Trois fruits si familiers… Et méconnus !

Publié le 22 juillet 2017
Écrit par Louis Lapointe et Yves Prescott

Trois fruits si familiers… Et méconnus !
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Certains produits « exotiques » ont été parfaitement intégrés à nos habitudes culinaires ; à cet effet, nous avons retenu le parcours surprenant de trois fruits, dont certains ont été qualifiés d’aliments miracles.

Il y a environ 40 ans, le kiwi était un fruit tropical dont le prix prohibitif l’empêchait de trouver sa place dans les menus quotidiens. Depuis lors, il est devenu beaucoup plus abordable, si bien qu’on le retrouve désormais dans une multitude de plats : desserts, smoothies, aliments pour bébé et sauces d’accompagnement pour le porc, le poulet ou le saumon.

Si, dans l’imaginaire populaire, « kiwi » égale « Nouvelle-Zélande », ce fruit, tel que disponible chez nous, trouve indubitablement son origine en Chine, et ce sont des missionnaires qui ont apporté cette culture dans l’archipel néo-zélandais. À la suite de son implantation dans ce pays, les producteurs locaux l’ont nommé « kiwi » dans une stratégie de mise en marché, par similitude avec l’emblématique oiseau coureur. Depuis lors, sa culture s’est développée sur trois continents. Par ordre d’importance, les leaders mondiaux de la production sont l’Italie, la Nouvelle-Zélande, le Chili, la France et les États-Unis.

Le kiwi à chair verte est un fruit saisonnier, riche en vitamines C et K, disponible à l’année, puisque les récoltes de l’hémisphère Nord alternent avec celles de l’hémisphère Sud. Si on lui attribue beaucoup de vertus, telles que des propriétés antioxydantes et sa haute teneur en fibres, on est aussi unanime à reconnaître sa faible teneur en calories. Incidemment, une autre variété de kiwi, reconnaissable à sa chair dorée et très sucrée, effectue présentement une percée discrète au Québec.

Un autre aliment de couleur verte qui a su trouver sa place dans nos cuisines est l’avocat. Quel meilleur complément pour une soirée entre amis qu’un bol de guacamole, accompagné de croustilles à base de maïs. L’origine de cette tartinade provient directement des Aztèques, qui l’avaient nommé ahuacamolli.

Malgré sa haute teneur en gras, on parle néanmoins d’un aliment miracle dont la liste des vertus s’avère être fort longue. Tout comme le kiwi, il est riche en vitamines C et K, et d’autre part, l’avocat ne contient pas de cholestérol ni de sodium, mais possède plus de potassium que la banane. Cette donnée est certes importante, puisque certains spécialistes de la santé affirment que la consommation quotidienne de potassium au pays reste insuffisante.

On retiendra également sa capacité à augmenter la résistance et la qualité des cheveux et de la peau, ce qui en fait un ingrédient tout désigné pour certains produits de beauté. Au Brésil, on utilise même les feuilles en infusion comme diurétique.

En cuisine, une façon de conserver sa chair attrayante et d’éviter qu’elle ne noircisse, est de couper l’avocat juste avant de le servir ou, à défaut, de laisser le noyau avec sa chair. Sa texture crémeuse s’intègre bien au régime alimentaire des bébés. Parmi les utilisations faisant désormais partie de notre palette gastronomique, mentionnons enfin les célèbres sushis « californiens », les verrines avocat-crevettes et les wraps, où il est souvent servi en complément avec le poivron.

Le piment vert, aussi appelé « poivron », est un fruit dont la provenance reste peu connue. Originaire du Mexique, tout comme l’avocat, le piment fort, ancêtre du poivron doux, retrouve le chemin de l’Europe où des scientifiques hongrois parviennent à créer une nouvelle variété en extrayant les nervures qui le rendent particulièrement « incendiaire » : ainsi venait de naître le piment doux.

Mais il aura fallu attendre les années 1930 pour qu’un autre Hongrois, le docteur Szent-Györgyi, fasse la preuve scientifique de sa haute teneur en vitamine C, ce qui a valu à ce dernier un prix Nobel pour cette découverte. Le poivron séché et moulu, qu’il soit doux ou piquant, est désigné sous le nom de « paprika » et constitue la base de l’identité culinaire hongroise, ingrédient fondamental à la célèbre goulasch.

Chez nous, c’est la variante du poivron doux à quatre lobes qui est le plus couramment employée en cuisine. On notera que le poivron rouge n’est autre que ce fruit rendu à maturité, après avoir mûri en vigne. Si le fameux ketchup de nos grand-mères se limitait au rouge et au vert, sa palette s’enrichit considérablement dans les années 1980, puisque des producteurs hollandais ont été responsables de la mise en marché de variantes jaune, pourpre, orange, brune, noire, etc.

Qu’il soit servi frais, mariné, rôti, farci et même frit, la méthode de cuisson retenue n’affecte pas profondément sa qualité nutritionnelle. À cet effet, il est une excellente source de vitamines A, B6 et C et contient plusieurs composés antioxydants.

En terminant, quelques mots sur le chili, qui a quand même ses adeptes chez nous. Certaines études ont suggéré que cet ancêtre du poivron doux contribue à l’espérance de vie, qu’il peut réduire la fièvre par sudation et s’avère efficace pour éliminer le cholestérol. Contrairement aux croyances populaires, la façon de neutraliser l’effet du piment fort n’est pas en buvant de l’eau, mais plutôt en buvant un verre de lait ou en mangeant du yaourt.

À la lumière de cet article, les aliments que l’on consomme quotidiennement demeurent un univers à découvrir. Ce faisant, on est à même de faire des choix nutritionnels mieux informés, tout en variant le plaisir de la table et en faisant un tour du monde dans notre assiette.

Bon appétit et bonne santé !