Prendre des vacances ? Savoir être… présent.

Publié le 17 mars 2020
Écrit par Francine Dubuc, T.S., PCC, n.d.

Prendre des vacances ? Savoir être… présent.
Natura FR

Nous vous proposons dans cet article de sortir des sentiers battus et d’explorer une nouvelle perspective au sujet du mouvement du développement personnel et de la conscience.

 

Sans la prétention de détenir la vérité, nous souhaitons plutôt offrir un espace de réflexion sur ce mode de vie où nous avons appris : à chercher nos réponses à l’extérieur de nous-mêmes ; à surutiliser notre mental ; à ne pas considérer nos ressentis comme de l’information valide ; à dépenser notre énergie vitale à la quête d’informations ; à contrôler nos émotions au lieu d’être à leur écoute. Tout ça dans le but noble de nous améliorer et de vivre mieux ! Et si c’était d’être simplement présent qui comptait ?

 

Pourquoi le titre « Prendre des vacances ? »

Simplement, pour prendre des vacances de « travailler » sur soi. Vous êtes probablement surpris d’une telle invitation. Pourtant, les vacances permettent justement de ralentir, de se reconnecter à soi et de vivre son moment présent. Évidemment, les vacances sont aussi utilisées pour se divertir, faire le vide, s’amuser, vivre sa liberté d’être ou encore pour s’étourdir.

Puisque nous vivons dans un environnement social, nous permettant de questionner sans cesse les croyances que nous avons au sujet de nous-mêmes, des autres et du monde dans lequel nous vivons, « prendre des vacances » de notre développement personnel pourrait présenter en soi, un chemin libérateur.

Nous sommes littéralement « bombardés » de messages pour nous améliorer, apprendre à vivre et comment être heureux. Comme si nous n’en étions pas capables nous-mêmes ou comme si ce que nous sommes ne serait pas assez… bon, capable, intelligent ? En fait, l’ensemble de ces messages pourrait, sans en être l’intention première, renforcer la croyance que nous ne savons pas ce qui est bon pour nous. À force de nous faire répéter ce qu’il faut faire ou ne pas faire, aurions-nous appris à ne plus faire confiance à notre instinct ? Aurions-nous perdu la connexion avec notre essence, notre « GPS intérieur » ?

Si c’est exactement le cas, cela expliquerait notre engouement à chercher les directives les plus tendance du « Comment vivre heureux ? » Par exemple, si nous doutons de notre capacité à être bons pour nous-mêmes, nous allons croire devoir contrôler nos comportements. C’est ce que font les régimes, ils nous donnent un cadre rigide pour contrôler notre comportement alimentaire. Tandis que notre intelligence corporelle, dont les signes de la faim et de la satiété, sont des signaux internes. Ceux-ci sont les meilleurs guides pour nous orienter vers les aliments dont nous avons besoin. En fait, les meilleurs guides et les réponses les plus justes sont à l’intérieur de nous.

Prendre des vacances « de faire ce qu’il faut » pour être en santé, réussir et vivre heureux, pourra certainement nous sembler un non-sens. Pourtant, c’est une invitation à faire l’expérience de nous connecter à notre source, notre cœur et nos ressentis ou nos sensations. C’est prendre le temps d’être dans le moment présent, d’écouter de l’intérieur ce dont nous avons besoin au moment présent. Dans cette expérience, nous pourrons observer que notre mental confus s’agitera et pourra nous distraire de ce moment de qualité avec nous-mêmes. Une seule chose à faire, le « rien faire », revenir à sa respiration, rester immobile, sans jugement de ses pensées, ses sensations et de son expérience.

 

Interrogeons-nous sur ce phénomène sur le plan social et individuel

Pourquoi voulons-nous maigrir, être en forme, performer, vieillir moins vite, ou encore réussir ? N’est-ce pas pour nous aimer davantage, être aimés, être reconnus, et nous réaliser ? L’amour, la reconnaissance et la réalisation de soi sont des besoins de l’être humain. Par contre, ce n’est pas ce que nous faisons ou notre apparence, qui déterminent la valeur d’un être humain.

