Une mère parfaite dans son imperfection

Publié le 13 octobre 2017
Écrit par Laurence Sala, naturopathe

Une mère parfaite dans son imperfection
Vogel #1 FR

Lorsqu’on devient parent, il s’agit d’une CO-NAISSANCE. Une nouvelle âme vient rejoindre la terre pour y parcourir son propre chemin, et deux adultes poursuivent le leur… vers plus de connaissance et d’amour de soi.

 

Mais on s’oublie souvent parce qu’on veut le meilleur pour son enfant, et ce, dès la préconception et la grossesse. Toute l’attention se porte déjà sur cet enfant alors qu’il n’est qu’un embryon dans l’instant présent.

On culpabilise la (future) mère très vite. Tu devrais faire ceci, tu devrais acheter cela, tu devrais suivre telle méthode…, puis s’en viennent des questions comme : qu’est-ce que je dois faire pour bien nourrir mon enfant ? est-ce que mon stress va entraver sa croissance ? va-t-il m’aimer ? suis-je à la hauteur ? Autant de doutes qui peuvent nous envahir, que l’on soit déjà parent ou non.

Une mère idéale, ce serait…

  • être à l’écoute et disponible
  • aimer son enfant et l’accompagner dans sa liberté d’être
  • vivre dans le respect (verbal et physique)
  • nourrir sainement sa famille
  • prendre soin au quotidien de son entourage

Mais c’est aussi :

  • être authentique
  • exprimer ses émotions
  • poser ses limites pour respecter ses propres besoins
  • être alignée avec ses valeurs
  • être une femme complète, et non qu’une mère

 

Notre société actuelle ne favorise pas cet équilibre de vie entre le rôle de femme, de mère et de professionnelle. On est rapidement catégorisé comme une femme carriériste, une femme égoïste ou une femme libertine, si l’on n’est pas une mère disponible et dévouée à 100 %.

D’ailleurs, les contes de fées ont contribué à cette image de mère idéale. Ces personnages n’ont pas de vie en dehors de leurs enfants. Le rôle de belle-mère est aussi entaché. Par exemple, la belle-mère de Cendrillon est une mère méchante, égoïste, qui rejette l’amour de ses enfants. Il n’existe pas de juste milieu, ni dans les contes de fées ni dans la vraie vie.

Alors qu’on se le dise : la mère idéale n’existe pas ! Chaque femme est sa propre mère idéale. Elle fait du mieux qu’elle peut. Avec ses valeurs et ses connaissances. Là où elle en est dans sa propre vie, dans le moment présent.

 

SE RESPECTER

Il est difficile pour une femme de faire apparaître ses besoins au premier plan. On s’oublie vite. On s’attend à ce que la femme soit au service de son enfant, de son conjoint, de sa famille.

Or, on a chacun la responsabilité de s’aimer, de se respecter, de s’honorer. Bien sûr, les besoins d’un enfant sont exigeants. Mais les deux parents sont tout autant responsables d’y répondre. L’allaitement peut être à la fois pratique et prenant pour une femme. Mais le conjoint à d’autres voies pour répondre aux besoins de sa famille, par exemple s’organiser pour cuisiner sainement avec de bons petits plats! L’énergie familiale sera alors différente, dans un climat de respect mutuel.

Même avec des adolescents, il est crucial de créer sa bulle et ne pas se faire envahir par leurs propres besoins. Quand avez-vous pris une fin de semaine pour vous, rien que pour vous ? Sans enfants, sans conjoint, sans brassée de lessive ni cuisine à faire ? La réponse tarde-t- elle à venir ? Alors, je vous invite à respirer et à organiser une prochaine activité rien que pour vous. Cela peut être une retraite de yoga, une journée au spa, un chalet entre copines… peu importe, pourvu que vous ayez du plaisir !

Un plaisir sans culpabilité.

