Les émotions : sources ou pertes d’énergie ?

Publié le 20 février 2016
Écrit par Francine Dubuc, T.S., PCC, n.d.

Les émotions : sources ou pertes d’énergie ?
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Dans un article précédent, nous faisions mention du fait que les émotions étaient « de l’énergie en mouvement ». Cette énergie est disponible lorsqu’elle n’est pas bloquée et nous anime. Nous sommes alors dans le « flow », comme le dit si bien une expression anglaise que nous pourrions traduire par « le courant ». Nous ressentons un sentiment d’engagement total et de réussite1 .

En fait, nous faisons l’expérience de la sérénité avec le présent au lieu de la résistance. Dans cet état d’être, notre énergie vitale est soutenue et nous permet de réaliser nos projets de vie tout en prenant soin de nous.

Les émotions libres d’expression sont donc une source d’énergie. Par exemple, la joie qui accompagne l’enthousiasme va nous propulser vers les plus hauts sommets, tandis que la colère, aussi source d’énergie, peut se transformer par exemple en une « volonté de fer » à changer les choses et à cesser d’accepter l’inacceptable.

De leur côté, les émotions bloquées sont plutôt des pertes d’énergie. Si nous pouvions mesurer l’énergie nécessaire pour retenir nos larmes, notre colère et nos mots, nous serions probablement tous étonnés de la quantité d’énergie utilisée, voire gaspillée. Quand l’énergie est bloquée par des émotions refoulées ou retenues, nous sommes en fait, consciemment ou inconsciemment, coupés de notre énergie vitale. Nous fonctionnons alors à 80 %, 50 %, voire 10% de notre plein potentiel. Sur une période prolongée, ces émotions bloquées progressivement nous vident de notre énergie vitale et peuvent affaiblir notre système immunitaire et même réduire notre capacité à prendre soin de nous-mêmes.

 

POURQUOI BLOQUONS-NOUS NOS ÉMOTIONS ?

Quand nous vivons un grand stress ou un choc émotionnel, plusieurs processus physiologiques se mettent en fonction et trois réactions sont possibles : fight (confronter), flight (fuir) et freeze (paralyser).

Dans le fight, notre rythme cardiaque et la pression artérielle augmentent, nous «bouillons» et nous sommes prêts à nous battre comme le lion pour son territoire. Dans le flight, des réactions physiologiques similaires se produisent, par contre nous l’utilisons afin de fuir le danger. Dans le freeze, nous arrêtons de respirer et dépenser, le corps devient rigide et nous ne bougeons plus.

Si après le choc nous sommes soutenus et pouvons exprimer librement les émotions que cela nous a fait vivre et nous en libérer, nous retournerons dans le flow plus rapidement. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Pour différentes raisons, dans les cas de chocs émotionnels, en général dans nos familles et notre société, nous ne parlons pas de l’événement. Nous essayons de l’oublier ainsi que de nier même nos émotions. C’est dans un premier temps un pur mécanisme de protection. Si nous restons à ce stade de négation, nous ne permettons pas alors à la blessure émotionnelle d’amorcer le processus de guérison, alors que socialement, nous sommes plus à l’aise et proactifs quand il s’agit de blessures physiques.

Prenons un exemple pour illustrer ce concept théorique. Vous avez un accident de la route et vous vous retrouvez la tête dans le pare-brise.

Vous avez mal au cou et vous dites que ça va passer. Vos muscles du cou se sont contractés pour vous protéger et ceux-ci ont déplacé avec le temps vos vertèbres cervicales. Si vous aviez reçu rapidement des soins (de physiothérapie, d’ostéopathie, de chiropractie ou d’ergothérapie), vous auriez pu rééduquer vos muscles, et votre cou aurait pu retrouver sa courbe normale.

En pensant que ce n’était pas grave et que ça allait passer, les années ont effectivement passé, vous avez toujours de plus en plus mal au cou et, finalement, vous choisissez de consulter. La rééducation musculo-squelettique dans cet exemple sera probablement plus longue et douloureuse. Dans le cas d’une blessure émotionnelle, ne pas être soutenu dans l’expression des maux émotionnels d’une façon précoce aura un impact négatif progressif sur votre énergie vitale, votre santé physique et votre capacité à vous réaliser pleinement.

 

LES ÉMOTIONS : SOURCES OU PERTES D’ÉNERGIE ?

