Plantes pour éviter et soulager les maux du printemps

Publié le 16 avril 2019
Écrit par Anny SCHNEIDER, Auteure et herboriste-thérapeute accréditée

Plantes pour éviter et soulager les maux du printemps
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« Ceux qui ne prennent pas un peu de temps chaque jour pour veiller à leur santé devront sacrifier beaucoup de temps un jour pour leur maladie. » – Abbé Sébastian Kneipp, célèbre thérapeute hygiéniste allemand.

 

Végétaux pro ORL, protecteurs des orifices crâniens et des voies aériennes

Bien dormir, bien manger, évacuer ce qu’il faut, s’hydrater amplement, bouger souvent, respirer à fond, rire beaucoup, rester positif, toutes ces recommandations sont les piliers du bonheur et de la santé.

Toutefois, après un long hiver – très dur, cette année, on s’entend –, le printemps est la saison par excellence des allergies, infections ORL et maladies en « ites » : conjonctivites, otites, rhinites, sinusites, etc.

La sagesse populaire n’affirme-t-elle pas : « En avril, ne te découvre pas d’un fil » ? Les Chinois disent qu’au printemps, il faut surtout protéger nos « portes des vents », c’est-à-dire les orifices crâniens : nez, gorge et oreilles, plus fragiles quand dominent les vents sournois de l’est.

 

Accent sur la phytothérapie anticéphalée et antipyrétique

Achillée (Achillea millefolium) : fleur amère et camphrée, mais très efficace contre les chaleurs et la fièvre, elle doit être surtout consommée en tisane refroidie. Il en existe plusieurs variétés et cultivars jaunes ou roses, mais la blanche, la sauvage en voie de disparition, donc à cultiver, reste la plus puissante.

Bourrache (Borrago officinalis) : cette plante annuelle cultivée peut être utilisée entière, en décoction ou en soupe cuite à la vapeur. On l’aime pour ses vertus reminéralisantes, calmantes et immunostimulantes. On peut aussi la boire en tisane contre la fièvre, l’hypertension, la nervosité et même les changements hormonaux. Ses jolies fleurs bleues ou roses garnissent la salade, les tisanes et les glaçons. L’huile tirée de ses graines est une bonne régénératrice de la peau et de toutes les muqueuses.

Camomille (Chamomilla ou Matricaria recutita) : sa fleur en tisane combat la fièvre, diminue la pression et calme les nerfs. On applique sa décoction en compresses contre la conjonctivite. En usage externe, son extrait éclaircit les cheveux, cicatrise les plaies et combat les rides.

Menthes (Mentha spicata, viridis ou encore rotundifolia spp) : en tisane, en liqueur ou à la goutte en huile essentielle, c’est une des meilleures plantes rafraîchissantes, antispasmodiques et analgésiques en externe, et en interne, la plus déodorante et digestive qui soit !

 

Amies des sinus, des nez et des oreilles

Ail (Allium sativum) : malgré son odeur forte et l’haleine peu agréable qu’il procure, l’ail est un des meilleurs bactéricides qui soient. Le mieux est d’en faire une macération d’un mois dans le vinaigre et d’en prendre avant les repas trois fois par jour, quelques gouttes dans l’eau. Une macération d’un quart d’ail écrasé dans l’huile d’olive bien filtrée peut soulager les otites, surtout avec de la molène et quelques gouttes d’huile essentielle de lavande. Note : chez les enfants de moins de cinq ans, se contenter d’en appliquer autour des oreilles et sur les ganglions.

Molène (Verbascum thapsus) : en usage externe, le bouillon-blanc est indiqué pour atténuer les démangeaisons, les irritations buccales et cutanées, les otites et les lésions anales. Le macérât huileux fait uniquement avec les fleurs est utilisé en externe pour soulager les maux d’oreille, voire les névralgies musculaires. En infusion, ou en synergie dans la célèbre tisane des « sept fleurs pectorales » avec la mauve, le coquelicot, la violette, le tussilage, la primevère et l’antennaire, elle soulage les bronchites et la toux.

Raifort (Cochlearia armoracia) : la racine piquante de cette brassicacée, ex-crucifère, est une puissante expectorante et dissolvante des mucus. Elle soulage également les allergies et rhinites chroniques. Puisqu’elle est difficile à trouver en forme galénique, on peut acheter ses racines fraîches et, une fois râpées, en faire une teinture mère ou une purée à consommer en cure pendant 8 à 10 jours pour dégager les sinus (on peut même l’inhaler) et libérer les poumons du mucus indésirable. Par ailleurs, c’est un bon tonique glandulaire.

 

Alliées de la gorge et de la voix

Brunelle (Prunella vulgaris) : cette plante tout-terrain est très résistante et couvre nos gazons toute la saison estivale. On peut manger ses pétales crus et faire sécher ses sommités pour la tisane d’hiver. Les Anglais l’appellent « heal-all ». Elle soigne les malaises ORL, mais aussi d’autres troubles auto-immuns. Sa fleurette mauve ressemble à un larynx et le soigne.

Mauve (Malva moschata) : cette jolie plante naturalisée aux délicates fleurs blanches ou roses contient une proportion élevée de mucilages. De ce fait, on en fait surtout des infusions dans de l’eau pas trop chaude, pour liquéfier les mucus et réparer les muqueuses. On peut aussi l’appliquer en compresses contre toutes sortes d’infections localisées dans la tête.