Les outils proposés par les diverses approches du développement personnel sont utiles et précieux. C’est dans le « pourquoi » que nous choisissons d’utiliser ces outils que nous vivrons la différence du point de vue de notre motivation et de notre énergie vitale. Si nous les utilisons dans un état de jugement envers nous-mêmes et pour nous « pousser », qui est une autre façon de se faire violence, la motivation du début déclinera rapidement. Par contre, si nous les utilisons avec bienveillance et confiance envers nous-mêmes, notre énergie vitale augmentera. Dans cette connexion d’accueil à nous-mêmes, les outils de développement personnel sont alors de véritables alliés de notre bien-être. Voici un excellent exercice de coaching pour nous aider à questionner nos croyances et nos motivations profondes :

  • Croyons-nous que si nous perdons du poids nous allons nous aimer davantage ?
  • Croyons-nous que de répondre aux critères de beauté de notre culture nous rend plus attrayants ?
  • Croyons-nous que réussir fera de nous une meilleure personne ?
  • Pourquoi est-ce que je veux cette automobile, ce nouveau gadget, ce poste ?

 

Retour à la conscience du moment présent

L’invitation à ralentir et à être présent gagne en popularité. Les neuro-sciences sont actuellement en mesure de démontrer l’effet de la méditation sur les zones du cerveau. De plus, la plasticité du cerveau nous permet de faire de nouveaux réseaux et de nouvelles connexions neuronales. Au lieu de fuir un mal-être ou un inconfort émotionnel, en changeant notre situation ou nos comportements, les approches contemplatives comme la méditation de pleine conscience, nous invitent à les accueillir. Par l’expérimentation du moment présent, ces pratiques créent l’espace pour ressentir nos blessures et nos émotions dont la colère, la peur, la peine et nous permettent de les intégrer. Nous apprenons à devenir de bons parents pour notre enfant intérieur blessé. La méditation de pleine conscience développe entre autres les régions du cerveau reliées à la compassion et à l’empathie.

Selon notre environnement, notre personnalité ou notre égo s’est développé pour assurer notre survie. Il expérimente le monde sur le plan mental, du temps linéaire du passé et du futur. Il se souvient des blessures et veut nous protéger en nous empêchant de revivre des traumatismes passés, ce qui ne nous permet pas d’expérimenter la réalité du moment présent. L’égo vit dans un monde d’adversité et de compétition. Il a appris ce qu’on attendait de nous pour être aimés et protégés. Revenir présents dans notre cœur nous permettra de vivre dans la réalité du moment présent. Ainsi, notre personnalité exprimera pleinement notre essence.

La méditation nous permet de reprendre contact avec qui nous sommes au-delà de notre personnalité. Reconnectés avec notre essence, notre authenticité et notre pleine expression, nous nous sentons pleinement vivants, totalement alignés avec nos valeurs essentielles. Nous pouvons alors réellement apporter notre lumière et notre contribution au monde.

La lutte intérieure a alors fait place à la paix et au bonheur d’être soi. Nous sommes connectés à nos ressentis, à l’écoute de nos émotions et retrouvons une profonde confiance en nous-mêmes. Nous sommes au centre de notre vie, nous respectons nos frontières, nous exprimons pleinement notre authenticité dans la joie et la compassion pour nous-mêmes et les autres.

Le chemin de la vitalité

Quand la lutte intérieure cesse entre ce que nous pensons que nous devrions faire ou être et ce que nous sommes, nous avons accès à toute notre énergie vitale. Nous rayonnons l’amour. Nous ressentons de la bienveillance et de l’empathie pour nous-mêmes et les autres. Nous cessons de chercher à plaire ou à apaiser l’inconfort des autres pour nous apaiser. Nous sommes libres d’être. Nous sommes présents au cœur de nous-mêmes. Notre force vitale ne fait que s’accentuer parce que nous avons cessé de perdre notre énergie dans toutes sortes de conditionnements qui nous laissent sans couleur. Nous n’avons plus à contrôler ou à évaluer ce que nous faisons, pour nous donner une note A ou B, et être contents de nous-mêmes. Nous retrouvons notre créativité et notre joie de vivre. Nous remarquons comment la vie tout entière nous a toujours soutenus dans ce chemin vers nous-mêmes. Nous partageons notre bonheur et contribuons à un monde plus lumineux. Nous avons retrouvé cet espace où l’être peut avoir toute sa place et s’épanouir sur tous les plans.

 

À votre vitalité

 

RÉFÉRENCES

Disponibles à la demande du lecteur.