Plantes indiquées contre les bobos courants de l’été

Publié le 21 juillet 2016
Écrit par Anny Schneider, herboriste-thérapeute accréditée

Plantes indiquées contre les bobos courants de l’été
Coffret Deuil (1)

« Il n’y aura jamais trop d’arbres dans les forêts, trop de fleurs dans les champs, trop d’étoiles dans les cieux, trop de livres dans nos bibliothèques… » — Martin Faucher, homme de théâtre

 

La belle saison estivale enfin revenue, on peut à nouveau exposer sa peau au soleil et à tous les éléments et recharger nos batteries et réserves de chaleur-lumière, de mélatonine, de sérotonine et de vitamine D.

 

BALLONNEMENTS, INDIGESTION ET AUTRES MAUX ABDOMINAUX ESTIVAUX :

Achillée (Achillea millefolium) : fleur très puissante contre les chaleurs induites par les insolations et les fièvres, en tisane froide.

L’achillée est principalement utilisée pour ses propriétés hémostatiques et toniques veineuses, car broyée, mâchée et appliquée sur une plaie, elle arrête rapidement le sang et désinfecte les plaies.

Elle dilate et tonifie les vaisseaux périphériques en plus d’être antihypertensive, ce qui la rend « passe-partout » et convient à de très nombreux traitements de troubles circulatoires lymphatiques et sanguins, plus courants l’été, surtout chez les personnes âgées ou en surpoids. Ses principes amers lui octroient des propriétés antispasmodiques et digestives, et elle fait merveille en cas de colite ulcéreuse et de gastro-entérite provoquée par des aliments avariés (mayo, œufs, maladie du hamburger) ou encore l’excès de bière, de fruits ou de glucides, dont la fermentation fait ballonner.

 

Fraisier sauvage (Fragaria vesca) : les racines du fraisier sont reconnues comme ayant de puissants effets antidiarrhéiques et servaient aux natifs à se nettoyer les dents et soigner les gencives infectées. Les jeunes feuilles cicatrisent la peau et peuvent se manger en salade, et plus âgées, en soupe. Les fruits sont riches en antioxydants et, en cure soutenue, soignent l’arthrite et la goutte, comme l’attestait même Linné, le père de la botanique.

La fameuse liqueur de racine de fraisier Fowleys fut longtemps un remède privilégié contre la diarrhée et la gastro-entérite.

 

Framboisier commun (Rubus idaeus) : dès la fin du printemps, les feuilles peuvent se manger crues en potage et, plus tard, en décoction ou en tisane. Elles sont alcalinisantes, astringentes et minéralisantes, donc soulagent rapidement la diarrhée ou la déshydratation. Les fruits sont riches en antioxydants, particulièrement les graines, qu’il faut bien mastiquer pour bénéficier de leurs effets immunostimulants, ainsi moins irritants pour le côlon.

Si vous êtes perdus dans un chalet éloigné ou encore en SPM, mesdames, ces propriétés peuvent être très précieuses.

Faire des décoctions ou des tisanes avec les feuilles de première année du framboisier comme tonique utérin, utilisé en gynécologie et en périnatalité alternative.

Un peu similaire, car de la même famille, même si ses fruits mûrissent deux mois plus tard (ne manger que des mûres bien mûres !), ce petit arbuste si accrocheur est étonnant de vigueur et d’adaptabilité. Les feuilles en bouillon, en tisane ou séchées en infusion soignent les inflammations de la bouche, de la gorge et des intestins. Elles sont riches en chlorophylle et en minéraux. Ses fruits mûrs contiennent du fer et un taux record d’antioxydants.

 

Menthe poivrée (Mentha x piperita ou sa proche cousine, Mentha canadensis) : la menthe poivrée est l’une des plantes aromatiques les plus appréciées, répandues et consommées dans le monde entier. On l’apprécie pour ses propriétés digestives, toniques et rafraîchissantes, même dans les déserts nord-africains. Elle s’ajoute hachée à bien des recettes, des taboulés aux sorbets. Par sa richesse en huiles essentielles (menthol, menthone, etc.), elle combat en externe les douleurs musculaires, articulaires et a des effets désodorisants. À preuve, sa présence dans les bonbons, les gommes à mâcher et même en liqueur digestive (crème de menthe, Ricqlès, etc.). En tisane ou même ajoutée à des plats méditerranéens, elle soulage les gaz et ballonnements provoqués parfois par les gastro-entérites de l’été ou l’excès de fruits peu mûrs et les mauvaises combinaisons alimentaires.

Toujours avoir accès à du charbon activé en cas d’intoxication alimentaire aux plantes méconnues ou aux champignons. Prenez-en en poudre ou en gélules, sinon tiré de bois mou provenant du feu de foyer et réduit en poudre (bouleau, tremble ou tilleul).

 

LES PLANTES CONTRE LES AFFECTIONS CUTANÉES DE L’ÉTÉ :

Aloe vera : la seule plante exotique à traîner dans son sac est l’aloès. Sous forme de gel, en tube à la plage ou au chalet, en flacon pour la maison, il est bon d’en avoir à portée de main. Utile contre les coups de soleil, la peau sèche, les infections mineures de la peau. En interne, elle soulage les brûlures d’estomac après les soirées festives ou les barbecues trop arrosés. Note : un de ses équivalents sauvages, souvent échappé de culture, est l’orpin rose (Sedum telephium), dont les feuilles succulentes écrasées soulagent bien des brûlures et irritations.

Impatiente du Cap (Impatiens capensis) : en cataplasme, est indiquée par Marie-Victorin comme soulagement de l’herbe à puce. Néanmoins, ne pas  oublier de rincer avant tout rapidement l’endroit affecté à l’eau savonneuse et d’apprendre aussi à identifier le Rhus toxicodendron, ou herbe à puce, pour éviter son contact.

Oxalides (Oxalis montana) : rare plante acide, ce faux trèfle ou cette surette des bois est très riche en vitamine C et en acide oxalique. Elle pousse partout dans la nature, on peut la manger en trempette ou en salade, sans exagérer. Mâchée et appliquée en externe, elle soulage les piqûres d’insectes, soigne les plaies infectées et aide à clarifier le teint brouillé. La variété des prés, à fleurs jaunes (Oxalis acetosa), est plus répandue, et ses feuilles, plus tendres encore.

Le plantain (Plantago major) : le plantain à feuilles rondes est le plus répandu, contrairement au plantain lancéolé, plus rare dans nos prés.

Les feuilles du plantain mâchées et appliquées en cataplasme soulagent immédiatement les piqûres d’insectes, dont les vilains maringouins et les mouches noires, qui sont légion dans nos bois nordiques.

Efficace aussi contre les piqûres d’abeille (ôter le dard) ou de guêpe, une des plus douloureuses. Broyer ou mâcher et appliquer la bouillie sur l’endroit touché ; en cas d’œdème loin des secours, en avaler jusqu’à dix feuilles mastiquées…

Même en cas d’allergie sévère, les feuilles bien mastiquées et avalées agissent comme antihistaminique. En décoction et en soupe, il adoucit les muqueuses des bronches et des intestins. On l‘emploie aussi en onguent contre les plaies et les hémorroïdes.

 

AUTRES PRÉCAUTIONS CONTRE LES IRRITANTS ENCOURUS L’ÉTÉ :

Contre les insectes piqueurs, hélas si présents dans nos forêts de conifères nordiques :

  • Évitez de consommer du sucre sous toutes ses formes;
  • Habillez-vous de vêtements clairs, mais ajustés au corps;
  • N’utilisez ni déodorants ni parfums, surtout pas synthétiques;
  • Consommez beaucoup de levure alimentaire saupoudrée dans vos salades et soupes. Si vous y êtes intolérants, choisissez une haute dose de complexe vitaminique B à raison de 50 mg, deux fois par jour ;
  • Utilisez des lotions augéranium rosat ou à la citronnelle.

 

La maladie de Lyme n’est pas un mythe et est attribuable aux changements climatiques ; la bactérie remonte vers nos bois et prairies nordiques sur les tiques accompagnant les chevreuils qui recherchent la fraîcheur de nos forêts.

Après un séjour, même court, dans les bois, se placer nu(e) devant un miroir et inspecter son corps ou celui d’un être aimé.

Si vous repérez une tique, appliquez du vinaigre et prenez une pince à épiler pour l’extirper délicatement avec la tête, puis désinfectez avec de l’alcool ou de l’huile essentielle de lavande.

En prévention, se mettre du vinaigre aromatisé aux plantes répulsives comme la lavande, la tanaisie, l’absinthe ou le thuya sur les endroits exposés, et porter toujours des vêtements et souliers couvrants avant les randonnées pour aider à les éviter.

 

Cérat réparateur tout usage :

  • 20g de sommités fleuries d’achillée
  • 20g de jeunes feuilles de cèdre
  • 30g de feuilles de plantain majeur
  • 1 tasse (250ml) d’huile d’olive ou de sésame (non grillé) biologique, cela va de soi
  • 50g de cire d’abeille pure non blanchie

 

Laissez macérer l’huile et les plantes durant trois à quatre heures à froid.

Faites mijoter les plantes broyées dans l’huile durant deux à trois heures à feu très doux (200 ̊F).

Laissez reposer deux heures, filtrez et pressez dans du coton à fromage, ou étamine.

Faites liquéfier la cire et mélangez avec l’huile de plantes, laissez chauffer quelques minutes, puis versez dans de petits pots de verres bruns.

Efficace contre les piqûres de toutes sortes d’insectes : abeilles, mouches noires, moustiques et tiques, et contre tous types de blessures, brûlures, dermatites fongiques et irritations.

 

Autres précautions évidentes pour des vacances sans séquelles :

Portez toujours un chapeau et des lunettes de soleil, évitez le soleil autour du zénith et la baignade dans les lacs où règnent les algues bleues ou les piscines trop chlorées.

N’oubliez pas de boire beaucoup d’eau, ou mieux, des tisanes froides, rafraîchissantes et reminéralisantes comme l’ortie, le framboisier ou la menthe poivrée.

Aussi, arrangez-vous pour être en bonne compagnie, évitez les longues séances à l’ordi ou au cellulaire, qui nous suit partout, allez souvent en forêt, amusez-vous tout en en rechargeant réellement vos batteries neuropsychophysiologiques !

Bon été joyeux à toutes et à tous !

 

RÉFÉRENCES

Informations surtout tirées de mon expérience, mais réponses sur demande en communiquant avec moi via annyschneider.com.