Les plantes alliées des nerfs fragiles

Publié le 20 octobre 2017
Écrit par Anny SCHNEIDER, Auteure et herboriste-thérapeute accréditée

Les plantes alliées des nerfs fragiles
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« Très tôt, j’ai su qu’il faudrait appeler la nature et les mots à mon secours. J’avais découvert que certains livres et certaines plantes avaient le pouvoir de calmer la mélancolie, la tristesse et le chagrin. »

 

Ça y est, l’automne est revenu, avec sa routine de travail, d’études et de grisaille humide. Les êtres les plus sensibles, dont l’énergie vitale est limitée ou au tempérament mélancolique souffrent plus facilement du manque de chaleur et de lumière, se laissant submerger par les irritants de toutes sortes.

Dans la grande pharmacopée de la nature, guérissante par son essence, il existe de nombreuses plantes bénéfiques pour notre système nerveux et notre psyché, affligés par les aléas parfois pénibles du quotidien ou encore par la simple dépression saisonnière qui atteint des sommets à l’automne.

La Théorie des signatures de Paracelse et celle de Samuel Hahnemann disaient que : « Le semblable guérit le semblable. »

À vous de voir quel auteur et quelle plante particulière conviennent le mieux à votre malaise, à votre tempérament et à votre physionomie. La plupart du temps, pour mieux vous imprégner de votre totum ou de votre personnalité dans sa totalité, choisissez une seule plante à la fois, ou alors faites confiance à un thérapeute expérimenté pour vous composer une synergie adéquate personnalisée.

 

FEUILLES BIENFAISANTES

En premier, détaillons les feuilles qui soignent le mieux le moral, ou plutôt les parties aériennes de ces plantes pronervines cueillies en tout début de floraison.

  • Basilic sacré (Ocimum tenuiflorum ou Ocinum sanctum), aussi surnommé « tulsi »

Révéré dans la médecine ayurvédique, ce basilic exotique est facile à cultiver comme annuelle en terre ou sur un balcon. On consomme la plante entière cueillie en début de floraison ou encore sa teinture mère. C’est aussi un régulateur du taux du sucre, un anxiolytique et un euphorisant tout en ayant des propriétés digestives et immunostimulantes.

  • Cataire (Nepeta cataria)

Cette autre lamiacée très aromatique rend les matous fous, mais réconforte en douceur les personnes irritées. Même chez les enfants, elle aide à calmer les tensions, à adoucir nos mauvais plis et à relâcher les nerfs trop tendus.

  • Mélisse (Melissa officinalis)

Utilisée depuis des siècles en officine pharmaceutique, comme son nom l’indique, cette lamiacée cultivée au parfum citronné est très efficace pour diminuer l’excès de tension nerveuse et même artérielle. Elle se cueille en tout début de floraison et se boit en tisane, le jour pour se calmer, le soir pour mieux rêver, avant ou entre les repas pour un meilleur effet.

  • Scutellaire (Scutellaria baikalensis ou lateriflora)

Cette discrète petite plantule des bords d’eau douce ou de culture est reconnue comme étant calmante, équilibrante et réparatrice des surrénales et des nerfs épuisés par trop de tensions accumulées. Elle aide aussi à se sevrer des alcaloïdes toxiques.

 

LES MEILLEURS FLEURS POUR SOULAGER LES NERFS ÉPROUVÉS

  • Avoine fleurie (Avena sativa)

C’est son épillet en tout début de floraison, gorgé du lait nutritif précédant le grain riche en amidon qu’on cueille, toujours au zénith d’une journée bien ensoleillée. Elle possède de nombreuses propriétés : anti-inflammatoire, anti-septique, aphrodisiaque, astringente, cholagogue, dépurative, émolliente, hypocholestérolémiante, hypoglycémiante, laxative, nervine, régénérante, reminéralisante, sédative et tonique, l’avoine fleurie en tisane ou en teinture mère a toutes ces qualités.

  • Camomille (Matricaria recutita)

Aussi appelée « camomille allemande », cette chère petite fleur étoilée adoucit tous les angles, des intestins irrités aux irritants du quotidien. On peut simplement la consommer en tisane à raison de quelques fleurs par tasse, le jour pour se calmer et le soir pour mieux dormir et rêver. Utile en psycho- phytothérapie, elle adoucit aussi, par son élixir floral ou son observation attentive, les angles et les étapes charnières parfois difficiles de nos vies : deuil, divorce, perte d’emploi. Elle aide aussi à mieux se recueillir et à méditer plus aisément. Effet pro-sérotonine et pro-sérénité.

  • Lavande (Lavendula officinalis, vera, stoechas et ssp)

Parmi les 25 espèces de lavande toutes originaires du Moyen-Orient, il existe plusieurs cultivars très résistants à nos hivers mordants. La lavande est calmante, antiseptique, hypotensive et insectifuge (poux, tiques, moustiques…). On l’utilise également en fine cuisine. L’application de son huile essentielle sur nos centres énergétiques aide à surmonter nos préoccupations trop matérialistes et à élever nos objectifs.