Avez-vous déjà pensé que, dans notre société nord-américaine, les blessures émotionnelles sont considérées comme des faiblesses et même une honte ? Il n’y a pas véritablement de statistiques à diffuser, mais socialement, nous avons encore assurément plus de facilité à consulter un médecin, non seulement parce que c’est un service payé par nos impôts, mais parce qu’il existe encore une certaine gêne sociale à consulter un psychologue ou un travailleur social.

Pourtant, c’est un signe de grande sagesse, d’amour et de responsabilité envers soi et son bien-être que de vouloir s’occuper de nos blessures autant physiques qu’émotionnelles. Il est temps de cesser d’avoir honte de ses blessures émotionnelles. Lorsqu’on est enfant, personne ne peut être tenu responsable des blessures émotionnelles vécues. En tant qu’adulte, c’est pourtant un acte d’amour et d’être un bon parent pour soi que de consulter un professionnel. Vous n’iriez pas vous faire opérer à cœur ouvert si le spécialiste ne vous inspirait pas confiance, n’est-ce pas ?

Il est vrai que sur plan émotionnel, ce n’est pas aussi évident qu’une jambe fracturée. Par contre, dans le cas de ces deux blessures, elles nous empêchent d’avancer avec plus d’aisance et de plaisir. Dans les deux cas, marcher avec une blessure demande beaucoup plus d’énergie. Nous pouvons aussi choisir d’anesthésier les symptômes, qu’ils soient physiques ou émotionnels, afin de continuer d’avancer malgré tout.

La psychologie a relevé cinq blessures : le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison et l’injustice2 .

Nous parlons ici des blessures émotionnelles de l’enfance auxquelles nous portons peu d’attention. Elles peuvent  par contre bien inconsciemment nous rendre de la vie misérable et même nous drainer de notre énergie vitale. Retenir  ou endormir des émotions trop souffrantes est un mécanisme de protection et de survie essentiel. Cela permet de fonctionner dans le monde, mais draine énormément de notre énergie vitale. Il est toujours le temps de choisir de s’aimer et de faire la paix avec le passé pour mieux vivre son présent. Tout porte à penser qu’intégrer vos blessures qui ont trop souvent empoisonnée ou du moins saboté vos meilleures intentions est le chemin de retour à soi. Les intégrer permettra ainsi de retrouver votre énergie vitale, de vous sentir plus libre et de vivre pleinement votre vie.

Vous pouvez bien prendre soin de votre corps physique, par une alimentation saine et de l’activité, mais finalement, le corps émotionnel va vous demander son attention, à moins qu’il ne l’ait déjà fait en vous apportant de multiples symptômes physiques, émotionnels et relationnels.

 

COMMENT INTÉGRER SES BLESSURES ?

Tant que votre démarche thérapeutique sera subtilement de la violence dirigée contre votre partie blessée, peu de véritables transformations seront possibles. En d’autres termes, tant que vous irez en thérapie pour arrêter de sentir cette partie blessée ou cet enfant intérieur blessé, vous ne ferez que continuer un combat intérieur sans gagnant, à l’exception de « votre corps de souffrance », comme le nomme l’écrivain et conférencier allemand Echkart Tolle, dans son livre Une nouvelle terre3. Celui-ci se fera un devoir de soutenir vos croyances limitatives dans l’espoir de pouvoir vous protéger de blessures futures. C’est certes paradoxal !

 

UN PROCESSUS QUI VOUS REDONNE TOUTE VOTRE VITALITÉ

Le début du processus de guérison ou d’intégration est de prendre soin de cette partie blessée au lieu de la rejeter, de l’ignorer ou de l’anesthésier. Accueillir et ressentir vos émotions sans jugement vous permettra de les intégrer. Vous sentirez grandir en vous plus d’amour et d’estime du Soi4. La pratique de la méditation pleine conscience (MBSR pour « Mindfulness-Based Stress Reduction 5 ») ou une approche telle que la psychothérapie corporelle intégrée (PCI6) seront des voies facilitantes. Votre confiance en vous et votre capacité de prendre soin de vous augmentera. Vous vous sentirez pleinement vivant.

 

 

RÉFÉRENCES

1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Flow_psychologie

2 BOURBEAU, Lise, Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même.

3 TOLLE, Echkart, La nouvelle terre.

4 MONBOURQUETTE, Jean, De l’estime de soi à l’estime du Soi, 2001, Montréal, Novalis.

5 http://medecine.umontreal.ca/communaute/les-etudiants/bureau-des-affaires-etudiantes-vie-facultaireet-equilibre-de-vie/essence/

6 http://www.institutpci.com/Approche/