Plantain (Plantago major ou lanceolata) : les feuilles du plantain écrasé soulagent immédiatement les infections des yeux, les œdèmes de tous types et les piqûres d’insectes.

En décoction et en soupe, il adoucit les muqueuses de la gorge, des bronches (Ricola) et aussi des intestins. On l’emploie aussi en onguent contre les plaies et les hémorroïdes.

Sauge (Salvia officinalis) : « Comment un homme qui a de la sauge dans son jardin pourrait-il mourir précocement ? » écrivait Pline. Ou comme le dit ce dicton provençal : « Qui a de la sauge dans son jardin n’a pas besoin d’un médecin. » Par conséquent, cultivons-en !

En teinture mère et en gargarisme ou collutoire, elle est astringente et désinfectante pour la bouche et la gorge (aphtes, gingivites, angines).

En décoction ou en tisane refroidie, elle soulage la fièvre et les bouffées de chaleur de la ménopause.

 

Baumes et panacées pour les bronches et les poumons

Primevère (Primula veris) : uniquement accessible en culture, c’est une des premières à fleurir au printemps. On en boit les sommités fleuries, sépales compris, en tisane légère, souvent mêlée à une autre pectorale.

Pulmonaire (Pulmonaria officinalis) : comme son nom l’indique, de la même famille et uniquement présente au jardin au printemps comme la précédente, elle dégage vraiment les voies aériennes, poumons compris. Émolliente, expectorante et sudorifique, elle est efficace contre les congestions des sinus comme des poumons. On utilise les feuilles tachetées blanches et les corolles bleues ou roses, fraîches ou séchées, en décoction, en infusion ou en teinture mère.

Thym (Thymus vulgaris et ssp.) : selon les anciens Grecs, le thym donne du courage, aide à la concentration et mobilise notre combativité !

En cas de grippe ou de toux tenace, le plus simple est d’en boire en tisane, à raison d’un brin ou trois grammes par tasse, avant les repas, avec ou sans miel du pays. Sous forme d’huile essentielle, on le prend une goutte à la fois, pas plus, idéalement dans une cuillerée à thé d’huile végétale. En raison de sa haute teneur en carvacrol et en thymol surtout, il faut l’éviter à long terme, surtout en début de grossesse, d’hépatite, d’hypertension et d’hyper-thyroïdie.

Tussilage (Tussilago farfara) : première fleur du printemps, proche cousine du pissenlit, mais plus précoce. Comme son nom l’indique, sa fleurette en décoction fraîche soulage la toux. Ses jeunes feuilles qui apparaissent plus tard sont également bénéfiques pour les poumons. Certains asthmatiques, étrangement, ont été soulagés par l’inhalation de la fumée de ses feuilles brûlées sur du charbon.

Violette (Viola odorata et ssp.) : les violettes se mangent crues et aident à lutter contre la mélancolie, la laryngite et la toux. Les feuilles stimulent le système immunitaire. Les racines en décoction ont un effet vomitif, utile en cas d’intoxication alimentaire.

 

Soutenir le terrain, fortifier son immunité

Échinacée (Echinacea angustifolia, pallida ou purpurea) : cette belle astéracée très vivace renforce l’immunité générale et stimule, entre autres, nos bons macrophages. De plus, elle est analgésique et anti-inflammatoire.

Sureau (Sambucus canadensis) : on boit ses fleurs en tisane contre la fièvre et pour drainer les eaux intérieures. On consomme ses fruits en concentré liquide (TM, sirop…), qui sont riches en polyphénols et en alcaloïdes immunostimulants. Ils sont employés en prophylaxie comme agent antiviral et anti-inflammatoire efficace. De plus, certains sont cultivés et transformés au Québec !

Ortie (Urtica dioïca ou Laportea canadensis) : pas un immunostimulant en soi, mais un antihistaminique, diurétique, dépuratif et alcalinisant. En boire en cure d’un mois, une tisane avant chaque repas, est une bonne prévention et un fortifiant-reconstituant fiable lors d’une convalescence.

Origan (Origanum compactum) : c’est un antibiotique majeur grâce à ses vertus bactéricides, car il contient des acides organiques (même rosmariniques), mais surtout une huile essentielle riche en carvacrol et thymol. Il est fortement recommandé de le prendre dilué dans de l’huile d’olive, pas plus de deux gouttes à la fois et sur une courte période, comme toutes les essences et plantes virucides très riches en phénols.

Reishi (Ganoderma lucidum ou tsugae) : l’extrait hydroalcoolique de ce super champignon renforce tous les organes nobles et mères du sang (foie, rate, moelle osseuse).

 

Conclusion

Bien sûr, personne ne peut gober tout cela en même temps ! Je ne vous apporte ici que des pistes et des indices sur les plantes qui vous conviendraient le mieux. Avec les outils de recherche au bout des doigts et encore mieux, des spécialistes de plus en plus nombreux désormais accessibles, fouillez plus loin et choisissez les meilleures plantes compatibles avec vos problèmes et votre constitution. Et, à la lumière de l’expérience, de l’intuition et de la science, choisissez et expérimentez !

 

RÉFÉRENCES

Disponibles à la demande du lecteur sur le site annyschneider.com.