Précautions et plantes pour fortifier nos défenses immunitaires cet hiver

Publié le 20 février 2018
Écrit par Anny SCHNEIDER, Auteure et herboriste-thérapeute accréditée

Précautions et plantes pour fortifier nos défenses immunitaires cet hiver
GUT-FX fr

« Si amer et drastique que soit parfois le remède, il faut prendre la résolution d’en user quand il est le seul auquel la guérison y est rattachée. » – Baltazar Gracian, L’homme universel, 1646.

 

PRENDRE SOIN DE NOS POUMONS

Depuis le XVIIIe siècle, l’hygiène a doublé notre espérance de vie, bien plus que les médicaments ou les vaccins, car jusqu’à cette époque, on croyait que se laver souvent était dangereux !

Pourtant, une bonne santé passe beaucoup par la qualité de l’air qu’on respire. Les récentes données résumées par le Dr François Reeves, cardiologue et auteur, nous rappellent entre autres ceci : l’être humain contient autant d’eau que d’oxygène, soit autour de 65 %. De plus, 90 % de notre énergie vient de l’oxygène contenu dans l’air, et seulement 10 % des boissons et aliments !

Rappelons que ce sont les globules rouges qui passent dans nos 100 m2 de surface pulmonaire et qui sont de véritables réservoirs mouvants à oxygène.

Ils sont très précieux pour notre santé, car chacun de nos 5 trillions de globules rouges par litre de sang transporte beaucoup d’oxygène vers nos organes et tissus !

Malheureusement, en moins d’un quart de millénaire, le taux d’oxygène ambiant est passé de 30 à 21 %, le plus faible étant dans les villes, entre autres à cause de la déforestation, évidemment.

Le Dr Reeves et d’autres spécialistes affirment que le réchauffement climatique, la pollution et le manque d’O2 subséquents sont les principales causes des maladies cardiovasculaires et pulmonaires.

Le transport, la réfrigération, la climatisation, la déforestation et l’élevage des animaux (bovins et porcins en tête) sont les principales causes de la raréfaction de l’oxygène.

Les pires pollueurs au monde sont la Chine, les États-Unis le Canada, l’Inde et la Russie.

 

L’URGENCE D’AGIR…

« En fait, sans effort supplémentaire, l’humanité aura consommé 80 % de son « budget carbone » en 2030, c’est-à-dire la quantité de CO2 qu’elle peut encore relâcher dans l’atmosphère sans dépasser 2°C de réchauffement. Elle aura alors épuisé la totalité du budget lui permettant de ne pas aller au-delà de 1,5°C.

Certes, les émissions de CO2 issues des énergies fossiles se sont stabilisées depuis 2014. Mais il faudrait les réduire radicalement, alors que la concentration dans l’atmosphère de ce gaz persistant a atteint son niveau le plus élevé en 800 000 ans, selon un rapport publié récemment par l’Organisation météorologique mondiale.

Les émissions de méthane, un gaz à effet de serre au moins 30 fois plus puissant que le CO2, ne cessent en outre de croître. Et le réchauffement global entraînera aussi une fonte accélérée du pergélisol des régions nordiques, ce qui devrait libérer des quantités importantes de méthane. Pour le moment, cet apport de gaz à effet de serre n’est toutefois pas pris en compte dans les calculs du réchauffement. »

Alexandre Shields et l’OMM, Le Devoir, 1er novembre 2017.

 

FORCES ET LIMITES DE NOTRE ORGANISME

Si sublimes nature et corps humain, quand on en prend soin !

Nos émonctoires, par exemple, qui sont là pour nous protéger et pour filtrer la plupart de nos toxines – foie, reins, rate, lymphe et peau – font leur possible pour nous garder en relative bonne santé.

Mais nos pauvres poumons, eux, n’ont que peu de filtres ni aucun système de défense, car ils doivent absorber sans protester tout ce que transporte l’air ambiant de microparticules volatiles gazeuses ou métalliques.

Effectivement, couplées à l’oxygène si vital pour toutes nos cellules, elles sont des milliers, hélas, à pénétrer directement dans nos poumons, notre lymphe et notre sang via nos fragiles bronchioles arborescentes pulmonaires.

 

AVANT TOUT, QUELS SONT LES MEILLEURS POURVOYEURS D’AIR SUR TERRE ?

Le plancton marin et les arbres, les feuillus surtout.

Les deux, hélas, ont été détruits à 50 % en moins de 150 ans.

Faisons tout ce que nous pouvons pour préserver les généreux pourvoyeurs de vie qui restent et plantons des feuillus à profusion !

Pour paraphraser un slogan électoral : « Eat and vote green or die! », c’est-à-dire « Mange et vote vert ou meurs ! »

Les récentes élections municipales confirment heureusement cette tendance et cette volonté collectives, et l’espoir persiste !

 

PIRES IRRITANTS ET PRÉCAUTIONS POUR AIDER NOS SYSTÈMES DE DÉFENSE

La pollution domestique, à l’intérieur de la maison, est très courante : assouplisseurs, détergents, déodorants, produits nettoyants, protecteurs et vernis des meubles se retrouvent dans tellement de foyers qu’on ne prend même plus conscience de leur présence pourtant irritante.

