Suivi de grossesse : véritable casse-tête ?

Publié le 13 janvier 2018
Écrit par Laurence Sala, naturopathe

Suivi de grossesse : véritable casse-tête ?
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Votre test de grossesse est positif ? Félicitations ! Et après ? Que faites-vous ? À qui pouvez-vous en parler ? À qui pouvez-vous en parler?

 

Quel professionnel de la santé peut vous accompagner dans cette nouvelle phase de vie ? Autant de questions que vous pouvez vous poser… que vous soyez québécois ou d’une autre nationalité. Cet article a donc pour objectif de démystifier les différents types de suivi de grossesse, dans le monde médical et dans le monde des médecines alternatives, et d’être ainsi une feuille de route pour prendre des décisions éclairées.

 

SUIVI MÉDICAL : TROIS OPTIONS POSSIBLES

Durant la grossesse, il est important d’être suivie par un professionnel de la santé qui est en mesure d’évaluer le bon déroulement de la grossesse et la croissance de bébé. On veut que tout se passe bien… alors pour cela, on a besoin d’un médecin pour prendre les signes vitaux de la maman et du bébé.

Parmi les différents professionnels de la santé, trois d’entre eux peuvent vous accompagner sur ce chemin. Tous sont gratuits si vous êtes couverte par l’assurance maladie du Québec. À vous de choisir votre professionnel de la santé !

 

  1. GYNÉCOLOGUE

Le gynécologue est le spécialiste du système génital féminin, et donc des grossesses. Il est associé à un hôpital spécifique. Si vous êtes suivie par un gynécologue, vous accoucherez à son hôpital.

Il est donc important de s’informer sur les différents hôpitaux de votre région. Un élément déterminant est peut-être de se poser la question si le centre hospitalier est « ami des bébés ».

Une certification mise en place au Québec et dans le monde entier à l’initiative de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) afin d’encourager une qualité de soins, de laisser l’enfant avec sa mère 24 heures sur 24, de favoriser le contact peau à peau et de soutenir l’allaitement. Tous les parents profitent du programme, que le bébé soit allaité ou non.

Vous trouverez la liste des établissements québécois « amis des bébés » au lien suivant : http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/documents/amis-des-bebes/Liste-etablissements-certifies_IAB_2017-06-12.pdf

Si vous avez des antécédents médicaux, que vous avez malheureusement vécu plusieurs fausses couches dans le passé ou encore que vous vivez des complications pendant la grossesse, vous pouvez être suivie à la clinique GARE d’un hôpital (clinique de grossesse à risque élevé).

Enfin, pensez à noter vos questions avant de rencontrer votre gynécologue. La rencontre de suivi est généralement rapide !

 

  1. MÉDECIN DE FAMILLE

Certains médecins de famille font des suivis de grossesse. Appelez le vôtre : il pourrait être votre médecin de grossesse ! Encore une fois, le médecin de famille est associé à un hôpital particulier. Vous accoucherez là où il travaille.

Les rencontres sont aussi rapides, alors préparez en amont toutes vos interrogations. Le médecin est là pour y répondre.

 

  1. SAGE-FEMME

Les sages-femmes offrent un service médical gratuit, au même titre que le suivi gynécologique ou le suivi avec un médecin de famille. Elles travaillent généralement dans des maisons de naissance, qui sont elles aussi associées à un hôpital. À Montréal, par exemple, la maison de naissance Jeanne-Mance est affiliée à l’hôpital Saint-Luc.

Une sage-femme est une professionnelle de la santé qui a complété un BAC de quatre ans à l’université. Elle fera un suivi médical pendant la grossesse, sera présente à l’accouchement et vous soutiendra durant les six premières semaines post-natales.

Être suivie par une sage-femme vous laisse le choix d’accoucher à l’hôpital (associé), à la maison de naissance ou à domicile. Votre sage-femme vous guidera dans cette prise de décision. Décision pas toujours évidente, qui demande un temps de réflexion… ce que le suivi avec une sage-femme vous permet, car votre décision peut être prise tardivement !

