Transformations recommandées des plantes du jardin et des champs

Publié le 1 septembre 2021
Écrit par Anny Schneider, auteure et herboriste-thérapeute accréditée (HTA)

Transformations recommandées des plantes du jardin et des champs
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Les êtres humains sont comme les plantes : leur douceur et leur saveur révèlent l’amour, le sol et l’ensoleillement dont ils ont joui. – J. Hector St. John de Crèvecœur

 

 

Rappel bref, mais essentiel : quand et comment cueillir les plantes ?

Chacune en son temps propice, mais pour cela, il faut bien les connaître et les observer. Les plantes se cueillent toujours une journée ensoleillée, après que la rosée ait séché, entre 10 h et 12 h, chaque partie au bon moment.

Les bourgeons, les écorces, les gommes et les résines se cueillent tôt au printemps, durant la montée de la sève.

Les feuilles se cueillent dès leur apparition, sélectivement, celles des extrémités supérieures en premier. Les fleurs sont prélevées les journées sèches, autour du zénith, juste avant leur éclosion totale. Les fruits se cueillent mûris à point au soleil, au plus beau de leur couleur et au meilleur de leur saveur. Les graines se grappillent quand elles se détachent et se donnent d’elles-mêmes, déjà prêtes à se reproduire ou à sommeiller sous terre jusqu’au printemps. La plupart des racines se déterrent l’automne, quand l’essentiel des parties aériennes a disparu, sinon tôt au printemps, avant la montée de la sève.

 

Comment utiliser au mieux et en toute saison les végétaux médicinaux ?

Pas si sorcier que ça : par ordre d’efficacité et d’accessibilité !

 

Plante fraîche, quand c’est possible : directement cueillie en nature ou au jardin, mâchée telle quelle sur place, sinon rincée et préparée en jus, en trempette, en sauce froide ou en salade, pour garder le maximum d’enzymes et de vitamines. S’applique surtout aux feuilles les plus douces et tendres du printemps (chiendent, pissenlit, plantain, oseille, patience, entre autres), sinon l’automne et l’été, ciselées finement et ajoutées à une salade, à un potage, à une omelette, à un velouté, etc. Toujours vérifier la texture et le goût, et savoir doser, comme tous les bons cuisiniers.

 

Infusion ou tisane solaire : tout simplement mettre une plante, de préférence aromatique (hysope, menthe, mélisse, basilic sacré), dans un bol ou un pot en vitre d’eau claire, en plein soleil de midi si possible, et laisser macérer pendant deux ou trois heures, puis boire avec gratitude.

 

Élixirs floraux : procédé à la fois simple et magique, mais pour que ça fonctionne, il faut y croire et l’expérimenter, encore mieux le fabriquer soi-même. Pour en confectionner, il faut des fleurs parfaitement épanouies, un bocal en cristal ou en verre sans aspérités rempli d’eau pure (distillée), deux cristaux de quartz taillés en biseau, du soleil et un bon alcool à 40 % minimum.

Comment procéder ? L’esprit bien présent, on cueille les fleurs (parfois même de minuscules fleurettes, par exemple la menthe des champs, le lycope, la verveine hastée) sans les toucher de ses doigts, sectionnées avec les cristaux, puis on les fait flotter sur l’eau du bol au moins une heure, au zénith. Ensuite, on filtre soigneusement et on ajoute la moitié d’alcool pour conserver l’esprit et les vertus subtiles de la fleur. Prendre à la goutte pour activer des états d’âme et des qualités qui nous font défaut, dans les moments de crise, de doute et de souffrance.

Note : le procédé des Fleurs de Bach est bien moins délicat, mais aussi moins compliqué. D’après Bach, cueillir à mains nues les fleurs, juste avant leur éclosion totale (l’anthèse), et les immerger dans l’eau pure, au zénith, dans un bol en cristal, puis filtrer et diluer l’eau à 50 % avec du brandy fera un excellent élixir mère, qu’on pourra diluer à volonté en le dynamisant. Testez les deux méthodes et choisissez la plus vibrante.