Même en ville et en hiver, renouvelez l’air résiduel de votre foyer comme de vos poumons, car la plupart des gens, surtout les urbains, ne respirent déjà qu’à 20 % de leur capacité pulmonaire.

Les exercices de respiration profonde (cohérence cardiaque, hatha-yoga, méditation, pranayama) sont bien sûr toujours indiqués pour assainir les poumons et augmenter notre capacité pulmonaire ainsi que le contrôle de nos émotions et de nos pensées.

Surtout en ville, possédez un purificateur d’air, et si vous avez de jeunes enfants plus sensibles aux infections ORL ou si vous avez vous-même des poumons et des sinus fragiles, procurez-vous un diffuseur d’huiles essentielles et choisissez les meilleurs antiseptiques respiratoires, comme nos chers conifères locaux : épinette, mélèze, pin blanc, pruche, sapin baumier, etc. De plus, faites-le fonctionner au minimum durant une heure matin et soir.

 

SUPPLÉMENTS POUR ASSAINIR LES POUMONS

S’il y a récidive d’infections respiratoires, ces suppléments sont nécessaires :

  • La vitamine A (huiles de flétan et de morue, plus concentrées que les carotènes) ;
  • Prendre au quotidien des sources d’acides gras essentiels ou sous forme d’huiles polyinsaturées bio et fraîches (lin, carthame, chanvre, tournesol ou leurs graines, pour la protection, régénération et l’élasticité des muqueuses) ;
  • Si on est sujet aux bronchites saisonnières récidivantes, pour les anticorps et la viscosité sanguine, ajouter de la vitamine C la plus naturelle possible ;
  • La lécithine de soya en liquide ou en capsules aide également les fragiles tissus pulmonaires à se protéger.

 

AUTRES PRÉCAUTIONS POUR UNE IMMUNITÉ OPTIMALE

Ce qui compte aussi, quand on veut éviter qu’un minuscule virus ou de vilaines bactéries nous colonisent, c’est d’avoir un microbiote ou une flore intestinale sains. Mais même ceux-ci dépendent d’une bonne alimentation (enzymes et lactofermentations en tête), ce qui induira un taux de neurotransmetteurs bénéfiques comme la sérotonine, la dopamine et d’autres hormones sécrétées via des intestins satisfaits.

Donc, en premier, évitez l’excès de stress et de fatigue, mangez bien, assimilez et éliminez ce qui doit l’être, tout ceci étant déjà un grand pas vers une meilleure immunité hivernale et générale.

Allez au moins deux fois par semaine dans un parc, ou mieux, dans une forêt, en faisant de l’exercice plus ou moins intensif (marche rapide, cross-country, raquette ou ski de fond).

 

ENCORE ET TOUJOURS À LA RESCOUSSE, LES BONNES PLANTES PECTORALES

En prévention, plutôt que de consommer du café acidifiant, buvez même le matin des tisanes d’achillée, d’astragale, d’échinacée, de thym ou de sauge officinale, idéalement avant les repas, pour mieux bénéficier de leurs qualités antiseptiques et tonifiantes.

Ajoutez régulièrement des plantes à mucilages en infusion brève, la cuisson les neutralisant, idéalement en extrait pur, macéré ou non, en tisanes ou en TM : aloe vera, guimauve ou mauve, chêne, lin, okra, psyllium ou plantain, poudre d’orme ou jeunes pousses de sapin, les plus efficaces et accessibles.

 

DANS LES CAS PLUS GRAVES : ASTHME, BRONCHITES AIGUËS OU CHRONIQUES

En herboristerie clinique, on choisit ces puissantes racines : l’aunée, l’asclépiade tubéreuse, l’hysope, le raifort ou encore la sanguinaire, hors-saison plutôt en teinture-mère.

Si vous avez des signes précurseurs d’attaque grippale due à un « coup de froid », jeûnez et consommez des épices piquantes comme le gingembre ou la cannelle, en décoction, voire en grog ou en soupe. Pourquoi pas ?

Couchez-vous tôt, et après une bonne suée tout sera réglé !

Si les signes sont plus alarmants, avec fièvre et toux persistante, prenez en traitement court mais drastique, en teinture-mère de préférence, de l’hydraste, du sureau ou de la propolis d’abeille.

Nota bene : Tous ces conseils ne remplacent pas la nécessité d’une consultation médicale d’urgence, surtout s’il s’agit d’un jeune enfant, d’un malade chronique ou d’une souche virale redoutable. Ne tentez pas d’être plus catholique que notre bon pape !

Par conséquent, du global jusqu’à vos globules, évaluez bien votre condition et rappelez-vous encore et toujours l’adage si populaire : « Mieux vaut prévenir que guérir ! »

 

RÉFÉRENCES

REEVES, Dr François. Planète cœur, Montréal, Éditions MultiMondes, février 2011.

SHIELDS, Alexandre. « Un rapport de l’ONU sur le réchauffement climatique donne froid dans le dos », Le Devoir, 1er novembre 2017.

Et les 35 ans d’expérience d’Anny Schneider au annyschneider.com