Plantes idéales pour bien vieillir

Publié le 20 janvier 2017
Écrit par Anny SCHNEIDER, Auteure et herboriste-thérapeute accréditée

Plantes idéales pour bien vieillir
Coffret Deuil (1)

Mourir cela n’est rien / Mourir la belle affaire / Mais vieillir… ô vieillir ! – Jacques Brel

 

C’est un fait établi : pour vivre longtemps, nous n’avons pas le choix, il nous faut vieillir. Notre corps est le résultat de notre vécu, de nos choix de vie, de notre alimentation, de notre manière d’être, de penser et de bouger, tout cela durant nos quatre-vingts ans et plus d’existence terrestre.

Quel que soit notre âge, plus on est satisfait de nos choix et de notre mode de vie, plus on est autonome et rayonnant, donc attrayant pour les autres. Il est naturel d’être rebuté par une personne triste, peu soignée, acariâtre, laide et méchante de surcroît, et d’être plutôt attiré par les êtres joyeux, positifs, bien dans leur peau et attentifs à leurs semblables.

Mais, enfin, nous sommes tous les produits de notre histoire, plus ou moins facile, et à partir de 70 ans, parfois plus tôt, nous sommes diminués par l’usure du temps et la dégénérescence cellulaire.

 

RESPECT ET BONS SOINS POUR LES AÎNÉS

Un adage amérindien, culture qui respecte ses aînés bien plus que la nôtre, dit : « Ne juge pas un être humain avant d’avoir marché mille milles dans ses mocassins. »

Combien les aînés, affaiblis et fragilisés par les épreuves de la vie, mériteraient tellement plus de respect et d’attention, eux, si riches de connaissances et d’expériences vécues, et pourtant si ignorés dans nos sociétés occidentales désormais si déshumanisées !

Ayant été élevée par une adorable grand-tante, partie à 94 ans, après avoir connu trois guerres, cinq fractures majeures et tant de changements ; ce fut pourtant la meilleure éducatrice que j’ai eue de ma vie. Par conséquent, j’ai un préjugé très favorable envers les personnes très âgées, surtout si elles sont dignes, coquettes, drôles et encore curieuses du reste du monde et de leurs semblables, comme le fut cette chère tante Louise !

Étant moi-même à l’aube de l’âge d’argent, je déplore le « jeunisme », autant des aînés revampés à coup de Botox et de fringues trop à la mode, que des jeunes adultes qui nous discriminent simplement à cause de nos plis inévitables, notre apparence un peu surannée et nos années au compteur… Vaste sujet !

Par contre, là où nous avons un certain pouvoir, c’est celui sur notre corps, fragile esquif, mais seul véhicule pour rendre notre âme à un mystérieux bon port. À nous, en premier, de l’entretenir de notre mieux.

À une époque où la maladie (ou le système de santé) dévore environ 50 % du budget national, notre désir d’autonomie physique durable, de plaisirs légitimes mais mesurés, d’une bonne gestion de notre santé par les produits naturels et les plantes qui soignent si bien, est plus que souhaitable, voire nécessaire.

Avec une trentaine d’années d’expérience en naturothérapie élargie, je peux attester haut et fort que les aînés qui se sont nourris et soignés au naturel une bonne partie de leur vie sont – vérité de La Palice – très rarement malades, peu médicamentés et, surtout, en bien meilleure forme et plus longtemps heureux de vivre.

 

PLANTES SÉCURITAIRES POUR UNE MEILLEURE CONDITION DE SANTÉ DES AÎNÉS

Voici des plantes très connues, des simples très efficaces, mais aux effets secondaires mineurs, à dose modérée, même sous médication, et qui ont fait leurs preuves d’efficacité et d’innocuité à travers les époques. La plupart, d’ailleurs, furent largement et longtemps administrées dans la plupart des hôpitaux occidentaux, notamment au Canada, pour calmer, soulager et traiter les patients.

 

LES SIMPLES TOUS AZIMUTS, CONTRE LES DOULEURS, POUR LA SÉRÉNITÉ ET PLUS ENCORE

Camomille (Matricaria chamomilla): cette douce fleurette est une des plus consommées dans le monde entier. Elle se boit chaude, en tisane faite de trois à cinq fleurettes-capitules par tasse, en fin de journée. Elle calme les nerfs, diminue légèrement la pression sanguine et alcalinise le pH du sang et de l’urine. Adoucit les muqueuses et aide à mieux digérer les glucides et matières grasses. Antispasmodique contre les crampes intestinales et musculaires. Diminue la fièvre. De plus, en externe, la brave camomille allemande cicatrise les plaies, des escarres, par exemple, et, ajoutée à une crème hydratante, elle soulage l’eczéma et combat aussi les rides !

Mélisse (Melissa officinalis) : cette lamiacée au goût de citronnelle et aux feuilles gaufrées gagne à être redécouverte, y compris dans les hôpitaux et centres de personnes âgées… Elle facilite la digestion, combat les virus et diminue légèrement la tension artérielle. De plus, elle aide à l’irrigation du cerveau, à combattre l’insomnie et rend plus serein. Le jour, privilégier la tisane, le soir, la teinture-mère. Bio et québécoise, bien évidemment !

