Les hypersensibilités environnementales et chimiques

Publié le 15 septembre 2018
Écrit par Marie Michèle Breton, nd.a.

Les hypersensibilités environnementales et chimiques
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Selon les dernières études (2007), 3 % des Canadiens et Canadiennes affirmaient avoir reçu un diagnostic de SCM (sensibilités chimiques multiples) de leur médecin, selon Statistique Canada et environ un tiers des gens éprouvent parfois de l’inconfort causé par des facteurs présents dans leur environnement.

 

Et en 2004, dans le cadre du premier sondage national américain en la matière, 11,2 % des Américains et Américaines disaient éprouver une hypersensibilité inhabituelle. Selon Santé Canada, cette maladie est en pleine émergence !

En 1999, 34 chercheurs nord-américains ont adopté la première définition consensuelle de la « sensibilité chimique multiple ». Bien qu’elle ne soit pas reconnue officiellement par l’OMS, elle a été publiée dans la revue scientifique Archives of Environmental Health. Selon cette définition, il s’agit d’un syndrome chronique dont les symptômes sont reproductibles à la suite des expositions chimiques à des doses plus faibles que celles qui sont normalement tolérées. Ces symptômes sont « multisystémiques », car ils touchent plusieurs organes et s’atténuent ou disparaissent lorsque l’on cesse de s’exposer aux diverses substances chimiques qui les déclenchent.

Les « hypersensibilités environnementales » incluent les produits chimiques (produits ménagers, engrais, cigarettes, émanations de gaz, pesticides, solvants, parfums, etc.), les moisissures et les champs électromagnétiques (wifi, compteurs intelligents, etc.).

L’hypersensibilité environnementale peut apparaître graduellement à la suite d’une exposition chronique à des concentrations faibles de produits chimiques ou de champs électromagnétiques ou peut se manifester soudainement après une exposition majeure. Par exemple, lors d’une exposition aux parfums ou d’un déversement de produits chimiques. Toutefois, une exposition régulière à un élément auquel une personne est hypersensible peut entraîner une accoutumance aux symptômes. Cette dernière en vient à accepter ses problèmes de santé comme une chose normale.

Les symptômes sont très vastes, ce qui rend le diagnostic très difficile. Notons certains symptômes les plus fréquents qui affectent les « personnes hypersensibles » :

  • maux de tête / étourdissements / perte d’équilibre
  • troubles nerveux : anxiété, dépression, troubles de concentration, de mémoire, d’humeur, etc.
  • troubles de sommeil
  • douleurs chroniques
  • acouphènes
  • fatigue chronique et fibromyalgie.

Les symptômes peuvent s’aggraver avec le temps et les expositions et peuvent parfois ressembler à des symptômes d’allergies.

 

Champs électromagnétiques

Les gens « hypersensibles » peuvent rencontrer des problèmes à proximité de tout équipement électrique, comme par exemple des lignes électriques, des ordinateurs, des téléphones mobiles, du wifi, des satellites ou, en fait, l’un des nombreux appareils électroniques modernes. Parfois, la sensibilité électrique peut devenir si grave qu’une personne devient incompatible avec la technologie et incapable de fonctionner dans l’environnement moderne.

Selon le Dr Igor Belyaev, professeur de génétique toxicologique à l’Université de Stockholm, « les gouvernements et les industries du sans-fil ne citent que les études qui font fi des variables physiques et biologiques qui expliquent pourquoi les faibles doses répétées de radiofréquences peuvent être nocives2.

 

Impact collectif

On pourrait penser que les personnes qui souffrent d’hypersensibilités environnementales seront comprises par leur entourage, mais c’est rarement le cas. Elles ne sont pas prises au sérieux ou ne sont tout simplement pas crues. Elles auront à affronter des collègues qui portent des parfums, des voisins qui utilisent encore des pesticides, un concierge d’établissement qui utilise des produits de nettoyage chimiques auxquels elles réagissent.

En plus d’être malades, elles doivent demander un accommodement ou une dérogation dans leur milieu de travail. Parfois, certaines perdent leur emploi. Évidemment, ce n’est pas le cas de tout le monde, mais il est clair que les hypersensibilités environnementales provoquent une réaction généralement plus négative que d’autres types de maladies chroniques plus connues, comme les allergies, les problèmes de cœur, etc.

 

Belles initiatives

Les politiques publiques, les lois et les règlements progressent en vue de protéger les gens contre les facteurs déclencheurs d’hypersensbilité, comme la fumée de tabac, les pesticides, les parfums et les autres produits chimiques présents dans les lieux publics.

Lorsque la capacité d’un individu à métaboliser des produits chimiques et des toxines étrangères est compromise, les produits commencent à s’accumuler, et la charge toxique totale dans le corps augmente. On pense que les gens qui souffrent de sensibilités chimiques ont une charge toxique totale élevée dans le corps.