 

S’AIMER

Devenir parent est une vraie opportunité de développement personnel. Bien sûr, on n’a pas besoin d’être parent à tout prix pour grandir et devenir un être meilleur. Mais élever un enfant peut parfois permettre à un adulte de retrouver son enfant intérieur. Un enfant libre. Un enfant qui vit dans l’amour et dans le jeu. Et non dans les peurs.

Le livre La maîtrise de l’amour : apprendre l’art des relations, de Miguel Ruiz, m’a particulièrement marquée à ce sujet. Avant d’aimer son enfant, son conjoint ou qui que ce soit, il est important d’être un pilier en soi. Guérir ses blessures émotionnelles, retrouver l’amour de soi et cette joie intérieure. Ce livre est captivant si l’on est prêt à considérer les choses autrement dans ses relations, incluant celle avec son enfant.

Le plus beau cadeau que l’on puisse donner à son enfant est celui de s’aimer, de se connecter à cette force intérieure pour grandir et être une meilleure personne chaque jour. Vivre en conscience change le regard sur le monde qui nous entoure, mais aussi sur nos enfants.

 

S’HONORER

Éduquer, c’est aussi poser ses limites. Ce n’est pas facile tous les jours, parce qu’on culpabilise. On ne veut pas être méchant avec son enfant. On veut être aimé, ne pas être rejeté.

Poser ses limites, c’est aussi s’honorer… en tant que mère, en tant que femme. Beaucoup d’entre nous ne prennent pas le temps de prendre une douche le matin, de se maquiller, de se nourrir correctement. On vit à la course. On ne respire pas, et ce, dès le matin en se levant. On accepte alors l’inacceptable : ne plus vivre pleinement chaque jour comme si c’était le dernier.

Instaurer une routine matinale est une voie pour dégager du temps pour soi. Tout se joue avant 8 h est un livre à succès de l’auteur Hal Elrod, qui est une méthode de 30 jours pour changer ses habitudes et être bien avec soi-même. Exercice physique, écriture, lecture, méditation, visualisation sont des outils pour devenir la personne que l’on veut être et accomplir ses rêves. Même avec un enfant à ses côtés. Même avec des nuits parfois écourtées par des cauchemars ou une couche trop pleine.

On a tous un travail, une passion, un rythme de vie intense. Mais on est soi-même responsable de son bonheur. Ralentir est parfois nécessaire pour ne plus être victime du stress de la vie moderne que l’on s’impose et que l’on choisit.

Je vous invite à découvrir le Slow Movement, une initiative qui a démarré dans les années 1980. Il se traduit à la fois dans:

  • l’alimentation (Slow Food) afin de cuisiner des produits locaux et ne plus encourager la malbouffe
  • la ville (Slow Cities) avec moins de circulation, de pollution sonore… et plus d’espaces verts
  • le voyage (Slow Travel) pour rencontrer les habitants et réduire son impact environnemental
  • … mais aussi avec des Slow TV, Slow Money, Slow school, etc.

Un mouvement inspirant qui peut éventuellement vous apporter plus de joie et d’harmonie familiale. Ralentir et quitter cette course de la vie peut faire du bien à toute la famille.

 

MISSION IMPOSSIBLE ?

Je nous souhaite à tous de trouver cet équilibre de vie. D’être dans son cœur, et moins souvent dans l’organisation familiale incessante. Bien sûr, ce n’est pas facile. Il n’existe pas de famille parfaite. On fait du mieux que l’on peut chaque jour.

 

PRENDRE CONSCIENCE EST DÉJÀ UN PREMIER PAS

C’est aussi cela, la naturopathie. Respirer, gérer son stress, avoir un bon sommeil, prendre du temps pour soi… Manger sainement contribue à nourrir son corps et son âme. Les plantes et les huiles essentielles sont des alliées dans des moments plus difficiles. Mais elles sont des béquilles pour nous aider à traverser une tempête. Changer son mode de vie est un défi bien plus grand, qui vous appartient à vous seul.