 

Congélation : archisimple et rapide pour concentrer les goûts d’origine et en bénéficier, à condition d’avoir un bon congélateur. La meilleure méthode consiste à rincer vos plantes (détacher fleurs et feuilles, de préférence, car plus tendres), à mettre une tasse d’eau pour une tasse de plantes bien tassées, à broyer au mélangeur, à rouler en saucisson dans de la pellicule plastique de type Saran Wrap, et à placer dans un sac de congélation. Au besoin, dérouler et couper des tranches, à ajouter par exemple dans un potage, un bouilli, une tisane (parfait pour les aromates : estragon, menthe, thym, sarriette, roses).

 

Décoction (de l’anglais de-cook) : prendre la partie active de la plante fraîchement cueillie, la rincer et l’immerger dans l’eau froide. Laisser mijoter à feu doux trois ou quatre minutes, laisser infuser cinq minutes, puis filtrer.

Aussi, laisser préalablement tremper, avant la brève ébullition, surtout les écorces, les racines et même les feuilles coriaces, abrégera le temps de cuisson. Ce procédé est surtout utile pour rompre la barrière de cellulose ou de lignine et augmenter l’extraction des arômes, des enzymes, des minéraux et des autres éléments.

N’ayant pas les quatre estomacs des herbivores ruminants, il nous faut trouver des stratagèmes pour mieux assimiler et digérer les plantes et leurs nutriments. Quoi qu’en disent les crudivores, la maîtrise du feu a augmenté le volume de notre cortex et prolongé notre espérance de vie !

 

Infusion ou tisane : procédé le plus connu, fait avec la plante bien séchée, pendant une à trois semaines, à l’abri de la lumière, accrochée en bouquets dans un sac de papier kraft, ou retournée régulièrement, étalée sur un linge propre ou du papier uni. La plante séchée doit être conservée dans un pot en verre étiqueté, à l’abri de la lumière.

Une tisane se fait avec l’équivalent d’une cuillère à thé rase de la plante séchée, sauf s’il s’agit de graines ou de racines, particulièrement celles qui sont riches en alcaloïdes et les amères, qui sont plus concentrées en principes actifs.

Les plantes sèches se gardent un an et se récoltent chaque année, comme le bon Dieu et mère Nature nous les offrent.

Une théière et une passoire sont des accessoires essentiels et bien investis. Les sachets (blanchis au chlore) sont souvent faits de poudre d’herbes importées, dévitalisées et irradiées, et reviennent cinq fois plus cher que les plantes en vrac.

Une bonne idée cadeau : achetez ou, mieux, cueillez et séchez de bonnes plantes bio, faites votre mélange souhaité et présentez-le dans un joli pot en verre avec une étiquette personnalisée, que la plupart des personnes vont apprécier.

 

Huiles médicinales : se font comme les teintures mères, mais le solvant est une huile (canola, olive, sésame, bio, bien sûr), et on utilise en général les plantes brièvement séchées (sauf pour les fleurs de millepertuis, les molènes, les roses, entre autres).

Brasser régulièrement les premiers jours, macérer et filtrer avec une passoire conique et un pilon ou une gaze bien essorée au bout d’un mois, puis on peut solidifier l’huile sous forme d’onguent ou de cérat, en la diluant dans un cinquième du volume de cire d’abeille, chauffée au bain-marie.

Pour en prolonger la conservation, ajouter quelques gouttes d’huile essentielle durant l’émulsion, qu’on versera dans de petits pots en verre teinté, avant de les étiqueter, une fois refroidis.

 

Teinture mère : cueillir sélectivement et soigneusement les parties actives de la plante par temps sec ; au besoin, les ébrancher et les couvrir du double du solvant choisi.