Tilleul (Tilia americana, cordata ou europea) : ses feuilles sont anti-inflammatoires, les fleurs et bractées épanouies au solstice d’été sont calmantes, diurétiques et fébrifuges.

 

POUR RENFORCER L’IMMUNITÉ, OS, LYMPHE ET SANG COMPRIS

Souvent, selon la partie utilisée, chaque plante remplit plusieurs rôles précis et agit sur plusieurs organes et systèmes. C’est le cas de celles-ci, essentiellement nutritives et minéralisantes, mais aussi dépuratives et légèrement diurétiques.

Ortie (Urtica dioica): l’ortie est une riche source de protéines, de fer, de calcium et de silice. Elle aide à l’élasticité et au tonus de la trame de l’épiderme en régénérant l’élastine et en rétablissant l’équilibre osmotique nécessaire à l’hydratation et à la rétention d’eau dans les tissus cutanés. Il existe même une gamme de produits (coûteux) riches en silice, essentiellement faits d’ortie ou de lamier. Ils sont également dépuratifs du sang, fortifiants et sélectivement diurétiques, contre les excès d’urates et d’albumine, et protègent la prostate contre l’hyperplasie.

Rose (Rosa rugosa spp.): les pétales de roses sont régénérants, autant contre les ulcères de la bouche que celles des voies inférieures, et soignent aussi les colites en douceur. En externe, l’infusion de pétales de roses ou l’hydrolat, aussi appelé « eau de rose », soignent la couperose, les plis prématurés et le teint brouillé. Les fruits acidulés des rosiers (non traités) en tisane ou en décoction sont d’excellents immunostimulants et antioxydants très rafraîchissants.

Romarin (Rosmarinus officinalis): en tisane, le romarin draine en douceur les émonctoires importants comme le foie et les reins. En outre, il contient énormément d’acide rosmarinique aux puissantes vertus antioxydantes, à tel point qu’on l’utilise souvent comme conservateur. Son huile essentielle en massage ou en bain de pieds tonifie la circulation périphérique.

Trèfle rouge (Trifolium pratense): en été, cueillir les capitules, comme quand nous étions enfants, en sucer le nectar ou les grignoter, ajouter à une salade ses fleurettes ou encore ses graines germées. Boire en décoction la plante fraîche, en tisane ou en teinture-mère, contre les excroissances de toutes sortes, des bouffées de chaleur à l’ostéoporose. Il aide aussi à prévenir l’hyperplasie prostatique chez les hommes âgés, grâce à sa haute teneur en bêta-sistérol.

 

POUR DURER, NETTOYER PONCTUELLEMENT FOIE, REINS ET SANG : UNE BONNE IDÉE !

Chez les aînés, autant que pour les autres individus, la cure de détoxination saisonnière est toujours utile et recommandée. Quand nos filtres fonctionnent bien, que le sang et la lymphe sont clairs et fluides, l’ensemble du corps ne s’en porte que mieux, et le moral aussi.

 

POUR CE FAIRE, CES TROIS SIMPLES CLASSIQUES REMPORTENT LA PALME DE L’ÉPURATION.

Bardane (Arctium Lappa): on l’appelle aussi « tabac du diable »,à tort, car elle n’a rien de toxique, « gracchia » ou « toques ». En interne, sa racine est délicieuse au goût, même en potage. Grâce à son inuline, elle régularise le taux de sucre et soigne aussi les maladies de peau bactériennes ou chroniques. Elle contient des vitamines B1,C et des folates, du fer, du potassium et de la silice.

Ses boutons floraux sont amers au goût, mais soignent les infections urinaires, même l’énurésie, si elle n’est pas trop avancée.

Chiendent (Agropyron repens) : on l’appelle la « peste des jardiniers », et pourtant, les chiens l’adorent et dévorent ses feuilles dès qu’elle pointe dans la neige, pour se purger, à juste titre. On peut en faire des jus verts comme son cousin hybridé qu’est le blé. Elle purifie les intestins et le sang avec ses feuilles coupantes, mais agréablement sucrées, qui sont chargées de chlorophylle et riches en vitamines E et C. Les racines en décoctions répétées sont de puissants dissolvants des pierres aux reins et à la vésicule. Durant deux siècles, les sœurs hospitalières la servaient en décoction aux urémiques.

Pissenlit (Taraxacum officinale) : les premières feuilles de pissenlit du printemps constituent une excellente source de vitamines A et de minéraux (calcium, magnésium, fer). Les fleurs, en salade, en tisane et même transformées en vin, soignent les problèmes de foie. La racine d’automne ou de printemps, riche en inuline et en potassium, entre autres, nettoie à merveille les reins.

Note : comme toutes les plantes diurétiques, on devrait se limiter à les consommer le jour, avant le petit-déjeuner et le repas de midi, par exemple, pour éviter de se lever pour les toilettes la nuit. À noter que ces plantes ont aussi un effet anti-inflammatoire et dissolvent les cristaux d’acide urique et les minéraux (surtout le chiendent et le pissenlit), donc elles combattent également les douleurs articulaires.

 

En attendant, n’oubliez pas cet autre adage populaire : « Plus le corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit !»