Plantes médicinales utiles contre les allergies

Publié le 9 avril 2021
Écrit par Anny Schneider, autrice et herboriste-thérapeute accréditée

Plantes médicinales utiles contre les allergies
Midis Vitalité Laurence Sala

En ce début de troisième décennie du 21e siècle, en Occident, les allergies de tous types sont de plus en plus répandues.

Pourquoi notre système immunitaire répond-il de façon démesurée au contact d’éléments extérieurs tout à fait bénins pour d’autres ? 

 

Mystère d’un combat exacerbé entre le soi et le non-soi…

Même les allergologues sont de plus en plus désemparés, dubitatifs et submergés par la multiplication des cas et des manifestations touchant des enfants de plus en plus jeunes.

D’après The Journal of Pediatrics, les allergies ont augmenté de 50 % depuis 1997, et actuellement, 10 % des enfants ont des allergies alimentaires à un seul ou à plusieurs aliments ou facteurs conjugués. Chez les adultes aussi, les prescriptions d’adrénaline injectable ont augmenté de 64 % en 20 ans et les consultations en urgence pour choc anaphylactique ont doublé en 10 ans, selon l’Institut canadien d’information sur la santé. 

Ce sont les plus riches, ceux des pays industrialisés, qui sont touchés. Autrement dit, ceux qui ont accès à une meilleure hygiène de vie et à des espaces aseptisés, aux vaccins, aux antibiotiques et à un régime alimentaire occidental diversifié. 

 

« De nos jours, nous sommes exposés à moins de microbes dans un environnement trop propre. Résultat, notre système immunitaire n’est pas aussi bien entraîné qu’avant et il se trompe en réagissant démesurément contre les allergènes », indique Hamida Hamad, chercheuse à l’Université de Gand, en Belgique.

Sommes-nous si assainis que nous devenons hypersensibles à tout irritant ou molécule nouvelle ?

En phytonaturopathie, parfois validée par la science, nous trouvons plusieurs autres pistes sur les nombreuses causes probables des allergies : les acariens, la poussière, les poils d’animaux, la pollution de l’air, la chimification des cultures nourricières, l’adjonction de conservateurs et de pesticides, la pauvreté du microbiote, l’hyperperméabilité intestinale et aussi la multiplication des césariennes qui privent les bébés d’une flore bactérienne efficacement réactive.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, si la tendance se maintient, 50 % de la population mondiale pourrait présenter une allergie respiratoire, alimentaire ou autre d’ici 2050. 

 

L’allergologie est une science complexe essentiellement basée sur l’immunité ; pour des informations immunologiques concises, allez voir les références du Merck Manual citées à la fin du texte, car il y a bien des différences entre les quatre grands types d’allergies. 

 

Conseils préventifs généraux

Éviter les aliments allergènes et pro-inflammatoires, bien nourrir son microbiote de bonnes bactéries, assainir et nettoyer son environnement sans produits chimiques, souvent renouveler l’air résiduel de ses poumons, diffuser des huiles essentielles, équilibrer ses minéraux, contrôler sa respiration et le stress en général.

Outre les pollens de plantes cités plus loin, les aliments les plus allergènes sont : le blé, le sarrasin, le sésame, les fruits exotiques, les arachides et autres fruits en coque, les fruits de mer, les œufs, les pommes et les produits laitiers.

Si vous êtes reconnu allergique aux pollens, prendre, un mois avant leur apparition, de la teinture mère ou des granules homéopathiques, seules ou conjuguées, ou encore grignoter directement les bourgeons ou les jeunes pousses de la plante allergène : ex. : bouleau, peuplier, herbe à poux. Sous forme homéopathique, les pollens locaux de la saison la plus vulnérable aussi sont très valables comme désensibilisants (ex. : pollens du Canada 7 à 30 CH).

Carences courantes des allergiques : magnésium, manganèse, vitamine A, zinc et acides gras essentiels oméga-3 

 

Allergies diverses, des plus bénignes aux plus réactives

Rhinite saisonnière ou rhume des foins 

Symptômes : écoulement nasal anormal, éternuements compulsifs et larmes le plus souvent dus aux pollens d’arbres et de plantes : bouleau et peupliers, graminées, herbe à poux (Artemisia ambrosifolia)

Prendre des plantes décongestionnantes en décoction en infusion ou en teinture mère : entre trois et six prises, selon l’âge et les symptômes.

Estragon : plante fraîche ou prise en teinture mère, voire à la goutte en huile essentielle.

Euphraise : petite plante de fin d’été très puissante contre les écoulements de nez ou larmoiements incontrôlables. En teinture mère dans l’alcool à 40 degrés de préférence.

Raifort : consommer régulièrement de la purée de raifort râpé, sinon à la petite cuiller dans le vinaigre, 3 fois par jour, mélangé à de l’eau.

Eucalyptus globulus et/ou radiata : la tisane de leurs feuilles ou encore l’huile essentielle est très décongestionnante autant pour les sinus que les poumons.

 

Affections des bronches et poumons

Asthme, bronchoconstriction, toux spasmodique, sensation d’étouffement.

En urgence, si vous n’avez pas de bronchodilatateurs (ex. : théophylline, salbutamol), prévoir ce duo de teintures mères de lobélie et de Cayenne, idéalement préparées dans le vinaigre, de 1 à 3 gouttes de chacune, jusqu’à 6 prises en 24 heures.

 

Amis végétaux fiables du système respiratoire

Molène (Verbascum thapsus) : on emploie soit ses feuilles de première année ou ses fleurettes dorées le deuxième été. On la boit en tisane bien filtrée à cause de ses micropoils urticants.

Pétasite (Petasitus hybridus) : ses feuilles contiennent des principes actifs bloquant les récepteurs à l’histamine. À consommer en tisane ou en teinture mère. Rare sur le marché naturel, mais se cultive bien et arbore une si jolie fleur rosée, avant la feuille, comme sa cousine le précoce tussilage ! 

Réglisse (Glycyrrhiza glabra) : c’est la plus célèbre et douce racine de toutes les fabacées (ex-légumineuses) utilisée depuis des siècles sous forme de petits bonbons aux effets digestifs, émollients et expectorants. Cholagogue, hépato et stomacorégénateur, nettoie également les poumons et les intestins, sans oublier ses effets cortisone-like et anti-inflammatoires. Seul bémol : pour les hypertendus surtout d’origine rénale, choisir la version déglycyrrhizinée ou s’en abstenir.

Sapin baumier (Abies balsamea) : jeunes pousses en tisane ou gomme de sapin en capsules prises après les repas, car moins digestes.

Peau : urticaire, eczéma atopique, démangeaisons, enflure localisée…

Éviter les insectes piqueurs ; adopter une diète hypo-inflammatoire ; faire une cure de détoxification complète mais en douceur et par étapes ; soutenir le foie, le colon, puis les reins, la lymphe et le sang. 

Bardane : racine fraîche ou séchée à prendre en décoction ou en tisane.

Framboisier : feuilles cueillies avant la floraison à prendre en décoction brève ou en infusion.

Ortie : feuilles de l’année, fraîches ou bien séchées ; elle est antihistaminique, dépurative, minéralisante, tonique.

Ces trois plantes alcalinisantes et minéralisantes se combinent et se complètent à merveille dans une tisane au goût agréable, à prendre avant les repas entre 8 et 15 jours d’affilée.

Plantain à feuilles rondes ou lancéolé (Plantago major ou P. lanceolata) : antihistaminique, émollient, anti-inflammatoire. Utilisation en interne et en externe. 

Feuilles fraîches mâchées en grande quantité, ou teinture mère appliquée localement en cas de piqûre d’abeille ou de guêpe. 

Œdème de Quincke : DANGER ! Enflure graduelle ou subite des lèvres, de la langue, des paupières, voire des muqueuses pulmonaires.

Forme la plus rapide et dangereuse de réaction allergique, souvent de cause difficile à déterminer. En cas de choc anaphylactique avec danger d’asphyxie : prendre immédiatement des antihistaminiques, de la cortisone et de l’adrénaline (épinéphrine en injection), ensuite surveiller le cœur, cas d’ambulance et d’urgence hospitalière.

Homéopathie : en prévention ou même en aigu, Apis mellifica ou Histaminum (pour la concentration et le dosage, consulter un homéopathe).

 

Aliments et condiments antiallergiques 

Ail : hypotenseur, virucide, immunorégulateur, fluidifiant sanguin. Frais et bio en concentré liquide dans du vinaigre ou de la vinaigrette. 

Oignon : source de quercétine et de soufre ; antihistaminique ; à consommer en bouillon, en soupe, etc. 

Cassis (Ribes nigrum) : cortisol naturel+++ ; à prendre en concentré de gemmothérapie (voir article dans le Vitalité Québec de mars), en tisane (feuilles), cru (fruit), en teinture mère dans l’alcool ou à grignoter (bourgeon).

Macération et décoction adaptogène, pour réguler l’immunité et les surrénales.

Pour un litre d’eau en décoction : 

– Astragale (Astragalus membranaceus) : 3 grammes de la racine  

– Reishi (Ganoderma lucidum ou Ganoderma tsugae) : 5 grammes du champignon frais ou séché 

Épinette noire (Picea mariana) : 5 grammes d’aiguilles ou de jeunes pousses.

Laisser macérer 2-3 heures dans l’eau froide, amener à ébullition, laisser frémir 2-3 minutes, infuser 15-30 minutes, boire tiède ; 1 tasse avant chaque repas, cure de 3 semaines.

On peut aussi prendre ce trio en teintures mères combinées.

 

Pour des traitements prolongés, aidant les muqueuses tant des poumons que des intestins, toujours ajouter des plantes mucilagineuses, en infusion, en tisane ou en teinture mère : camomille, guimauve ou mauve, lin, pétales de rose, psyllium ou poudre d’orme sont mes préférés.

Note importante : Tous ces conseils n’excluent pas un suivi avec un bon médecin généraliste, allergologue ou pneumologue, surtout si vous souffrez d’allergies sévères et d’une pathologie pulmonaire chronique. Un suivi personnalisé d’un naturopathe ou d’un herboriste clinicien qualifié vous aidera certainement par ailleurs à améliorer votre état de santé.

 

Et n’oubliez pas le moral, les nerfs, la psyché…

Les chagrins durables et/ou répétés, la défensive constante, la susceptibilité extrême et les soucis rabâchés inlassablement, bref les perturbations émotionnelles répétées, nuisent terriblement au système immunitaire autant qu’au moral.

Entre antigènes agresseurs et anticorps réactifs, entre le soi et le non-soi, au-delà des réactions de protection parfois nuisibles par elles-mêmes, nous devons apprendre à éviter les pires agresseurs, mais surtout nous prendre en douceur, réparer nos tissus et mieux domestiquer nos armées défensives.

En ces temps de crises immunitaire et humanitaire sans précédent, choisissez vos combats sans vous mettre en danger, cessez de vous laisser pomper l’air et d’entraver vous-même votre souffle vital et votre immunité naturelle : prenez soin de vous comme jamais !.

Courage, le renouveau approche ! 

 

RÉFÉRENCES

Tous allergiques ?  Dr. Olivier Michel, allergologue belge, Manuel Kindle 192 pages

https://www.merckmanuals.com 

IMMUNOLOGIE; TROUBLES ALLERGIQUES / 

RÉACTIONS ALLERGIQUES, AUTO-IMMUNES ET AUTRES RÉACTIONS D’HYPERSENSIBILITÉ /

Dr Peter j.Delves

Le Journal de la Guilde des herboristes numéro 16 

Les allergies… Agir plutôt que réagir