Les broyer grossièrement, 30 secondes dans un bon hachoir ou un robot, plus longtemps avec le traditionnel mortier. Laisser macérer durant un mois (ou une lune) dans un pot Mason, avec comme couvercle un film alimentaire. Il est important d’étiqueter le pot et d’ajouter le nom de la plante, l’endroit et la date de la cueillette. Remuer tous les deux jours, surtout au début, pour éviter que les plantes ne surnagent et ne s’oxydent. Filtrer soigneusement, sans trop presser les plantes, dans une fine passoire de plastique ou une étamine. Rincer le pot à l’eau bouillante et remettre le liquide filtré dans le même pot, qui se garde dans une pièce sèche, à l’abri de la lumière, dans un placard.

 

Composé magique hydroalcoolique : avec un alcool très fort (94 %) coupé à 50 % d’eau distillée, on extrait autant les principes hydrosolubles que liposolubles. Convient surtout aux champignons médicinaux, aux écorces et aux racines très aromatiques.

En consommer en cure périodique pendant 10 à 30 jours, à raison de 10 gouttes, trois fois par jour, dans un demi-verre d’eau ; en cure classique, avant les repas, de 3 à 15 gouttes ; sinon à l’heure, selon l’âge et l’affection à traiter.

 

Question classique : quelles sont les différences entre les solvants ?

* Le vinaigre de cidre de pomme biologique extrait le mieux les alcaloïdes, les tanins et les minéraux, et alcalinise tous les systèmes, sans irriter le foie (hélas déclaré illégal pour le commerce par Santé Canada, car pas assez stable).

* Le vin blanc sec, hydromel inclus, extrait bien les vitamines, les enzymes, les flavonoïdes, les mucilages et les vitamines hydrosolubles, mais ne se garde pas plus d’une année.

* L’alcool blanc (gin, vodka, alcools de grain de 40 % à 94 %) solubilise mieux les vitamines liposolubles, les huiles essentielles et les tanins, mais neutralise les enzymes et les anthocyanines.

En général, les teintures mères au vinaigre et au vin restent actives pendant deux ou trois ans, et celles préparées dans l’alcool, jusqu’à cinq ans.

 

Mon constat : la plupart des principes actifs des plantes sont hydrosolubles, même dans la salive, donc vive les jus, les salades, les décoctions et les infusions, néanmoins avalés l’estomac vide, pour mieux se diffuser dans tous les organes et les circuits par nos intestins !

 

Attention : ceci constitue un résumé simplifié des règles générales d’herboristerie traditionnelle, chaque plante ayant ses spécificités, et chaque herboriste, ses recettes.

Les plus précises, les recettes galéniques, bien connues des pharmaciens, sont celles où on précise les ratios au gramme par centilitre ; les plus empiriques se mesurent au volume (poignée, pincée, tasse), mais ne sont pas non plus fausses ou dangereuses. Un bon guide d’expérience vous aidera à bien doser.

Les plantes médicinales peuvent également s’employer en cuisine comme aromate d’assaisonnement, dans un bouillon, un consommé, un potage, une sauce, un sel aux herbes, en pastilles, en sirop, etc. En externe, on les utilisera en concentré dans le bain, en compresses, en dentifrice, en poudre, en lotions, en encens, en huile essentielle ou végétale aux herbes, en pastilles, en sirop, et même en lavement !

 

Pour aller plus loin dans l’exploration de ce vaste domaine

Évidemment, pour approfondir ses connaissances et ses expériences, parfois dosées à la graine ou au milligramme près, informez-vous plus au préalable. Il existe des milliers de livres sur le sujet, des infos sur le Web ou, mieux encore, de bons cours pratiques, sinon une formation appropriée avec un ou une herboriste-phytothérapeute d’expérience !

Au besoin, relisez mes chroniques de La boîte aux herbes sur le nouveau site Web de Vitalité !

 

Assurément, quand elles sont bien élevées, cueillies, choisies et adéquatement utilisées par des cuisiniers, des jardiniers, des herboristes ou des herbophiles amateurs, mais consciencieux, les plantes ont, depuis toujours et à jamais, des effets salutaires sur notre santé et sur nos vies.

Sachez les transformer, pour un hiver plus agréable, plein de vitalité !

 

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