Le corps étant préoccupé par la tâche de traiter les toxines peut ne pas être en mesure de traiter correctement les produits chimiques supplémentaires de l’environnement3.

L’objectif de traitement primaire pour les gens présentant une sensibilité chimique est d’abaisser leur charge totale grâce à la désintoxication. Les suppléments de vitamines et de minéraux sont également utiles dans la gestion des sensibilités chimiques, car ils fournissent au corps des nutriments et des coenzymes appropriés pour effectuer les fonctions métaboliques. Ce fut le cas pour les pompiers et les travailleurs du World Trade Center à New York, en 2001, puisqu’ils ont été exposés à une multitude de substances lors de l’évènement. Bon nombre ont souffert de graves difficultés respiratoires, de même que d’hypersensibilité environnementale. Certaines personnes ont été traitées avec un régime de détoxification ainsi qu’au moyen de sauna, combinés à l’administration d’antioxydants et de suppléments d’acides gras essentiels afin d’accroître l’élimination des contaminants.

Quelques conseils de base pour réduire les sources. Notez que chaque individu est différent et que ceux-ci sont à titre informatif.

  • La consommation d’eau purifiée ou d’eau de source peut réduire l’exposition aux contaminants présents dans l’eau.
  • La ventilation manuelle par l’ouverture des fenêtres, si possible, ou grâce à un système de ventilation pour diminuer les émanations de gaz, comme le dioxyde de carbone (CO2), le monoxyde de carbone, les composés organiques volatils (COV), les métaux lourds, les bactéries, les particules et les spores de moisissures, etc.
  • Utilisation de matériaux de construction sains sans émanation de COV.
  • Des systèmes de filtration de l’air grâce aux filtres HEPA en milieu de travail et à la maison.
  • Utilisation de plantes : les plantes « araignées », les lierres, les plantes « caoutchouc » ficus, le philodendron roux, etc. peuvent aider à purifier l’air des chambres et des pièces de la maison4.
  • L’évaluation des réserves de minéraux sanguins est recommandée de même que celle des métaux lourds, ainsi que l’apport en zinc, minéral essentiel à l’activation des enzymes.
  • Éviter l’utilisation de parfums : ils se retrouvent dans bien des produits corporels et ménagers (savons, assouplisseurs, papiers mouchoirs, lingettes, etc.). Ils sont beaucoup plus forts et persistants qu’autrefois. Plusieurs organisations ont des politiques de milieu de travail sans parfum, le but étant de prévenir les nouveaux cas d’hypersensibilité aux produits chimiques.
  • Utilisation d’un sauna infrarouge, les toxines peuvent être retrouvées dans différents compartiments du corps, y compris : l’urine, le sang, les cheveux, la sueur et la graisse corporelle. Dans cette optique, les séances de sauna, d’épuration par la chaleur, peut être une des avenues intéressantes, à raison d’environ 30 minutes par jour et en augmentant la durée et la fréquence doucement, selon M. Clément, cofondateur de l’Institut Hippocrate.
  • Supporter la phase 2 de détoxification du foie : cette phase est essentielle afin de convertir les toxines liposolubles en substances hydrosolubles qui peuvent être excrétées dans l’urine. Parfois, certains suppléments plus spécifiques sont nécessaires5.

 

Comme support au niveau alimentaire, on peut penser aux :

  • aliments crucifères (chou de Bruxelles, brocoli, chou-fleur, chou frisé, radis, etc.), pour les glucosinolates
  • carottes, betteraves et aubergines pour leur teneur en flavonoïdes et en bêtacarotène, ainsi qu’à la pomme pour sa richesse en pectine
  • oignons, ail, poireaux et œufs, pour leur teneur en soufre et en sélénium.

Ces aliments devraient être cultivés de façon biologique, idéalement. Les phases de détoxification peuvent aussi être inhibées par des carences nutritionnelles, des expositions toxiques, une faible consommation de protéines, la consommation d’alcool et la prise régulière d’acétaminophène.

Pour une approche personnalisée, consultez un professionnel de la santé ou un naturopathe agréé.

 

RÉFÉRENCES

1-3. SEARS, Margaret E. (M.Ing., Ph.D.). Le point de vue médical sur l’hypersensibilité environnementale, Commission canadienne des droits de la personne, mai 2007.

2. FAUTEUX, André. « Les compteurs intelligents causent le cancer » – Igor Belyaev, du laboratoire de radiobiologie de l’Académie des sciences russe, La maison du 21e siècle, 5 octobre 2015.

4. http://www.wolvertonenvironmental.com/

5. http://balancedconcepts.net/Ottawa Environmental Health Clinic

Association québécoise pour la santé environnementale du Québec Hypersensibilité environnementale – Tour d’horizon médical, 2007