  • Houblon (Humulus lupulus)

Cette fleur-fruit de la famille des cannabinacées est un calmant bien connu des buveurs de bière. Le houblon a aussi des effets pro-œstrogéniques, donc anaphrodisiaques, surtout chez l’homme. Chez la femme, par contre, il calme l’agitation excessive, les chaleurs et l’irritation reliées à la ménopause.

  • Millepertuis (Hypericum perforatum)

Cette jolie fleur luisante en étoile épanouie, cueillie à partir du solstice d’été, soigne les dépressions modérées en augmentant notre degré de sérénité. En externe, sa macération dans l’huile guérit les brûlures et les névralgies et soulage même le zona. Attention ! Le millepertuis interagit avec beaucoup de médicaments de synthèse, il est si puissant qu’il inhibe leurs effets.

  • Pavot (Papaver rhoas)

Ses délicats pétales sont adoucissants, calmants et excellents contre les affections pulmonaires. Ses pétales se mangent en salade ou se boivent en infusion, en sirop ou en teinture mère. Le latex de son parent, le pavot de l’Himalaya, principale source d’opium, est très connu et utilisé en médecine allopathique. Son cousin, autre annuelle d’un beau jaune ou orange vif, le pavot de Californie ou Escholtzia californica, a également des effets euphorisants et calmants.

  • Passiflore (Passiflora incarnata)

Reconnue comme anxiolytique et sédative par l’ESCOP (Europeen Scientific Cooperative on Phytotherapy), mais depuis des millénaires par les herboristes d’Amérique tropicale, cette magnifique fleur aiderait à surmonter nos obsessions et passions destructives. Assez aisée à cultiver comme annuelle, cette magnifique fleur grimpante stylisée est malheureusement rarement fraîche de l’année dans les remèdes en vente sur nos tablettes.

  • Rose (Rosa centifolia, damascena, eglanteria, rugosa)

La reine de fleurs, dont il existe des milliers de variantes, si elle est cultivée sans pesticides, régénère les muqueuses et la peau, tout en fortifiant le thymus, donc l’immunité. Elle évoque la beauté luxuriante d’une vie épanouie. Elle favorise la créativité, le sens de l’harmonie et de l’humour, mais aussi la compassion et la générosité. Elle peut se consommer ajoutée à une salade, en tisane, en gelée, en élixir, en hydrolat ou à la goutte sous forme d’absolu, pur ou dilué, comme parfum des grandes occasions.

  • Tilleul (Tilia americana ou Tilia cordata)

Ce sont les fleurs suaves de cet arbre si utile qu’on cueille autour du solstice d’été. On peut les consommer en tisane ou en teinture mère. Le tilleul soulage l’excès de fébrilité et l’anxiété causée par la surchauffe mentale improductive et nuisible. Grâce à ses bractées ailées et ses composantes, il aide l’esprit à s’envoler sur les ailes libératrices du sommeil réparateur.

  • Ginseng (Panax quinquefolius, Panax ginseng ou Elotherococcus senticosus)

Notre ginseng indigène, éradiqué en nature, est désormais cultivé intensivement, surtout en Ontario. La variété Panax vient de Chine ou de Corée et convient mieux aux hommes à cause de ses effets androgéniques. L’éleuthérocoque originaire de Sibérie a surtout des effets pro-surrénaliens et adaptogènes, convenant plus aux dames épuisées. Ils se consomment tous le jour, de préférence, comme tous les toniques adaptogènes.

  • Valériane (Valeriana officinalis)

Cette jolie fleur blanche et rosée au parfum enivrant est reliée à une sombre racine fasciculée foncée au parfum repoussant. Par contre, celle-ci est un des meilleurs calmants du système neurosensoriel. Ce n’est pas pour rien qu’on nomme la valériane le « valium végétal ». Elle est indiquée pour calmer les tensions nerveuses et même les crampes intestinales. À cause de son odeur fétide, il est plus logique de la consommer en teinture mère diluée dans du jus.

  • Kava kava (Piper Methysticum)

Arbuste de la famille des poivres, il est très présent en Polynésie, où on fait un vin fermenté consommé durant les fêtes et rituels initiatiques. Sa racine en capsules fut longtemps interdite à la vente en Occident, à cause d’un lot japonais contaminé d’une plante toxique. Au Canada, il est à nouveau en vente et c’est tant mieux, car chez certains sujets, il résout les problèmes d’insomnie mieux que toute autre plante.

  • Griffonia simplicifolia ou 5HTP

Rare légumineuse arbustive, c’est une graine sédative poussant dans les antipodes africains. Grâce à son tryptophane assimilable, elle active la sérotonine et même la mélatonine. Prise le jour (de 25 à 200 mg, selon votre chimie), elle a des effets antidépresseurs indéniables et aide aussi à relaxer les muscles en cas de spasmes ou de fibromyalgie. C’est le meilleur remède naturel pour se sevrer des antidépresseurs, en suivant néanmoins la procédure adéquate.

 

Jouissez de votre mieux des dons et privilèges que la vie vous accorde et n’oubliez pas d’aller régulièrement vous promener dans les bois, si odorants et colorés en cette saison, et surtout, de faire le plus souvent ce que vous aimez vraiment !

 

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