Une place pour la naturopathie aujourd’hui

Publié le 27 avril 2020
Écrit par Lise Chaussé, ND.A., FLT, NEI

Une place pour la naturopathie aujourd’hui
Omega Alpha FR (immunité)

Qu’est-ce que la naturopathie ?

C’est une approche thérapeutique dont les origines remontent au début de l’humanité. Le mot « naturopathie » vient de l’anglais « nature’s path », qui signifie « chemin de la nature ». C’est une science qui vise à favoriser un niveau de santé optimal par le recours à des moyens naturels et écologiques. C’est une science de terrain, et ce, pour deux raisons :

  • elle travaille le terrain biologique, c’est-à-dire l’organisme
  • les naturopathes font un travail de sensibilisation et d’éducation depuis plusieurs décennies déjà. Au Québec, les naturopathes sont regroupés sous différentes associations qui ont des standards différents ; il faut donc bien s’informer.

 

Encadrement de la profession

L’Association des Naturopathes Agréés du Québec et l’Association des Médecins Naturopathes du Québec se démarquent par leur code de déontologie et leur profil de compétences élaboré par des institutions reconnues, leurs règlements généraux et leur comité d’aide à la pratique. Le naturopathe agréé se distingue par le titre réservé, les études, le comité de discipline, l’aide à la pratique professionnelle et la formation continue obligatoire. Donc, recourir aux services d’un naturopathe agréé est la garantie d’un service naturopathique professionnel.

Mission

Au Québec, la naturopathie : accompagne et guide les personnes qui ont des déséquilibres organiques ; inscrit leur démarche en santé dans une complémentarité ; permet un retour à la vitalité qui découle d’un engagement de la part du patient – marqué par la volonté de se prendre en main et reposant sur l’équipe qu’il forme avec le naturopathe.

 

Fondement scientifique

L’élaboration des protocoles naturopathiques et des produits de santé naturels (PSN) s’appuie sur des données scientifiques. D’où viennent ces données ? Les données sur les PSN ou d’autres soutiens sont obtenues suivant une démarche scientifique, de nature hypothético-déductive et fondée sur la preuve d’études cliniques avec placebo à double insu, comme on le fait en médecine conventionnelle. Les résultats de ces études sont soumis à une évaluation par les pairs ou à un comité de lecture. Ils paraissent dans des publications scientifiques, comme LifeExtension aux États-Unis et bien d’autres ailleurs.

Par exemple, le principe actif d’un bourgeon, d’une feuille ou d’un fruit est isolé, ensuite soumis à des tests scientifiques pour en établir l’utilité et l’efficacité, puis standardisé avant sa commercialisation. La science qui s’applique aux PSN est la même que celle qui s’applique aux médicaments de synthèse. La seule différence réside dans le fait qu’en naturopathie, les molécules ne sont pas synthétisées et se retrouvent dans leur milieu naturel avec l’ensemble des autres molécules de la plante.

Approche complémentaire au traitement médical

Les PSN servent notamment à atténuer les effets secondaires des traitements médicaux, à détoxiquer l’organisme, à combler les carences vitaminiques et à redonner de l’énergie. En nutrithérapie, ils contribuent à combler des besoins et des carences, ainsi qu’à remédier à divers déséquilibres de l’organisme. En homéopathie, ils stimulent l’organisme pour qu’il réagisse et retourne à la vitalité par lui-même. En phytothérapie, ils ont des effets préventifs sur d’innombrables maladies et affections, en plus de favoriser le maintien ou le retour de la vitalité. En aromathérapie, ils visent l’harmonisation naturelle de la santé physique et mentale ; extraites de plantes, les huiles essentielles (essences aromatiques) renforcent le processus naturel de retour à l’équilibre et ont des propriétés biologiques diverses.

Mentionnons au passage que les probiotiques et les probiotiques servent à rééquilibrer et à reconstruire la flore intestinale, puis à la maintenir en santé, et qu’enfin, les élixirs floraux servent à stabiliser les émotions ; les fleurs de Bach en sont un exemple bien connu.

La prévention par l’alimentation

Un rapport du gouvernement du Canada indique qu’« il y a 2400 ans, Hippocrate avait déjà établi un lien entre la nourriture et la santé et conseillait aux gens de faire de leur alimentation leur première médecine. […] De nos jours, que ce soit par choix ou par nécessité, les consommateurs recherchent des aliments qui, outre leurs avantages nutritionnels de base, permettent aussi d’améliorer le bien-être général, voire de prévenir la maladie. »

 

À qui s’adresse la naturopathie ?

