrithérapie, s’est attardé à démontrer comment les aliments sont transformés dans le corps d’un point de vue biochimique et comment l’alimentation moderne est devenue néfaste pour la santé. Il a fondé ses dires sur les découvertes réalisées dans les divers domaines de la médecine et de la biologie, dont la physiologie cellulaire, pour démontrer comment un individu peut passer d’un état de santé à un état pathologique en rapport avec son alimentation.

Celui-ci a aussi mis en lumière l’évolution de l’alimentation au cours de l’histoire de l’humanité pour démontrer sa théorie. Entre autres, il mentionne que l’ancêtre de l’homme, vieux de cinq millions d’années, a consommé pendant longtemps principalement de la viande crue, du poisson, des œufs, du miel, des céréales sauvages, des légumes et des fruits. Le seul lait qu’il consommait venait de la mère et seulement lorsqu’il était nourrisson. C’était un nomade et il vivait de la chasse et de la cueillette.

 

Les changements alimentaires dans l’évolution humaine se résument ainsi :

La consommation de céréales domestiques.

Les céréales de l’époque préhistorique n’ont plus aucun rapport avec les céréales d’aujourd’hui. D’une part, elles ont subi des changements de structure en raison des méthodes d’agriculture, dont les techniques de sélection, les hybridations et la transplantation des espèces dans des milieux nouveaux, transformant les protéines au gré des modifications de l’environnement et dont les enzymes de l’homme ne sont plus adaptées. Le gluten a été mis en cause dans plusieurs maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, la maladie cœliaque, certaines migraines et le diabète juvénile.

 

La consommation de laits animaux et de leurs dérivés

L’homme a été, pendant des millions d’années, à ne consommer que du lait humain dans la petite enfance. Mais avec l’élevage des vaches, il y a 9000 ans, on a commencé à consommer le lait de vache et ses dérivés. Mais c’est surtout depuis les cinquante dernières années que le lait de vache a pris une place prépondérante dans l’alimentation. Or, du point de vue biochimique, le seul lait adapté pour l’homme est celui de sa mère. On a noté chez plusieurs enfants et adultes des intolérances au lait de vache et on soupçonne souvent qu’il jouerait un rôle dans plusieurs maladies graves, dont le diabète juvénile, la maladie de Crohn et d’autres maladies auto-immunes.

 

La cuisson des aliments.

La cuisson engendre plusieurs modifications des structures moléculaires des aliments qui ne trouvent pas toujours une correspondance avec nos enzymes. Certaines substances deviennent carrément indigestes ou cancérigènes lorsque cuites. Les modifications induites par la chaleur aux aliments sont plus importantes au fur et à mesure que la température monte et que la cuisson est longue. Il faut donc éviter les grillades et les fritures et opter pour la cuisson à l’étouffée ou à la vapeur mi-douce.

 

La préparation des huiles.

Avant la dernière guerre, on produisait des huiles extraites par pression à froid. Avec cette période austère, on a voulu rentabiliser le processus en chauffant celles-ci, perdant du même coup les acides gras essentiels ou la vitamine F, si importante dans plusieurs fonctions du corps.

La pollution alimentaire et la baisse en nutriments essentiels, dont les vitamines et minéraux dans les aliments en raison de l’introduction de l’agriculture industrielle.

Le Dr Seignalet a donc été l’instigateur de l’approche nutritionnelle dite hypotoxique pour combattre la douleur chronique et contrôler les maladies inflammatoires, après avoir passé vingt années de sa carrière à tenter d’aider les gens atteints de maladies inflammatoires avec des résultats plutôt mitigés. Deux mille cinq cents patients plus tard, 80 % ont répondu positivement au régime hypotoxique avec rémission de la maladie et disparition de la douleur.

En résumé, le régime hypotoxique du Dr Seignalet consiste à éliminer les produits laitiers d’origine animale et leurs dérivés, toutes les céréales contenant du gluten, ainsi que l’exclusion des sucres, d’aliments cuits à haute température ( àplus de 110degrésCelsius),des huiles raffinées et une consommation élevée d’aliments biologiques pendant au moins trois mois.

 

QUELQUES SOLUTIONS

Le régime hypotoxique est, à coup sûr, la première étape à mettre en place. Il est important également de donner au corps les nutriments nécessaires pour rendre le système immunitaire efficace. Cela permet de contrôler l’inflammation et de diminuer les substances toxiques produites qui peuvent l’aggraver.

Par exemple, certains gras, comme les huiles de poisson, agissent comme des anti-inflammatoires sans risque de détruire la muqueuse intestinale. Plusieurs phytonutriments peuvent également aider. Par exemple, les vitamines C, B, E, le zinc, le bêta-carotène, le magnésium et les probiotiques sont quelques-unes des recommandations qu’un naturopathe agréé fera selon l’évaluation de votre état. Un tel protocole permettra d’arrêter la cascade inflammatoire et pourra diminuer les douleurs associées.

Entre la santé parfaite et la mort, il existe toute une gradation des problèmes de santé, allant des problèmes subcliniques aux troubles fonctionnels ou lésionnels. Le fonctionnement sous-optimal des cellules ne se fait pas sentir au début, mais avec le temps, on commence à sentir de la fatigue, à avoir des migraines ou certains malaises…

Avec une alimentation non adaptée, la santé continue de se détériorer et on commence à voir apparaître des pathologies que le médecin pourra identifier clairement. C’est ce qu’on appelle en bon français, le début de la fin ! Le Dr Seignalet affirme que pour éviter les maladies de civilisation, il faut se rapprocher le plus possible de l’alimentation des temps anciens.

 

 

RÉFÉRENCES

BLAND, Jeffrey S. Ph. D.

The 20-day rejuvenation diet program, Keats Publishing.

ERASMUS, Udo. Fats that heal, fats that kill, Alive books.

LAGACÉ, Jacqueline Ph. D.  Comment j’ai Vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation, Groupe Fides.

MURRAY, Michael N.D. Encyclopedia of natural medicine, Prima publishing.

SEIGNALET, Dr Jean. L’alimentation ou la troisième médecine, collection Écologie humaine.

VACHON, Carol. Pour l’amour du bon lait, Éditions Convergent.