Être suivie par une sage-femme signifie d’essayer d’accoucher naturellement, sans intervention médicale comme la péridurale. Peu importe si vous accouchez à l’hôpital, en maison de naissance ou à la maison. Bien entendu, les deux sages-femmes présentes à l’accouchement vérifieront les paramètres et le bon déroulement du travail. En cas de complications (tension artérielle élevée, accouchement de longue durée, etc.) ou en cas de demande de péridurale, les sages-femmes transféreront les soins à l’équipe du centre hospitalier.

Les rencontres sont plus longues que tout autre suivi médical. Une visite dure en moyenne une heure. Comme les autres professionnels de la santé, elles sont joignables 7 jours sur 7, 24h sur 24. Elles offrent aussi des cours prénataux gratuitement.

Il existe ce type de suivi partout au Québec. Consultez le site Web de l’Ordre des sages-femmes du Québec : http://www.osfq.org/grand-public/choisir-une-maison-de-naissance/

 

SUIVI ALTERNATIF: À VOTRE GUISE

Lorsque vous accouchez, tout peut arriver ! Vous ne savez pas qui sera présent, ne serait-ce que votre conjoint (a priori !). Votre médecin ne sera peut-être pas de garde. Votre sage-femme ne pourra peut-être pas vous suivre lors d’un transfert à l’hôpital parce qu’on aura besoin d’elle à la maison de naissance pour un autre accouchement. Bref, tout est possible… et il n’existe pas d’accouchement idéal – du moins celui qu’on avait prévu !

Une accompagnante à la naissance (ou doula) peut donc s’avérer importante à vos yeux. Son rôle n’est pas médical, mais celui d’un guide, une personne de confiance… sur qui vous pouvez compter, peu importe ce qui se passera. Pendant la grossesse, elle offre des cours prénataux personnalisés. Durant l’accouchement, elle accompagne maman dans différentes positions, elle guide papa dans son rôle, elle aide à créer une bulle autour de vous… En période post-natale, elle est précieuse pour l’allaitement et pour soutenir vos émotions. Chaque doula est différente par sa personnalité et son approche.

Je vous invite donc à choisir celle qui vous conviendra le mieux ! Il s’agit d’une pratique privée qui coûte en moyenne 1 000 $.

Par ailleurs, il existe plusieurs pratiques pour soutenir la grossesse et les futurs parents. Certains thérapeutes offrent des reçus d’assurance ou des reçus d’impôt.

Un naturopathe accompagne maman de la fertilité à la période post-natale. Il a pour mandat de soutenir la santé de maman et de bébé avec l’alimentation, les vitamines et les minéraux, les plantes et les huiles essentielles (sécuritaires). La naturopathie permet ainsi de prévenir les nausées, le diabète de grossesse ou toute autre complication… et de favoriser la guérison du corps après l’accouchement. L’acuponcteur est aussi une aide pour les différents maux de grossesse (reflux, insomnie, etc.). En effet, la médecine chinoise est une belle approche à connaître.

Le chiropracticien ou l’ostéopathe sont un appui formidable pour l’équilibre du corps face à la nouvelle morphologie de maman. Il est aussi recommandé d’emmener son nouveau-né chez un de ces thérapeutes afin de le soutenir après sa naissance. Quant au physiothérapeute périnéal, il aide maman à prendre soin de son périnée avant et après l’accouchement.

Par ailleurs, un psychologue peut parfois s’avérer nécessaire. Les (futurs) parents peuvent être déboussolés par un trop-plein d’émotions. Un hypnothérapeute peut aussi aider à gagner plus de confiance en soi, notamment pour l’accouchement. Le massothérapeute permettra de se détendre et de relâcher toutes les tensions que peut générer ce nouveau rôle de parent.

Enfin, une conseillère en lactation ou une marraine d’allaitement peuvent répondre à toutes vos questions si vous vivez des défis face à l’allaitement.

Je vous invite donc à explorer ces différentes approches, à faire vos recherches, à voir qui vous correspond le plus… en parallèle avec votre suivi médical. Être bien entourée pendant cette nouvelle phase de vie est important. Que ce soit la première ou la troisième grossesse, on a besoin de se sentir bien dans son corps et dans son cœur.