La naturopathie s’adresse aux personnes qui ont un déséquilibre organique, à celles qui au- raient besoin de motivation pour prendre leur santé en main, à celles qui sont à l’affût des nouveautés comme des méthodes ancestrales de soutien au bien-être, aux professionnels de la santé qui s’intéressent à la naturopathie et aux professionnels assoiffés de découvrir de nouvelles façons d’aider leurs patients. Par ailleurs, elle interpelle le système de santé public.

 

Visites dans le cadre d’une approche complémentaire

En 2002 déjà, 45 % des Québécoises et des Québécois avaient consulté au moins une fois un professionnel dans le cadre d’une approche complémentaire, sinon s’étaient rendu à leur visite annuelle. Traditionnellement, les approches complémentaires attiraient surtout les femmes ayant poursuivi leurs études et disposant d’un revenu familial élevé. Une sur trois détenait une assurance maladie privée. Depuis, la clientèle cible s’est beaucoup élargie.

Le marché des PSN

Le marché des PSN est en forte croissance, une tendance qui devrait se poursuivre au cours des années à venir. Il y a quelques années déjà au Québec, les ventes de PSN avaient dépassé 300 millions $US et représentaient environ 17 % du marché canadien. Et vous ? Êtes-vous un participant actif de ce marché ?

 

Profil sociodémographique des consommateurs santé

Voici les principaux segments des consommateurs de PSN et d’aliments biologiques.

  • Les inconditionnels, qui privilégient la santé d’abord et l’empreinte écologique. En moyenne, ils ont 40 ans et gagnent 65 000 $ par année.
  • Les écologistes convaincus, qui s’intéressent à la cause écologique et aux épiceries santé. En moyenne, ils ont 57 ans et gagnent 57 000 $.
  • Les « inconditionnels » et les « écologistes convaincus » – les deux segments d’acheteurs les plus sensibilisés au bio – représentent 46 % de l’ensemble des achats de produits bio, alors qu’ils ne représentent que 18 % des consommateurs (9 % dans chaque segment). Alors, à quel type de consommateur santé appartenez-vous ?

 

Urgence d’agir

La gestion de la hausse des dépenses publiques en santé constitue le plus grand enjeu des prochaines années, au Québec. Elles représentaient 31,3 milliards $, en 2013. Les prévisions de croissance sont de près de 100 % de 2013 à 2030 (elles passeraient de 8,4 % à 13,5 % du produit intérieur brut pendant cette période).

La part des médicaments dans les dépenses totales en santé a augmenté de 8,3 % à 20,5 % de 1985 à 2009, s’établissant à 4,2 milliards $ en 2013. Le taux de croissance annuel du programme des services pharmaceutiques et des médicaments de la RAMQ de 1996 à 2005 a été de 14,1 %.

Il y a urgence aussi de réduire l’empreinte écologique des soins de santé. La médecine conventionnelle produit des déchets. On con- sidère que 20 % sont dangereux. La quantité moyenne de déchets dangereux par lit d’hôpital, par jour, est de 0,5 kg.

La prestation des soins de santé conventionnels produit des déchets infectieux, anatomiques, génotoxiques, radioactifs et chimiques, des métaux lourds ainsi que des objets pointus et tranchants. Ces déchets produisent des effets néfastes sur la santé, dont les brûlures, les blessures, l’intoxication et la pollution.

Il existe des remèdes à ce gaspillage, dont le recours à la naturopathie. Par son action préventive et complémentaire, elle peut contribuer à freiner, voire à renverser la tendance à la hausse du coût des médicaments couverts par la RAMQ. La naturopathie peut donc aider l’État et les malades à raccourcir les files d’attente, à réduire les budgets et à diminuer la production de déchets médicaux.

À retenir

Alors que nous traversons une période de pandémie, nous devons tous comprendre — individuellement et collectivement — à quel point il est important de protéger sa santé en soutenant son système immunitaire. C’est le pilier d’une stratégie de prévention efficace, et une démarche responsable dont on ne peut plus se permettre de faire abstraction. Heureusement, il est possible d’y arriver en recourant aux outils que la naturopathie met à notre dis- position, et dont traitent d’autres articles du présent numéro.

Par conséquent, il est important d’investir dans son capital santé et de se prendre en main, de savoir que la santé ne se délègue pas et de ne pas oublier que c’est un travail de tous les jours. Ensemble et pour notre bien-être – comme celui de notre planète –, nous pouvons démontrer que la naturopathie mérite sa place dans le système de santé public du Québec, en suscitant dans la société québécoise un débat à ce sujet qui contribuera à stimuler les changements sociaux et politiques nécessaires.

Dans le cadre de la semaine de la naturopathie qui se tient du 3 au 10 mai 2020 dans toutes les régions du Québec je voulais vous offrir ce texte qui décrit la profession et les perspectives d’avenir dans un système de santé qui se voudrait de plus en plus intégratif. Pour plus d’information info@anaq.ca

 

 

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